dimanche, octobre 23, 2005

 

Choc frontal.

J’aime beaucoup le cinéma de David Cronenberg. Ardisson a raison "Crash" file vraiment envie de baiser. Encore une déviance. "Je pense que beaucoup de jeunes cinéastes ont perdu la foi dans le cinéma. Il utilisent tous les moyens possibles pour obtenir des effets mais ils n'ont pas une croyance très forte dans les pouvoirs du cinéma." David Cronenberg, ancien étudiant en médecine, débute des études de lettres avant de se lancer à la fin des années soixante dans deux courts métrages expérimentaux un peu tordus ("Transfer" en 1966 et "From the Drain" en 1967 tournés en 16 mm). Il faut préciser que dès son plus jeune age, il écrivait des histoires et des scénarios fantastiques ou de science fiction. Ses premières armes au cinéma laissent paraître un goût certain pour l’expérimental. A noter qu'il n'a jamais fait d'école de cinéma ! Il enchaîne en 1969 avec "Stereo" puis "Crimes of the Future" en 1970 tournés cette fois-ci en 35 mm. Ces quatre petits films ont bien des points communs : budget limité et orientation vers l’horreur. Pour financer ses deux derniers moyens métrages, il a du contacter des distributeurs de films pornos et le voici lié au monde de l’underground. Entre-temps, il a travaillé pour la télévision canadienne. Bien entendu, ses films sont encore trop peu connus et bien inaccessibles pour qu’il puisse prétendre à sortir de l’anonymat. Il doit encore faire ses preuves. En 1974, c’est son premier long-métrage. Intitulé "Frissons" (ou "Shivers", ou "They Came From Within" ou encore "Parasite Murders"), il narre les aventures d’un couple prisonnier d’un building où les occupants deviennent peu à peu de véritables pervers sexuels. La contamination s’effectue rapidement, et un peu à la manière de "Zombie", quiconque est embrassé devient un dangereux maniaque sexuel à son tour. Déjà le film séduit les très rares spectateurs qui le visionnent. La critique éblouie et paradoxalement ébranlée lui rend hommage néanmoins. Précurseur prophétique, ce film est annonciateur de la terrible maladie du Sida qui frappera moins d’une dizaine d’années plus tard le monde entier. Puis en 1976, il s’attelle à la réalisation de "Rage" avec la star du porno Marylin Chambers dans le rôle principal. Ce film n’est ni plus ni moins un remake de "Frissons", la maladie transmissible n’étant plus d’ordre sexuel mais une rage mortelle pour l’homme. Les pierres de ses futurs films sont dès lors posées et il convient de noter qu’il existe un style Cronenberg. "Rage" rapporte 7 millions de dollars pour un investissement d'un peu plus de 500 000 dollars. Mais le succès d'estime n’est pas au rendez-vous, la critique casse ses films et le peu de spectateurs qui les découvrent sont surpris et plutôt horrifiés. Et ce n’est pas "Chromosome 3" qui provoquera la tendance inverse la même année. Cette fois-ci, les scènes sont encore plus gores, très émotionnelles. On assiste ainsi à un meurtre perpétré dans une classe devant des petits enfants, une femme qui accouche de monstres avec un vagin extérieur ! L’horreur totale. Le scénario puissamment déplaisant entraîne les pauvres spectateurs dans l’univers malsain de Cronenberg. Un excellent film qui montre l’attirance pour la manipulation biologique de son auteur et le style Cronenberg est maintenant défini. La critique salue enfin le cinéaste. La même année, « Fast Company » sort dans la plus totale indifférence mais annonce l’univers mécanique du futur "Crash". Ce film ne sera même pas distribué en France, c’est dire à quel point Cronenberg est enfermé dans le carcan du style underground. 1981 marque un tournant pour Cronenberg. "Scanners" voit le jour et enfin la reconnaissance qui tardait apparaît. Ce film conte les aventures d’hommes pouvant manipuler leurs pairs par la volonté au point de les détruire dans des conditions effroyables. Spectaculaire, il se classe au box office numéro 1 en Amérique du Nord. Il possède également tous les attributs servant ses précédentes productions et Cronenberg ne change pas son fusil d’épaule. Le climat est toujours aussi glacial et terne, ce qui fait d’une certaine manière la force de ses films. Puis en 1983, "Videodrome" pulvérise les tabous bien pensant de la société télévisuelle. Cette fois-ci, Cronenberg se lâche pour réaliser ce que les puristes considère comme le chef d’œuvre de son œuvre. Véritable bombe, œuvre encore prophétique, il ne s’en trouve pas moins que le film est laminé par la critique avant d’être encensé quelques années plus tard. Ignoré par le public, ce film excessif a au moins 30 ans d’avance sur son temps. Il est absolument incontournable. Les grands studios ne se sont pas trompés et les propositions dès lors affluent. Le canadien est pressenti pour réaliser "Dead Zone" en 1984, d’après le livre de Stephen King. Très beau film sur le don de voyance, Cronenberg montre qu’il peut aussi émouvoir. L’histoire béton de Sephen King a bien épaulé la construction du film et encore une fois c’est un must qui sort de l’imagination de ces deux artistes talentueux conjugués. Le film remportera trois des cinq prix du Festival Fantastique du Film d'Avoriaz, et sept citations aux Edgar Allan Poe Awards américains. Puis vient "La mouche" en 1986, un remake de "La Mouche Noire" (1958), qui arrive habilement à marier l’émotion et l’horreur du cinéaste. Le héros après une expérience ratée de téléportation avec une mouche, se métamorphose petit à petit en insecte gigantesque. Jeff Goldblum, parfait dans ce rôle, donne tout crédibilité à son personnage au point d’en être excessivement émouvant malgré l’horreur des derniers instants. Le public suit le cinéaste et applaudit, le succès devient planétaire. Cronenberg est aux anges. Son film partage le Prix du Jury du Festival d'Avoriaz et obtient l'Oscar des meilleurs maquillages spéciaux. Toujours sur son petit nuage, en 1988 sort sur les écrans "Faux semblants", histoire de fusion passionnelle entre deux frères jumeaux. Une femme ayant 3 utérus chamboule l’univers d’un couple de jumeaux gynécologues. Jeremy Irons excelle dans ce double rôle et Avoriaz décerne naturellement à Cronenberg le Grand Prix. La consécration est atteinte et la multitude de prix, de thèses universitaires, d’hommages prouvent que le réalisateur ne peut être qualifié de cinéaste mineur. "Faux semblants" remporte le Los Angeles Film Critics Award du meilleur réalisateur. Cronenberg en est également le producteur. En 1989, Cronenberg obtient un rôle important (celui d'un méchant médecin) dans "Cabal" de Clive Barker. C'est son deuxième rôle puisqu'il interprétait un gynécologue dans "La mouche". En 1990, Cronenberg devient Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres. Il sera élevé au grade d'Officier en 1997. "Le festin nu" sort en 1991, et est tout à fait dans la veine des autres Cronenberg. Une fois de plus, on se dit que seul Cronenberg était capable de sortir un tel film car le roman de William Burroughs avait la réputation d'être inadaptable. Le film remportera huit Genie Awards Australiens. La National Society of Film Critics offre le titre de meilleur réalisateur à Cronenberg et couronne son scénario. Il remporte également le New York Film Critics Circle du meilleur scénario. Et encore le prix du meilleur scénario de la Boston Society of Film Critics. Intervient alors un petit écueil dans la filmographie positivement croissante du réalisateur. Il s’agit de "M. Butterfly", qui, bien que toujours dans l’esprit Cronenberg, paraît trop difficile d’accès. Mais à y regarder de plus près, le film n’est pas aussi inaccessible qu’il ne le semble au premier abord. En un mot, il est bon. En 1996, «Crash » dérange. Et Cronenberg le voulait. Faire un film où les émotions rendent mal à l’aise le spectateur n’est pas pour lui une gageure et il le prouve facilement. Des spectateurs quittent les salles pendant les projections, un sentiment de malaise nous trouble. Les festivaliers de Cannes sont choqués, jeu de mots oblige. Mélangeant les corps meurtris dans des accidents de voitures à des appels sexuels de toute nature, le choc bouleverse. Cette histoire de couples qui se font et se défont au rythme effréné d’accidents automobiles ne gagne pas les faveurs du public et de la critique. Trop fort, Cronenberg dépasse les bornes. L’ approche d’avant-garde est visionnaire, et prudemment les intellectuels le reconnaissent toutefois comme un auteur et non plus un faiseur. En attendant, le film qui a provoqué une controverse internationale remporte le Prix du Jury du Festival de Cannes, cinq Genie Awards canadiens et le Golden Reel Award. Ce sera le plus gros succès du box-office canadien. Vient en 1999 "existenz", inspiré de l'histoire de Salman Rushdie (un artiste se voyant soudain poursuivi pour être tué) encore une fois en avance sur son temps. Thriller futuriste qui nous emmène aux portes des mondes virtuels, dosé intelligemment au niveau des effets spéciaux, avec le climat austère si caractéristique et cher à l’artiste, Cronenberg reste le virtuose auquel nous sommes maintenant habitués. Film sans grande surprise pourrait-on croire, "EXistenz" gagne une nouvelle fois les faveur des spectateurs non pas au cinéma mais plutôt par l’apport de la vidéo. Toujours en retard, tel semble être le leitmotiv qui touche les spectateurs. Le film obtiendra l'Ours d'Argent au Festival international du Film de Berlin, un Genie Award, sera cité à l'Ours d'Or, au prix du meilleur film du Festival international de Catalogne, au Saturn Award et au Golden Reel. Consécration après maintes distinctions et prix décernés, Cronenberg devient docteur honoris causa de l'Université de Toronto en juin 2001. "Spider" sort en 2003 sur les écrans mais idem… le public ne suit pas. Et la critique semble bien sur ses gardes une fois de plus. Toujours les mêmes sons de cloche : ça plait oui mais… ou ça ne plait pas, mais on ne va pas le dire ! Pendant ses heures perdues, Cronenberg donne quelques petits coups de main à ses copains en faisant l’acteur. On le retrouve ainsi dans "Cabal" de Clive Barker, "Le 12ème juré", "Resurrection" de Russel Mulcahy et récemment dans "Jason X" où il se fait trucider très rapidement. Actuellement Cronenberg est le cinéaste canadien le plus prolifique du moment. Ses films ne connaissent pas spécialement de gros scores au box office, et il a ses partisans comme ses détracteurs. Mais il est le premier à avoir retranscrit des émotions aussi malaisées touchant les spectateurs. Ses préoccupations sont liées au corps humain, aux mutations de tout ordre, ce grand prêtre des éternelles modifications métaphysiques continue son chemin dans son univers si baroque. Il a créé un style unique, épaulé par Howard Shore le compositeur des musiques de ses films depuis "Scanners". Classé parfois dans la catégorie des fous et des pervers par les journalistes, il n'obtient la reconnaissance de ses œuvres que 10 ou 15 ans après. Marginalisé, il n’hésite pas à prendre à partie le public, et à l'emporter dans les méandres de son inconscient. Lorsqu’en 1999, il fut nommé président du jury à Cannes, un vent de panique a soufflé sur la Croisette lors du palmarès final bien controversé. Il a même été pressenti pour tourner la suite de "Basic Instinct" mais a finalement décliné l’offre faute de pouvoir contrôler à sa guise le film. Nul doute qu’il fait partie de la race des bons réalisateurs underground. Cronenberg préparait un film intitulé "Painkillers" qui relatait l'histoire d'un artiste capable d'endurer les pires souffrances et ayant pour mission d'infiltrer un groupe subversif... Ce projet aillant avorté, Il sort "History of Violence", film de commande tiré d’une histoire de John Wagner (Judge Dredd) l'histoire d'un père de famille confronté à des membres d'un groupe d'auto-défense. Il pourrait également tourner "London Fields" qui conterait les aventures d'une médium rencontrant deux hommes dans un bar dont l'un deux serait son futur meurtrier".

Comments:
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Hi, guantanamera121212
 
Je ne vais pas faire dans l’originalité mais votre blog est tellement bien qu'on ne peut rien dire d’autre que MERCI BEAUCOUP !
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