vendredi, décembre 14, 2007

 

National front Momo.

"Is Morrissey a racist ?" et “Big Mouth Strikes Again!” les titres étalés en couvertures du NME puis publiées en une du sérieux quotidien "The Independent" du 5 décembre. Mais l’interview de Morrissey dans le grand hebdo musical anglais – et ses gesticulations juridiques pour tenter ensuite d’en interdire la publication, arguant qu’il avait été piégé – a ranimé un vieux débat sur son possible racisme, et tenu en haleine courrier des lecteurs et éditorialistes pendant une semaine. Les phrases incriminées sont accablantes, même si Momo jure qu’elles ont été sorties de leur contexte (il y aurait donc un contexte pour dire ça ?) : “Les frontières de l’Angleterre ont été submergées (…) On a soldé l’Angleterre (…) Si vous vous promenez dans le quartier de Knightsbridge, vous n’entendrez plus un seul accent anglais. Vous entendrez des accents de la planète entière, mais aucun accent d’ici (…) Vous ne pouvez pas dire : “Allez, tout le monde peut venir habiter chez moi, installez-vous sur mon lit, prenez ce que vous voulez, faites ce que vous voulez”. Ça ne marcherait pas (…) Ce que l’Angleterre est devenue n’a rien à voir avec ce qu’elle était. C’est déplorable, nous avons tant perdu au change…” Ce n’est pas la première fois que Morrissey, provocateur né, barbotte dans ces eaux troubles, devant les yeux effarés du NME. On se souvient des paroles de sa chanson "Bengali In Platforms", tirée de son premier album Viva Hate : “Bengali, enterre tes rêves occidentaux/Et comprend que la vie est déjà difficile quand tu es d’ici”. On n’a pas oublié non plus qu’il avait brandi le drapeau anglais, face à des skinheads d’extrême-droite, lors d’un concert à Finsbury Park en 1992. L’hebdomadaire lui avait alors demandé des éclaircissements : Morrissey répondra par un communiqué rageur – et douze ans de silence et de mépris pour le journal. Le NME, choqué par les propos récents de Morrissey, lui avait même demandé un second entretien, pour clarifier certains points, voire se rétracter – sans grand succès, Morrissey invoquant à demi-mots la dictature du politically correct. Pas étonnant qu’il reçoive aujourd’hui le soutien d’un site comme fdesouche.com ou d’autres officines nauséabondes anglaises. Mais pas seulement : consultés sur les sites internet, les fans de Morrissey continuent de le soutenir en masse. Même Billy Bragg, conscience de la gauche de la gauche anglaise y est allé de son mot d’excuse : “Il n’a pas pigé qu’il jouait avec le feu. Je ne pense pas qu’il soit raciste. Just un peu couillon.” Sur son site, Morrissey tente de désamorcer une provoc une nouvelle fois allée trop loin : “Je déteste le racisme, l’oppression ou quelque forme de cruauté. Le racisme dépasse l‘entendement et n’a pas la moindre place dans notre société.” Pas étonnant que le Mancunien, qui vit depuis belle lurette hors de ses frontières, ne reconnaisse plus l’Angleterre largement fantasmée de son enfance : sa dissolution est une réalité. On ne peut que le constater. Reste à savoir si on peut le déplorer – et surtout, reprocher aux immigrants les effets mécaniques de la mondialisation, quand on vit soi-même en Californie ou à Rome. Pour la prochaine interview du Moz dans le NME, attendre 2019."
Les Inrocks.

Comments:
hang miss piggy
 
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