lundi, février 12, 2007

 

Rose béton.

C’est quoi une sale journée ? Une collègue qui part pas à l’heure, une connasse qui se gare là où elle devrait pas. Un abruti, qui coupe une priorité. Un retraité qui roule à 20 km/h juste parce qu’il en a le droit. Un jeune con qui roule à 130 km/h juste parce qu’il n’en a pas le droit. Un parking réservé à la clientèle et occupé uniquement par des administratifs. Des titulaires qui dorment en buvant le café. Des heures à attendre au téléphone qu’ils aient fini de le boire, un directeur qui attend vos stats que vous êtes dans l’incapacité de fournir parce que la personne boit du café. Une faute de frappe qui n’est pour les parties en présence, bien évidemment, que de ma faute et du retard… toujours du retard… des gens pas payés qui ne travaillent pas et ils ont raison. Des gens trop payés, qui bossent comme des fous mais qui ont sans doute mérités tous leurs tracas. Un coin calme où on a l’habitude de lâcher une caisse mais il se trouve qu’aujourd’hui c’est Gisèle qui en profite pour vous tenir la jambe sur ses prochaines vacances à Perros guirec. Un gratin dauphinois qui passe mal. Une envie d’aller pioncer alors qu’on nage dans la pisse et le pot de chambre pas vidé à plat ventre sous un lit crasseux au beau milieu de rien dans la campagne violente au sud du sud fatal. J’emmerde les fatigués du lundi matin. J’emmerde les vautrés de 14h30, les claqués vacanciers de trois semaines exténués dès leurs retours, les traînes-pieds aux piles de dossiers en attente, les faux culs politico-carrieristes qui adorent les gens. J’emmerde les prétentieux arrogants politiques à galons cirés et à l’œil vitreux, qui profèrent leurs vérités à longueurs de journées et que l’on retrouve un verre de champ' à la main à la moindre occasion. J’emmerde les jeunes cons qui gravitent dans leurs sillages en espérant avoir les mêmes avantages qu’eux, en rêvant un jour faire partie de la grande et belle famille socialiste. J’emmerde les pseudos experts en informatiques qui bouffent dans le système et passent leurs temps à se demander comment en sortir alors qu’ils ne sont même pas conscients de leurs pauvres conditions d’esclaves volontaires. J’emmerde les ratatino-crétins qui ne disent bonjour que lorsque les RG les annoncent à la ramasse dans les sondages. J’emmerde les Jacky providence, bonimenteurs-harangueurs de foule du "venez chez moi : ça lave plus blanc" alors qu’à 38 ans ils ont de grosses traces sombres sur la raie du slip… J’emmerde la connasse qui bosse là où elle devrait pas, juste parce que son "cher et tendre" à mis de l’essence dans la voiture et même beaucoup d’essence… Je vous emmerde, vous, les quadras-quinquas, les heureux rescapés du système municipal "tralala la queue du chat", vous êtes les pachas de la pyramide qui donne des droits, le cœur de la fonction publique, vous partez bosser à pied, débauchez à pied, chez vous en 10 mn, dans le sud de la France. Certes vous n’êtes pas beaucoup payés mais le parisien smicard donnerait cher pour échanger votre boulot contre le sien. Vous êtes heureux et vous n’en êtes même pas conscients… J’emmerde le responsable "désolé c’est pas possible" sans même avoir ouvert le dossier, les conseillers "il est pas là, il reviendra lundi", les chargés de mission "il est en arrêt maladie, il avait trop mal au dos vous comprenez". Je ne vous aime pas parce que vous ne croyez plus en rien. Je ne vous aime pas parce que je crois qu’on peut malheureusement changer tout ça et mon idée ne vous plairait pas, je ne sais même pas si vous seriez motivés si on augmentait votre salaire en échange de plus de travail… Je vous emmerde tous autant que vous êtes. Je vous emmerde tous à croire que la frise du musée de mes fesses, la journée de mon cul et la saison cul-culturelle du service cul-culturel est certainement bien plus importante que d’essayer, je dis bien essayer, de faire vivre des vieux… plus longtemps… J’emmerde tous ceux qui percuteront un jour mais trop tard que c’est pourtant bien ce qui prime quand ils verront leurs mères ou pères cloîtrés sur un fauteuil mortuaire le cul bien vissé sur un nid de merde. Il lui fermera les yeux, arrêtera la pendule, dira que l'on n’a certainement pas fait notre boulot et ira boire un café. Priez ! Mesdames, Messieurs, Priez pour que rien ne bouge…

Comments:
une sale soirée ce peut être de tomber sur votre prose bourrée de fotes d'ortograff'
 
rien à foutre et je t'emmerde.
 
J’emmerde les pseudos experts en informatiques qui bouffent dans le système et passent leurs temps à se demander comment en sortir alors qu’ils ne sont même pas conscients de leurs pauvres conditions d’esclaves volontaires.

dois je le prendre pour moi, si oui merci de préciser.
El doctor
 
Si tu t'es reconnu dans mon portrait, c'est que j'ai touché la corde sensible...
C'est ce que je voulais...

Alors oui c'est toi mais pas seulement...C'est plein de banques, d'administrations, d'associations auxquelles je me heurte au quotidien...
 
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