mardi, octobre 04, 2005

 

Je te ramones ?

Les groupes branchouilles, prout-prout-shalala me cassent les couilles. Il est de bon ton d’adorer Arcade fire, de vénérer the editors, de kiffer the subways, the rakes et autres the Bravery, toute une tripotée de groupes à la con pour être super fashion, et étonner tout le monde lors de soirées doigts-dans-le-cul pitoyables où tu fous tous le monde sur le cul avec un « moi, j’écoute Nine black alp tu connais pas ? C’est con, c’est super bien, non c’est vrai j’te jure, carrément excellent, quoi ». J’ai trente ans. Je suis fatigué. Basta. Arrêtons l’hypocrisie. Soyons honnêtes avec nous même. Du court, du vif, du nerveux, du pas fashion. Rien à foutre. L’histoire de Joey & Dee Dee. 30 mars 1974, Dee Dee à la guitare et au chant, Johnny à la guitare et Joey à la batterie, trois jeunes new-yorkais désoeuvrés et passionnés de musique, débarquent aux Performance Studios à New York et s'essaient péniblement à la musique. Après des tentatives peu convaincantes de reprises de leurs idoles, New York Dolls, Who et Stooges, ils se décident à composer leurs propres chansons. Petit à petit, le son du groupe se profile et Dee Dee cède, pour la basse, sa place de chanteur à Joey. La place vacante derrière les fûts sera comblée par Tommy Ramone, un ingénieur du son, ami de Johnny, qui travaille dans ces mêmes studios. Plus tard, les quatre choisissent le nom de Ramones, en hommage à Paul McCartney, et en font tous leur nom de famille afin de paraître plus unis. C'est également durant cette année qu'ils se produisent pour la première fois en public, devant une vingtaine de personnes, à New York Les Ramones décrochent un engagement dans le club new-yorkais CBGB's où ils se produiront une fois par semaine dans des shows de moins de vingt minutes où ils ne disent pas un mot et jouent une vingtaine de chansons. Ils y côtoient le gratin de la nouvelle scène new-yorkaise underground, Patty Smith, Blondie ou encore Talking Heads. Même si elles n'attirent pas les foules, leurs prestations trouvent un certain écho dans la presse spécialisée américaine et britannique, ainsi qu'auprès des intellectuels new-yorkais, comme l'artiste pop Andy Warhol. Les critiques restent divisées ; d'un côté, l'on parle d'un "gag dont tout le monde se lassera très vite", et, de l'autre d'un des groupes les plus révolutionnaires de toute l'histoire du rock". Les Ramones trouvent également, en la personne de Danny Fields, un journaliste rock s'étant naguère occupé de MC5 et des Stooges d'Iggy Pop, un manager entièrement dévoué à la cause de leur rock minimaliste. Mais le paysage du rock américain est complètement bouché par le rock'n'roll pompeux du Top 40 et n'offre pas de place pour un concept aussi révolutionnaire. A ce stade, le groupe possède déjà une vingtaine de compositions originales. Les Ramones passent pour la première fois en studio afin d'y enregistrer la démo de Judy is a punk, mais cet enregistrement, sera rejeté partout, sauf chez le petit label indépendant Sire Records. A peine deux semaines plus tard, le premier album, Ramones, sort dans les bacs. Il contient treize chansons, pour une durée totale de trente minutes. 5000 copies s'en vendent en une semaine, mais il ne dépassera pas la place 184 du Top 40, ne sera programmé sur aucune radio et constitue finalement un échec commercial. Pourtant, les critiques, bien que toujours aussi divisées, sont dithyrambiques. Parallèlement, les Ramones commencent à tourner en dehors de New York, où l'accueil réservé au groupe va du jet de bouteilles à l'enthousiasme général. Juillet 1976, les Ramones franchissent l'Atlantique pour une série de concerts en Angleterre, où leur premier album est en tête des ventes import. D'un seul coup, ils se retrouvent en face de foules de 2000 personnes entièrement acquis à leur cause, incluant les futures figures majeures de la scène punk anglaise, Johnny Rotten, Joe Strummer, Sid Vicious, ... tous fans du quartette new-yorkais. En octobre de la même année, les Ramones débutent déjà l'enregistrement d'un nouvel album. Ce nouvel opus, intitulé Ramones Leave Home, sort en janvier 1977 et est accueilli à nouveau par une presse enchantée. Bien que dans la même veine minimaliste que son prédécesseur, l'album marque une légère déviation vers un punk-bubble-gum directement hérité des Beach Boys. L'un des meilleurs titres de l'album, Carbona not glue, qui évoque le sniff de colle, devra pourtant être retiré au dernier moment par la maison de disque pour analogie avec le fabricant de dissolvant Carbona. Parallèlement à leurs incessantes tournées américaines, les Ramones s'envolent à nouveau vers l'Europe, et totalisent plus de 150 dates au cours de la même année. Quelques mois plus tard seulement, leur nouveau disque, Rocket to Russia est déjà disponible. Il distille, dans la lignée de son prédécesseur, un punk-bubble-gum irrésistible qui sera désormais la marque de fabrique des Ramones. Cette fois, les critiques sont unanimes pour saluer ce qu'ils qualifient du "meilleur album de l'année et peut-être le plus drôle de tous les temps. Par contre, et malgré la distribution quasi mondiale de l'album grâce à leur nouveau contrat avec Warner Bros, le disque se révèle un nouvel échec commercial. Mais le succès des Ramones en tournée est toujours aussi impressionnant, notamment à Londres où ils finissent l'année triomphalement avec un concert mémorable au Rainbow Theatre. Tommy, le batteur originel décide de quitter le groupe car il ne supporte plus le rythme effréné des tournées. Les Ramones auditionnent alors plusieurs batteurs pour lui succéder et choisissent finalement, le batteur des Voidoids de Richard Hell, qui prendra le nom de Marky Ramone. Les Ramones enregistrent un nouvel opus, Road to ruin, qui se détache légèrement des trois premiers albums. Il est en effet le reflet de toutes les frustrations engendrées à la suite de la quasi confidentialité commerciale dans laquelle sont tombés leurs premiers albums ; et il en résulte l'abandon du fameux punk-bubble-gum au profit d'un punk plus radical. Mais l'album contient également une chanson acoustique et une reprise de Sonny et Cher. Les critiques sont divisées ; certaines parlant du "meilleur album des Ramones", d'autre d'un disque qui annonce la fin du groupe". Mais malgré cette tentative d'un album plus commercial, Road to ruin se révèle une fois de plus un échec. Sortie du premier album live du groupe, it’s alive, enregistré à Londres le 31 décembre 1977. Cet enregistrement exceptionnel, produit par Tommy Ramone lui-même, reste probablement aujourd'hui le témoignage le plus fidèle de ce que furent réellement les Ramones sur scène et le meilleur élément de toute la discographie du groupe. Mais c'est sur un autre front que les Ramones vont faire parler d'eux : le cinéma. Le groupe accepte en effet de figurer dans une film Série-B intitulé Rock'n'Roll Highschool, dans lequel ils viennent délivrer de jeunes étudiants rebelles de leurs collège ennuyeux. Pour ce film, les Ramones écriront plusieurs nouveaux titres (dont le morceaux éponyme) qui seront inclus sur la B.O du même nom. Le nouvel album des Ramones, End of the century, est de loin celui qui donnera lieu au plus de polémiques. Le groupe a en effet décidé d'en confier la production au roi de la pop guimauve des années 60, Phil Spector. Mais le perfectionnisme de Spector va se heurter à l'efficacité brute des Ramones et les séances d'enregistrement tournent au cauchemar, Spector menant notamment Johnny au bord de la crise de nerfs en lui faisant jouer le riff d'intro de Rock'n'Roll Highschool plus de vingt fois. Alors que le groupe avait l'habitude de boucler une demi douzaine de chansons par jour, Spector peine à en finir une par journée. Il en vient même aux mains avec Dee Dee, lui reprochant sa dépendance à l'héroïne. Il n'hésite pas à y ajouter synthétiseur, percussions et même un orchestre entier pour la reprise de Baby I love you qui dérouta plus d'un fan mais qui devint, bien malgré eux, l'unique tube commercial de toute la carrière des Ramones. Même si la plupart des critiques suivent, bon nombre de fans de base lâchent le groupe, déçus par la nouvelle orientation pop des new-yorkais. Mais Spector aura tout de même le mérite de ne pas trop travestir le son des Ramones. End of the Century n'a pas seulement jeté le désarroi chez les fans et les critiques, mais également au sein du groupe lui-même. En effet, les tensions grandissent, notamment entre Joey, qui désire continuer dans une veine pop, et Johnny, qui veut retourner au bon vieux punk originel. Et c'est donc un groupe en pleine crise d'identité qui sort un nouvel album intitulé Pleasant dreams qui, cette fois, prend carrément le parti d'une pop mélodieuse, à mettre au crédit de Joey qui a signé bon nombre de morceaux de l'album. Un nouveau problème survient durant l'enregistrement du nouvel album des Ramones : les penchants du batteur Marky sont devenus intolérables et le reste du groupe décident de s'en séparer avant même la fin des sessions en studio. Mais ce nouvel opus, intitulé Subterranean Jungle, marque pourtant un pas dans la bonne direction. La distorsion est de retour et les Ramones retrouvent leur agressivité et leur énergie légendaire le temps de titres comme Psycho Therapy, Outsider ou encore Time Bomb. Au moment de retourner en tournée, c'est l'heure pour les Ramones de s'attacher les services d'un nouveau batteur. Et c'est un certain Richard Reinhardt (Richie Ramone), batteur des Velveteens, qui décroche la place. Et c'est donc avec une confiance retrouvée que les Ramones sortent leur nouvel album, Too tough to die, qui, cette fois, constitue un virage marqué vers un punk hardcore radical et brut. Mais les Ramones sont avant tout à nouveau en phase avec leurs fans, notamment à Amsterdam où le groupe se produit devant plus de 250'000 personnes. Joey et Dee Dee composent la chanson Bonzo goes to Bitburg qui dénonce la visite du Président Reagan dans un cimetière allemand où des soldats nazis étaient enterrés. Le titre bénéficiera d'une sortie en single. Sortie de Animal boy, qui confirme l'orientation radicale du groupe. Même si l'album n'apporte pas de renouvellement artistique notable, Animal Boy aura tout de même le mérite de réinstaurer une certaine confiance au sein du groupe, même si les relations ne sont pas toujours au beau fixe. Cette année voit également le départ du batteur Richie Ramone, qui semblait ne plus supporter l'autoritarisme du reste du groupe. Mais les Ramones ne perdront pas au change puisque c'est Marky Ramone, entre temps débarrassé de ses petits problèmes avec alcool, qui retrouve sa place derrière les fûts. Parallèlement, Dee Dee s'offre une parenthèse en solo sous le pseudonyme de Dee Dee King le temps d'un album de... rap. Les Ramones sont invités par Stephen King à composer le titre principal de la bande originale de l'adaptation cinématographique de son roman d'horreur Pet Semetary. Dee Dee s'acquitte brillamment de cette tâche avec la chanson éponyme qui restera un grand moment dans l'histoire du groupe. Le titre sera intégré sur le nouvel album des Ramones, Brain Drain, qui voit sa sortie en 1989. Mais un événement va venir chambouler le groupe cette même année : le départ de Dee Dee. Même si le reste du groupe eut de la peine à l'admettre, la perte de Dee Dee, qui représentait à lui seul l'âme des Ramones ainsi que le compositeur le plus prolifique du groupe, fut dramatique. Après trois ans d'absence en studio, les Ramones passent de Sire à Radioactive Records pour la sortie de leur nouvel album, Mondo Bizarro. On note également une reprise du Take it as it comes des Doors. Dans le magazine rock Spin, les Ramones sont définis comme l'un des sept plus grand groupe de rock'n roll de tous les temps au côté notamment des Beatles, des Stones, de Jimi Hendrix et de Led Zeppelin. Le groupe réalise enfin un vieux rêve : un album de reprises. C'est fait avec Acid eaters, qui contient notamment leurs versions de titres de Bob Dylan, les Rolling Stones, les Who. A l'entame d'une nouvelle tournée mondiale, les rumeurs sur la séparation du groupe se font de plus en plus pressantes. Au moment où le punk revient à la mode avec des groupes comme Green Day, les Ramones voient en ce moment la période propice au succès commercial dont ils ont toujours rêvé. Les Ramones décident alors d'enregistrer ce qui sera leur ultime album studio, Adios amigos qui se révélera une réussite autant commerciale que critique, contrairement à bon nombre de ses prédécesseurs. Quelques mois plus tard, l'annonce officielle de la séparation du groupe est faite. Mais les Ramones se voient proposer d'intégrer l'affiche du festival itinérant Lollapalooza et acceptent d'y participer en compagnie de grands noms du rock américain comme Soundgarden ou Rancid. Les Ramones décident de tirer leur révérence lors d'un ultime concert, le 2263ème, à Los Angeles. Plusieurs artistes, comme Lemmy de Motörhead, Ed Vedder de Pearl Jam ou encore Lars Frederiksen de Rancid, viendront les rejoindre sur scène le temps d'un dernier hommage. Le show fut enregistré et aboutit au quatrième et dernier disque live du groupe : We’re outta here ! Une video du même nom comprenant des extraits de concerts et des entretiens avec les membres du groupe ainsi que divers artistes fut également éditée pour l'occasion. CJ (Los Gusanos, puis Bad Choppers), Dee Dee et Marky (Marky Ramone & The Intruders, puis Marky Ramone & the Speedkings) ont tout trois fondé leur groupe. Joey, malade du cancer, s'est reconverti dans la méditation, la défense de l'environnement et le boursicotage. La maladie l'a finalement vaincu en avril 2001, à l'aube de ses 50 ans. Quant à Johnny, il a juré qu'il ne toucherait plus jamais une guitare de sa vie.

Comments:
I've got one thing to say :

GABBA GABBA HEY !!!!!!
 
Publier un commentaire

<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?