vendredi, avril 28, 2006
Elles arrivent.
Bon, ça, c'est fait.
A midi j'entendais l'équipe du fou du roi qui découvrait les 54 nude honeys à Bourges et ça m'a fait marrer de me dire qu'hier encore elles foulaient le sol du Sud fatal... Prochaines interviews : Jad Wio le 19 mai, Silver Mt Zion (ou Sebastien Schuller (hein Fred ?) va falloir choisir...) le 25 mai.
L'humeur du jour (et du weekend).
Quoi ? Charlotte Gainsbourg pas glamour ?
Qui est glamour pas glamour ? Votez, décidez sur glamour.com
Jacques Verges (dit Zizou).
Fils d'une institutrice vietnamienne et du docteur Raymond Vergès, consul de France dans sa ville natale, il est le frère de l'homme politique Paul Vergès, dont il serait le jumeau, ayant les mêmes dates de naissance que lui pour l'état civil. À compter la mort de leur mère survenue alors qu'il a trois ans, il vit à la Réunion et effectue parfois depuis cette île quelques brefs séjours à Madagascar. La famille s'installe d'abord à Saint-Denis, puis à Hell-Bourg et enfin à Saint-André. Il est sensibilisé très tôt à la politique : à l'âge de douze ans, il participe avec son frère à un grand défilé du Front populaire qui le marquera au Port. Sa jeunesse est en outre l'occasion de fréquenter de futurs dirigeants. Enfant, il a pour camarade de classe la future femme de l'homme politique Pierre Lagourgue. Plus tard, il est scolarisé au lycée Leconte de Lisle dans la même classe que le petit Raymond Barre, à qui il dispute en vain la place de premier. Il obtient son bac à seize ans et sa première année de droit l'année suivante. Il quitte la Réunion à 17 ans et demi pour s'engager dans les Forces Françaises Libres. Il n'y reviendra en voyage qu'en 1961 puis 1984. Arrivé à Paris, Jacques Vergès adhère en 1945 au Parti communiste. En 1950, il est élu membre du bureau du Congrès de l'Union internationale des étudiants à Prague contre l'avis de ce dernier. En 1952, il devient secrétaire du mouvement, toujours contre l'avis de son parti. Il reste sur place jusqu'en 1954. Il y obtient sa deuxième année de droit. De retour en France, il obtient sa troisième année en 1955. La même année, il s'inscrit au Palais de justice de Paris après avoir passé le CAPA. L'année suivante, il présente le concours de secrétaire de la conférence et se retrouve dans un stage où il rencontre Edgar Faure ou Gaston Monnerville, entre autres. Le jeune avocat anticolonialiste demande alors au PCF et au PSU de s'occuper d'affaires en Algérie. Il se met à y militer pour le FLN et à défendre leurs activistes, dont Djamila Bouhired, qui avait été condamnée à mort pour attentats à la bombe en Algérie. Peu après, sa cliente deviendra éphémèrement son épouse. Il quitte le PCF en 1957. De 1970 à 1978, il disparaît : Jacques Vergès a toujours entretenu le mystère sur cette période. D'après certaines sources, il aurait travaillé clandestinement avec Pol Pot et les Khmers rouges (il dit qu'il est parti à la pêche). D'autres ont soutenu qu'il serait parti en Russie ou en Libye. Le premier dossier que Jacques Vergès a géré en tant qu'avocat concerne la Sonacotra. Depuis, au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès médiatisés, notamment ceux des personnalités suivantes : Djamila Bouhired. Klaus Barbie, en 1987. Roger Garaudy. Georges Ibrahim Abdallah. Moussa Traoré. Paul Barril. Simone Weber. Les acteurs d'Action directe dont Max Frérot. Klaus Kroissant. Robert Boulin. Le juge Renaud. L'inspecteur Jean-Marc Dufourg. Le capitaine Paul Barril. Les protagonistes de l'affaire du sang contaminé. Camille Sudre. Omar Raddad en 1994. Le terroriste Carlos. Le préfet Bernard Bonnet. Trois chefs d'États africains contre le journaliste engagé François-Xavier Verschave en 2000. Slobodan Milošević. Le chef d'État irakien déchu Saddam Hussein. Il apparaît souvent mis en scène dans son bureau en bois de fer, véritable bric-à-brac décoré de nombreux objets africains et notamment de lithographies de Louis Antoine Roussin. Pour tourner en dérision l'accusation, il prend l'habitude d'introduire ses plaidoiries par le fameux "et c'est pour ca qu'on me dérange ?..." emprunté selon certains au fameux avocat marseillais Me Juanito. L'affaire AFTIS lui vaudra la reconnaissance éternelle des employés de HAMMAM. Une certaine idée de la frange.
Ni de droite, ni de gauche, plutôt là où on la pose "Mireille Mathieu, chanteuse française, née le 22 juillet 1946 à Avignon (Vaucluse) est l’aînée d’une famille nombreuse de 14 enfants. Révélée en 1965 au cours d’un télé-crochet, elle est l’archétype de la chanteuse populaire des années 1960 et 70, période où elle connaît ses plus grands succès discographiques de "Mon credo" en 1966 à "Une femme amoureuse" en 1980. À partir du milieu des années 1980, elle privilégie sa carrière internationale dans de nombreux pays où elle est considérée comme un symbole de la chanson française. Elle a vendu plus de 100 millions de disques dans le monde et a enregistré et chanté plus d’un millier de chansons dans 11 langues (français, allemand, anglais, espagnol, italien, russe, finnois, japonais, chinois, catalan et provençal). Elle a fêté, en novembre 2005, ses quarante ans de carrière sur la scène de l'Olympia où elle s'est produite pour la huitième fois. On a coutume de dire que la vie de Mireille Mathieu est un véritable conte de fées. En effet, rien ne prédisposait cette fille de tailleur de pierre (son père Roger a même réalisé la tombe d'Albert Camus) contrainte d’aller travailler dans une usine d’enveloppes à l’âge de quatorze ans pour aider sa famille, à devenir l’une des chanteuses les plus populaires de la seconde partie du XXe siècle dans le monde. Elle s’éveille cependant à la chanson dès son enfance avec son père, un baryton, fan d’opéra et de grandes voix. C’est la découverte d’Édith Piaf qui lui montre la voie : elle sera chanteuse. Avec obstination, elle se présente trois années consécutives au concours « on chante dans mon quartier » organisé par la mairie d’Avignon et le remporte en 1964 avec « La Vie en rose » qui est encore aujourd’hui, la chanson fétiche qu’elle chante dans tous ses concerts. L’adjoint au maire d’Avignon, Raoul Colombe, décide de soutenir sa vocation. Il la fait participer à de nombreux galas locaux et l’inscrit au fameux « Jeu de la Chance », le télé-crochet de la mythique émission « Télé Dimanche » de Raymond Marcillac. Et c’est le 21 novembre 1965, que des millions de téléspectateurs français découvrent, médusés, ce petit bout de femme vêtu de noir qui interprète la chanson de son idole Édith Piaf « Jezebel ». Elle est plébiscitée sept semaines de suite par le public et le grand imprésario Johnny Stark prend en main sa carrière. Dès lors, les chansons, les succès, les concerts dans le monde entier s’enchaînent à un rythme effréné. Après un premier Olympia en décembre 1965 en lever de rideau de Dionne Warwick et Sacha Distel, elle s’y produit en vedette dès 1966, accompagnée par André Pascal et Paul Mauriat, auréolée de ses premiers succès : « Mon Credo » (plus d’un million d’exemplaires écoulés), « Viens dans ma rue »Réalisée par l'auteur André Pascal et le compositeur Paul Mauriat. Ses ventes de disques sont phénoménales pour l’époque. Autre originalité, le retentissement du succès de Mireille en France dépasse rapidement les frontières et dès 1966, elle participe au célèbre « Ed Sullivan Show » au États-Unis. Son image de chanteuse « officielle », « voix de la France » se construit dès cette époque avec l’interprétation de ce qui reste une de ses chansons les plus emblématiques « Paris en Colère ». Écrite par Maurice Vidalin sur la musique, composée par Maurice Jarre, du film de René Clément « Paris brûle-t-il ? », la chanson est, dès sa sortie, un immense succès et est encore aujourd’hui la chanson symbole de la libération de Paris, au point que, en 2004, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, lui demande de la chanter devant l’hôtel de ville en présence du Président Jacques Chirac pour les célébrations du soixantième anniversaire de la libération de Paris. En 1967, c’est l’adaptation en français en 1967 du succès d’Engelbert Humperdinck « The Last Waltz » qui lui ouvre les portes des charts du Royaume-Uni et l’honneur de participer pour la première fois à la « Royal Performance » devant la reine Elizabeth II. (Elle s’y produira deux autres fois au cours de sa carrière.) Elle participe, à la fin des années soixante, à de très nombreux shows au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis qui lui permettent de se confronter aux plus grands artistes de l’époque : Tom Jones, Dusty Springfield, Burt Bacharach, Danny Kaye, Des O’Connor, John Davidson… Le compositeur de « la Dernière Valse », Les Reed, lui concocte de nombreuses chansons, qu’elle interprète en français et/ou en Anglais dont les célèbres « Bicyclettes de Belsize » lui permettant d’élargir son répertoire musical. Alors que ses succès en français s’enchaînent (« J’ai gardé l’accent », sur un texte de Gaston Bonheur en 1968 ; « La première étoile »ecrite parAndre Pascal en 1969, qui sera reprise en suédois par Agnetha Fältskog avant qu’elle ne rejoigne le groupe Abba), Mireille commence une grande histoire d’amour avec le public allemand, en 1969, avec « Hinter den Kulissen von Paris ». Durant toutes les années 1970, ses succès dans la langue de Goethe vont se succéder et faire d’elle le symbole de l’amitié franco-allemande initiée par Konrad Adenauer et le Général de Gaulle. Juste retour des choses, quelques-uns de ses succès allemands seront également des succès en France et dans de nombreux pays : « Acropolis Adieu » (1971), « Santa Maria de la Mer » (1978), « Mille Colombes » (1977) [ces deux dernières avec le concours des célèbres Petits Chanteurs à la Croix de Bois dans les chœurs] et « la Paloma Adieu » qui, en 1973, est un succès phénoménal dans toute l’Europe, aussi bien dans la version allemande que française. Cette année-là, son passage à l’Olympia durant près d’un mois est un triomphe tant public que critique. Mireille Mathieu devient incontournable. C’est à elle que Francis Lemarque et Georges Coulonges font appel pour interpréter la chanson titre de leur fresque musicale sur Paris, « Paris Populi ». Deux grands réalisateurs français la sollicitent pour apparaître dans leurs films. Jacques Demy la filme à Bobino chantant « Paris Perdu » sur une musique de Michel Legrand devant Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni dans « L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune ». Michel Legrand qui signe également la chanson d’ouverture de ce fameux Olympia 1973 « Pour le meilleur ou pour le pire ». Claude Lelouch lui offre une apparition dans son célèbre film « La bonne Année » ainsi que la chanson titre du film écrite par Francis Lai. La collaboration de Mireille avec des musiciens de films atteint un sommet en 1974 avec l’album « Mireille Mathieu chante Ennio Morricone ». Accompagnée par le Maestro, Mireille peut développer toute sa sensibilité et sa musicalité sur les plus belles musiques de films de ce dernier. Il convient de signaler que Mireille est la seule, avec la grande chanteuse italienne Milva, à avoir eu les honneurs d’un tel album avec Ennio Morricone qui lui a même concocté deux chansons originales, ce qu’il a très peu fait pour d’autres chanteurs. Cet album lui permet également d’offrir aux Italiens qui l’apprécient depuis les années soixante quelques nouvelles chansons en italien, langue qui convient parfaitement à sa voix. Alors qu’elle connaît de nombreux succès populaires fédérateurs comme « Tous les enfants chantent avec moi », Mireille élargit son répertoire à de nombreux styles différents. La collaboration avec Alice Dona pour la musique et avec Serge Lama ou Claude Lemesle pour les textes lui permet de défendre des chansons fortes comme « Le Silence » ou « Le Strapontin » en 1977. Elle se permet de reprendre du même Lama, la sulfureuse chanson « L’esclave » (1976) ou, juste après la loi Veil, d’aborder délicatement la question de l’avortement en 1976 dans « L’anniversaire ». Mireille adapte également avec bonheur quelques succès anglo-saxons comme « A Blue Bayou » (1978) de Roy Orbison et, bien entendu, « Une Femme Amoureuse » (1980). Au début des années 1980, la petite fille en noir chantant Edith Piaf est devenue une vocaliste à l’américaine. Elle a enregistré en 1979 deux albums complets avec Paul Anka (en français et en Anglais) et un autre avec Don Costa, le grand chef d’orchestre américain. Elle est devenue sur scène ou dans les shows de Maritie et Gilbert Carpentier, une meneuse de revue reprenant les grands succès de la comédie musicale américaine comme « Over the Rainbow », « La chanson du Trolley », « People » ou « Sweet Charity ». Un projet d’adaptation de « The Wiz », la version modernisée du Magicien d’Oz créée à Broadway et tournée au cinéma par Diana Ross et Michael Jackson, à Paris ne voit malheureusement pas le jour mais Mireille chantera deux chansons adaptées de la comédie musicale. Alors qu’elle continue à chanter dans le monde entier (tournées en Allemagne, au Japon, au Canada, au Mexique, passage au Carnegie Hall de New York…), Mireille est la chanteuse avec laquelle tout le monde veut chanter. Après « Bravo tu as gagné », son adaptation de « The Winner Takes It All » avec le groupe Abba dans le chœurs (1981) et un duo à succès dans toute l’Europe avec Patrick Duffy, « Together we’re strong » (1983), sa rencontre avec Plácido Domingo au cours d’un Grand Echiquier de Jacques Chancel sur l’aria « Tous mes rêves » composée par Michel Legrand, sur des paroles de son fidèle Eddy Marnay, lui permet de développer un répertoire à la frontière de la variété et du classique. Elle débute une longue collaboration avec Janine Reiss, grande répétitrice des plus grands chanteurs d’Opéra, qui lui permet de renforcer sa maîtrise vocale. Cela se ressent dans son duo avec le ténor Wagnérien Peter Hoffman dans "carborough Fair". Cette chanson accompagne son grand retour sur scène à Paris sur la scène du Palais des congrès en 1986, pour ses vingt ans de carrière, durant un mois devant 110 000 personnes. La fin des années 1980 est marquée par une activité internationale intense avec, en particulier, une grande tournée en Chine en 1986 où elle est l’une des premières artistes occidentales à se produire et une autre grande tournée en URSS en 1987 au cours de laquelle elle est accompagnée par les chœurs de l’armée rouge. En 1986 également, celle qui fut en 1978 la seconde Marianne après Brigitte Bardot (buste sculpté par Aslan), chante la chanson officielle de la France pour le centenaire de la Statue de la Liberté en duo avec Andy Williams à New York devant les présidents Reagan et Mitterrand. 1987 est l'année de toutes les consécrations puisqu'elle reçoit l’ordre national du mérite, Jacques Chancel lui consacre un Grand Echiquier spécial où elle interprète, outre ses grands succès, plusieurs mélodies classiques et surtout paraît sa première autobiographie « Oui, je crois » rédigée avec Jacqueline Cartier qui se classe en tête des ventes. La vie sans Johnny Stark La disparition brutale de son mentor Johnny Stark en 1989 amène Mireille à prendre en main seule sa carrière et à réduire l’intensité tant de ses prestations scéniques que sa production discographique. Elle dédie son album de 1989 à Johnny Stark « l’Américain » et crée une chanson de François Feldman « Ce soir, je t’ai perdu » au cours de son Palais des Congrès de 1990 qui ne rencontre pas le succès escompté en pleine période pré-guerre du Golfe. Mireille se consacre dès lors plus aux pays étrangers où sa voix symbolise la France. Son premier album totalement en espagnol « Embrujo » qui reprend principalement de grands thèmes classiques est double disque d’or en Espagne en 1989. Elle enregistre plusieurs albums en Allemagne et chante en Italie (au fameux festival de San Remo par exemple), en Finlande, en Ukraine, en Slovaquie, en Russie, aux États-Unis… Une compilation sortie en 2000 au Canada est également disque d’or. Ses apparitions en France, plus rares, font cependant toujours l’événement. Son disque hommage à Piaf en 1993 (et réédité en 2003) se vend à près de 100 000 exemplaires. Son album de 1995 « Vous lui direz » avec une chanson de Maxime Le Forestier « À la moitié de la distance »est une jolie chanson bilan. En 1998, après un passage remarqué en trio avec Alain Souchon et Julien Clerc à l’émission des restos du cœur sur la chanson « Femme Libérée », elle chante à l’Olympia en décembre et sort deux inédits au sein d’une compilation intitulée « Son grand numéro » dont une adaptation de « Un-break My Heart » de Toni Braxton."jeudi, avril 27, 2006
Serieux, vous pensez qu'au cul, vous...(II)
Godspeed you ! Black emperor/ Silver Mt Zion.
Créé en 1994 par Efrim Menuck et Mauro Pezzente, Godspeed You Black Emperor! tire son nom d’un documentaire japonais en noir et blanc nommé God Speed You! Black Emperor de Mitsuo Yanagimachi décrivant les exploits d’une bande de motards, les Black Emperors. Cette même année, le groupe auto-produit All Lights Fucked on the Hairy Amp Drooling, une musicassette distribuée à seulement 33 exemplaires. De deux membres initialement, le groupe est passé à une quinzaine sur la période 1995-1998. Durant celle-ci, en 1997, pour le label Constellation Records, le groupe enregistre f#a#∞, qui sort en vinyle en édition limitée de 500 exemplaires ; Kranky le réédite l’année suivante en CD avec plusieurs modifications. C’est seulement en 1999 avec la sortie de Slow Riot for New Zero Kanada, sorti en vinyle et en C.D sur le même modèle (mais sur deux labels différents) que leur précédente production que le groupe sort de l’anonymat, grâce au soutien de The Wire et de John Peel, et particulièrement après avoir fait la couverture du célèbre magazine britannique N.M.E. C’est également à partir de cette date que le groupe s’est réduit à ses neuf membres actuels après le départ durant la tournée 1998 de Mike Moya et son remplacement par Roger Tellier-Craig. En 2000 et 2002 sortent deux nouveaux albums, Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven et Yanqui U.X.O. Depuis 2002, aucune nouvelle production n’est parue, les membres du groupe étant occupés par leur autres projets, notamment A Silver Mt. Zion ou Fly Pan Am. Ce groupe est généralement classé comme appartenant au mouvement post-rock, bien qu’il n’appartienne à aucun cadre réel et présente un large panel d’influences, allant du rock progressif au punk et de la musique classique à l’avant-garde. Ses productions consistent généralement en un nombre restreint (2 à 4) de morceaux durant de 10 à 30 minutes divisés en mouvements, parfois mentionnés sur la pochette. Les instruments utilisés ont variés en fonction du nombre de membres, mais la musique est restée basée sur guitare électrique - guitare basse - cordes - percussions, avec des utilisations occasionnelles de glockenspiel ou de cor d'harmonie. Les morceaux sont régulièrement introduits par des séquences parlées enregistrées par le groupe en Amérique du Nord. Ouvertement et activement anti-capitaliste, Godspeed You! Black Emperor communique peu avec les médias, particulièrement avant 2002. Efrim Menuck, bien qu’il réfute ce titre, est présenté comme le meneur du groupe, en partie car c’est majoritairement lui qui interagit avec la presse. A Silver Mt. Zion a été formé en 1999 par trois membres de Godspeed You! Black Emperor, Efrim Menuck, Sophie Troudeau et Thierry Amar. Selon une interview à la radio néerlandaise V.P.R.O, ce projet a été créé en premier lieu pour qu’Efrim Menuck puisse apprendre à écrire de la musique, mais cette idée a été rapidement abandonnée, Efrim Menuck préférant considérer que la musique n'ait pas à être contrainte par des règles. Il a cependant continué à le faire vivre pour y expérimenter certaines idées n’allant pas dans le cadre de Godspeed You! Black Emperor. La décision d'enregistrer un premier album a été influencée par la mort de son chien Wanda alors que Godspeed You! Black Emperor était en tournée. Le nom A Silver Mt. Zion semble faire référence à l’Esplanade des mosquées (Mont du temple dans l'Ancien Testament, Temple Mount en anglais), le point culminant de Jérusalem. Efrim Menuck étant juif, des références au judaïsme sont de temps à autre présentes dans la musique du groupe, le premier album étant caractérisé par M. Menuck comme étant une « expérience juive » (jewish experience en anglais), bien que celui-ci a pris ses distances avec le mouvement sioniste et critique l’attitude actuelle du gouvernement israélien. Après la sortie de ce premier album, He Has Left Us Alone but Shafts of Light Sometimes Grace the Corners of Our Rooms, le groupe passa à 6 membres et se renomma « The Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band » et enregistra un deuxième album, Born into Trouble as the Sparks Fly Upward. Pour "This Is Our Punk-Rock," Thee Rusted Satellites Gather+Sing, le troisième album, le groupe recruta une chorale amateur et son nom passa à « The Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band with Choir ». Pour l’EP qui suivit, Pretty Little Lightning Paw, il devint « Thee Silver Mountain Reveries ». Finalement, pour leur dernière production à ce jour, Horses in the Sky, le groupe prit le nom « Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band ». Tous ces albums furent produits par Constellation Records. Bien que créant de la musique généralement considérée comme d’excellente qualité, A Silver Mt. Zion ne gagna jamais l’attention d'un large public, confiné au label Constellation et évoluant dans l’ombre de Godspeed You! Black Emperor. Musique et activisme Contrairement à Godspeed You! Black Emperor, les morceaux d’A Silver Mt. Zion comportent beaucoup de voix, d’Efrim Menuck principalement, et même des chœurs dans les derniers albums ("This Is Our Punk-Rock," Thee Rusted Satellites Gather+Sing et Horses in the Sky), alors que ceux-ci ne contiennent plus de morceaux purement instrumentaux. Efrim Menuck avoua s'être senti mal à l’aise à l’origine dans le rôle du chanteur, bien qu’il n'ait pas voulu que les voix soient le centre de la musique d’A Silver Mt. Zion, mais préférentiellement utilisées d'un pur point de vue stylistique. Les morceaux d’A Silver Mt. Zion comportent un activisme politique important. « 13 Angels Standing Guard’round the Side of Your Bed » semble être dirigé en direction des anarchistes du Black Bloc, selon le livret de He has left us Alone but Shafts of Light Sometimes Grace the Corner of our Rooms. Le morceau « Triumph of Our Tired Eyes » se lamente sur l'état du monde actuel, sans abandonner toutefois de solides espoirs sur le futur. Y figurent des références à A Las Barricadas, une chanson des anarchistes espagnols de la Guerre civile espagnole. Le dernier album du groupe, Horses in the Sky, contient également des morceaux engagés politiquement, notamment « God Bless Our Dead Marines » et « Ring Them Bells (Freedom Has Come and Gone) », dirigés contre l'invasion anglo-américaine de l'Irak. D’une manière générale, A Silver Mt. Zion est considéré comme étant un groupe proche des mouvements anarchistes. Discographie: He Has Left Us Alone but Shafts of Light Sometimes Grace the Corners of Our Rooms..., (Album, 2000), Born into Trouble as the Sparks Fly Upward, (Album, 2001), "This Is Our Punk-Rock," Thee Rusted Satellites Gather+Sing, (Album, 2003), Pretty Little Lightning Paw, (EP, 2004), Horses in the Sky, (Album, 2005)What ?
—Is she prettier than me ?
—Is she prettier than you ? I am prettier than you !
—Is she prettier than you ? I am prettier than you !
mercredi, avril 26, 2006
Du vent et des souvenirs.
J'ai entendu deux phrases que j'aime bien "Tu ne sais rien de l'amour, fiston. Une petite etincelle attire ton regard et quand tu te retournes, 56 années ont passées et puis un soir tu te fais dans ton froc dans un cinéma et c'est la seule qui t'aide à te nettoyer. C'est ça l'amour. Toi tu ne sais rien." "My mind is going. There is no qustion about it. I can feel it." Finalement quand on retire tous les travaux que l'on a fait pour les autres ou pour épater la galerie que reste t'il ?
Moondog.
"Artiste de rue pendant plus de 25 ans, à New-York puis en Allemagne, il s'habillait à la mode viking et jouait sur des percussions conçues par lui-même. En puisant chez les classiques du Moyen Age, les Indiens d'Amérique ou encore dans le jazz, il a édifié une œuvre proche du courant minimaliste mais pourtant totalement atypique, hors-temps. Moondog était une sorte d'avant-gardiste d'un autre âge. Une nouvelle compilation consacrée à Moondog vient de paraître sur le label anglais Honest Jons. Intitulée The Viking Of Sixth Avenue, cette compilation pioche allègrement dans les premiers disques enregistrés par Moondog de 1949 à 1956, une période qui constitue les 3/4 du disque. On retrouve notamment l'intégralité de Moondog on the streets of New York, une face de Moondog and his Friends une face de Improvisations at a Jazz Concert et 3 titres sur 4 de Moondog and his honking geese. La compilation est étrangement complétée par une dizaine de titres provenant d'enregistrements de 1969 à 1995... The Viking Of Sixth Avenue reste tout à fait intéressant même s'il donne une impression de puzzle troué. A l'exact opposé en matière de qualité éditoriale, notons l'édition en "fac-similé" (et en CD) du EP Pastoral Suite / Surf Session par le label Moondog's Corner. Pastoral Suite / Surf Session est l'un des tous premiers disques enregistrés par Moondog, en compagnie de sa femme Suzuko, au Spanish Music Center à New-York vers 1953. Cette réédition est évidemment celle d'un passionné, Thomas Heinrich, créateur du label Moondog's Corner et de l'incontournable site Web du même nom. On lui doit déjà la réédition, en 2001 et aux mêmes formats, de Moondog and his honking geese, un EP enregistré en 1955. Né en 1916 à Marysville, Kansas, Louis Hardin vécut sa première expérience musicale marquante vers l'âge de 5 ou 6 ans. Son père, missionnaire catholique, est alors envoyé dans les réserves indiennes du Wyoming. Le petit Louis a ainsi la chance de jouer du tom-tom avec des Indiens Arapahu. A l'âge de 13 ans il perd la vue en s'amusant avec une amorce de dynamite. Louis poursuit alors sa scolarité dans des écoles pour aveugles et fait son premier apprentissage de la musique classique et de divers instruments (piano, orgue, violon...) auprès de professeurs diplômés de conservatoire. En 1943, Louis Hardin s'installe à Manhattan et commence à développer sa théorie de la musique, le "snaketime," en référence à l'ondulation du son. Il devient l'ami d'Arthur Rodzinski, le directeur musical du New York Philarmonic qui l'autorise à assister aux répétitions. Mais, à partir de 1947, il n'est plus vraiment le bienvenue. Louis Hardin commence en effet à se vêtir d'une tenue complète de roi Viking, casque à cornes compris. C'est alors pour lui autant un acte de résistance contre l'industrie de la mode qu'un moyen de faire taire ceux qui comparent son visage à celui du Christ ! La même année Louis Hardin commence à utiliser le nom de Moondog en souvenir de son chien qui hurlait à la lune. A partir de la fin de l'année 1949, Moondog se produit dans les rues de Manhattan. Il chante, déclame ses poèmes et joue de ses instruments, pour la plupart des modèles uniques fabriqués selon ses directives : les trimbas (des percussions triangulaires), le oo (un instrument à corde triangulaire), le yukh... S'il loge le plus souvent à l'hôtel, Moondog s'astreint régulièrement à dormir dans la rue, les économies ainsi réalisées lui permettant de faire retranscrire ses partitions écrites en braille. Ce sera son mode de vie pendant plus de 25 ans. En 1949/50 Moondog enregistre ses premiers disques 78 tours pour un petit label New-yorkais. Devenu un figure emblématique du quartier, il se fait rapidement connaître de labels plus importants. Moondog enregistre pour Epic en 1953 (Moondog and his Friends), Prestige en 1956/57 (Caribea Sextet/Oo Debut, More Moondog, The Story of Moondog), Capitol en 1957(Tell It Again). Dans ces disques Moondog affirme déjà son style très personnel reposant sur des rythmiques aussi complexes que bancales, le résultat d'un mélange de fortes influences médiévales (canons, passacaille, rondes...), de jazz et de musiques traditionnelles (des Caraïbes, des Indiens d'Amérique...). Une période creuse, au niveau discographique, semble s'installer après Moondog Suite (MG, 1959). Il faut attendre 1967 pour qu'il bénéficie d'un "coup de pub inespéré. Cette année là Janis Joplin et son groupe, The Big Brother and The Holding Company, reprennent (en simplifiant la rythmique) "All is Loneliness", une composition enregistrée par Moondog en 1949. Deux ans plus tard, en 1969, un jeune compositeur du nom de Philip Glass fait sa connaissance dans les rues de Manhattan et décide de l'héberger : le "squat" durera 3 mois. Philip Glass et son ami Steve Reich ont alors l'occasion de travailler avec Moondog et même d'enregistrer en amateur (les bandes n'ont jamais été éditées). Cette expérience ayant eu lieu à une époque séminale pour la musique minimaliste répétitive (Moondog rencontra également Terry Riley), Philip Glass et Steve Reich le proclamèrent un temps "fondateur du minimalisme", mais Moondog n'accepta jamais ce "titre". Même s'il a en commun avec eux la tonalité, Moondog déclara : "rythmiquement je suis considéré comme avant-gardiste mais mélodiquement et harmoniquement je suis très classique". Il déclara aussi : "Bach faisait quelque chose de minimal avec ses fugues. Alors quoi de neuf ?". La grande compagnie Columbia/CBS, qui publie les premiers travaux de Steve Reich en 1967, s'intéresse alors au "clochard céleste" et lui donne l'occasion d'enregistrer avec un grand orchestre. Ses deux albums les plus connus sont alors publiés : Moondog en 1969 et Moondog 2 en 1971 (les deux seront réunis sur un seul CD, Moondog en 1989). Un certain engouement, tout relatif, s'empare alors de ce personnage bizarre, considéré comme un avant-gardiste échevelé. Dans les années 60/70 la Beat Generation l'accueille à bras ouverts, le voyant comme une icône de la rébellion. Moondog a l'occasion de se produire avec Allen Ginsberg, Lenny Bruce, dans des films avec William Boroughs... Il apparaît dans quelques shows télévisés, compose pour la publicité, la radio, une de ses œuvres est utilisée dans le film "Drive, She said" avec Jack Nicholson... En 1974, Moondog disparaît brusquement des rues de Manhattan, certains le croient mort. En fait, en janvier 1974, après deux concerts à Francfort Moondog a décidé de rester en Europe, continent auquel il s'est toujours senti spirituellement et culturellement très attaché. Vers 1975/76 une étudiante en géologie du nom de Ilona Goebel fait sa connaissance dans les rues de Recklinghausen, une petite ville de la région de Cologne. Intriguée elle apprend rapidement qu'il est compositeur. Elle écoute ses disques sortis sur CBS et décide de l'héberger chez ses parents à Oer-Erkenschwick. C'est là que Moondog élira définitivement domicile. Non seulement Ilona l'héberge mais elle devient son assistante, son manager, transcrit ses partitions et réussit à le convaincre d'abandonner sa tenue de Viking ! Elle donne une nouvelle impulsion à sa carrière puisqu'en quelques années le label allemand Roof Music édite Moondog in Europe (1977/78) ; H´art Songs (1978), une superbe collection de morceaux quasiment "pop" qui font étrangement penser à Robert Wyatt ; A new Sound of an old Instrument (1979), une série de pièces pour orgue en solo ou en duo. Dans les années 1980 Moondog n'a publié que deux disques : Facets en 1981 et Bracelli en 1986. Il consacre son temps à la composition, parfois pour se lancer des défis à lui-même comme pour Cosmos I et II, une série de 8 canons nécessitant un millier de musiciens pour une durée de 9 heures ! "Mais je n'ai pas écrit cela dans l'idée que se soit joué un jour", avoue-t-il. Moondog se produit régulièrement sur scène : à Herten et Recklinghausen en 1981, Paris en 1982, Salzbourg en 1984... En 1988, Moondog est invité à faire l'ouverture du 10ème festival des Trans Musicales à Rennes, accompagné de l'orchestre de la ville (au beau milieu du premier concert, l'orchestre quitta la scène pour des raisons de "filmage abusif" puis revint... Le second concert fut tout bonnement annulé !). L'année suivante, autre accueil, autre ambiance, Moondog fait l'ouverture du New Music America festival à New York. Il dirige le Brooklyn Philharmonic Chamber Orchestra. Assis sur un côté de la scène et frappant sur un tambour, il conduit ainsi l'orchestre en lui donnant la mesure. Ce sera son dernier séjour aux Etats-Unis. Toujours en 1989, Moondog participe à deux titres de l'album My Place de Stefan Eicher (qu'il a rencontré aux Transmusicales). Moondog et Stefan Eicher collaboreront une nouvelle fois en 1992 pour un concert à Winterthur en Allemagne. 1992 est l'année de la publication de Elpmas, un disque de protestation contre les mauvais traitements infligés à toutes les populations indigènes à travers les siècles. Sur Elpmas figurent des instrumentaux aux rythmiques "minimalistes répétitives" alternés avec des chœurs d'hommes d'inspiration indienne, ainsi que Cosmic Meditation, une longue plage sans percussions. Cette publication est suivie par une mini tournée en Allemagne en 1992, puis en 1994. En 1995, Moondog se rend à Londres à l'invitation du Meltdown Festival d'Elvis Costello. Pour ce concert étaient réunis le London Saxophonic et le London Brass. Moondog et le London Saxophonic ont ensuite enregistré Sax pax for a pax (1997), sur lequel figurent des réinterprétations (trop strictes peut-être ?) des compositions de Moondog. Moondog a quitté notre monde le 8 septembre 1999 à l'âge de 83 ans. Durant sa vie il aurait composé plus de 300 madrigaux, passacailles, canons et autres musiques pour orchestres à cordes, orchestres à vent, piano, orgue... et plus de 80 symphonies ! L'enregistrement de son dernier concert, donné en juillet 1999 au Festival MIMI à Arles, a été publié fin 2004, en tant que deuxième volume du double CD The German Years 1977-1999 par Roof Music. Ce double CD The German Years 1977 - 1999 présente aussi, comme son nom l'indique, une compilation d'œuvres pour la plupart extraites des albums publiés par le label allemand Roof Music (H'art Song, Elpmas, Moondog in Europe et Instrumental Music). Cette compilation contient également "Bumbo" de l'album Big Band (Trimba, 1995), ainsi que, pour la première fois sur Cd, "Dark Eyes", extrait de l'album Bracelli (1986). A l'occasion de la sortie de cette anthologie, Roof Music a publié, quasi simultanément, Moondog remixed No. 1, un EP contenant 3 titres, chacun étant un remix d'une oeuvre de Moondog par 3 artistes de la scène électro-hip-hop. "Dog Trot" est un remix par Christian Becker, d'après une oeuvre de Moondog du même nom. Sur "Get a Move On" le DJ anglais Mr. Scruff utilise "Bird's Lament", l'hommage fait par Moondog à Charlie Parker juste après sa mort. A noter que ce remix a été utilisé comme fond sonore des pub TV de France Télécom (en France), et des marques de voitures Volvo (en Europe) et Lincoln (aux Etats-Unis). Le troisième titre de ce EP, "The Return of Reimemonster", est signé par Afrob. Ce rappeur allemand utilise un sample de la pièce pour orchestre de 1969 "Minisym I mardi, avril 25, 2006
New Neo collection [Italian polar] : 03 juin.
Hard Candy.
"L’affiche du film Hard Candy où on peut voir un petit chaperon rouge dans un piège annonce la tonalité faussement naïve de cette fable moderne et terrifiante sur le mal-être urbain. C’est le premier long métrage de David Slade et il fait déjà beaucoup parler de lui. Moi, Lolita. Que ce soit dans sa bande-annonce ou son synopsis vaguement mystérieux, Hard Candy est présenté comme un drame qui tourne vinaigre. Depuis quelques temps, il traîne une réputation sulfureuse principalement en raison de sa conclusion paraît-il très amorale. Mais le leitmotiv du récit est qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Même quand on pense avoir tout deviné, on finit par se tromper. Sur le papier, l’histoire est digne de Nabokov : un photographe traîne son ennui en surfant sur le web. Jusque là rien de grave. Sauf que le jeune homme en question est sexuellement frustré (et peut-être même plus) et il aime du coup à aller sur les chats de rencontre et torturer l’esprit de demoiselles en fleur. Un jour, il crée un lien avec une fille trouvée sur le net, âgée de 14 ans, alors qu’il a la trentaine. Sans s’en rendre compte, c’est le retournement de situation : le dominant devient le dominé et ce qui s’annonçait comme une histoire d’amour impossible se mue en une intrigante affaire de vengeance. Après une séance photo privée dans son appart, l'homme se réveille ligoté à une chaise. Mon dieu mais c'est bien sûr : on sent le nouveau Audition. Et si ce film possède l'intelligence et l'élégance du requiem de Takashi Miike, pas de doute qu'il devrait figurer comme l'un des grands événements de l'année. La belle des vampires. Ceux qui ont eu la chance de le découvrir au festival de Stiges, en Espagne, n'en sont pas revenus indemne et parlent de séquences potentiellement marquantes. La raison ? Elles bousculent les stéréotypes, arrivent de manière impromptue et surprennent par leur audace et leur contenu immoral. Rien que ça. Pour revenir sur le film de Miike, il est hallucinant de constater à quel point certains font le va-et-vient entre les deux films. Hard Candy repose apparemment sur le même principe que ce chef-d'oeuvre où la violence la plus froide le dispute au romantisme le plus torride. Asami, personnage quasi-fantômatique, incarnait à la fois la culpabilité du deuil, un idéal féminin inaccessible, une héroïne Hitchcockienne glaciale, un monstre de cruauté sous son apparence angélique. Et bien plus encore. Outre les relations homme-femme auscultées avec acuité et l’angoisse distillée de manière graduelle et élégante, c'est surtout l'incapacité de se remettre d'un ancien amour (la peur de la nouvelle rencontre, l'impossibilité de retrouver l'état amoureux...) qui était le thème (universel, s'il en est) de cette histoire moralement et physiquement déviante, très impressionnante et très robuste, où on souffre pour montrer qu'on s'aime. Aussi mystérieuse lorsqu'elle lisait un bouquin (et qu'on l'aperçoit de dos), découpait le pied de son amant, attendait silencieusement devant son téléphone ou prenait un taxi, Eihi Shiina, mannequin d’une beauté inouïe, incarnait alors l’une des plus redoutables prédatrices. Dans Hard Candy, les motivations des personnages apparaissent au gré des rebondissements mais la frontière du mal et du bien est plus indistincte encore. David Slade sait pertinemment qu'il touche à un tabou : la pédophilie. Le titre Hard Candy doit se lire comme une oxymore : un bonbon est plus sweet que hard. Pour le réalisateur, c'est une manière de signifier que rien n'est lisse et que les surprises, surtout mauvaises, peuvent surgir au pire moment. C'est accessoirement le reflet du tempérament de la jeune fille en fleur. Comme il y a peu Saw, de l'inconnu James Wan, Hard Candy est le nouveau phénomène de Lion Gate Films. Pour faire simple, tout le monde en est tombé amoureux. Tom Ortenberg, président de Lions Gate Films Releasing, a précisé : "Ce film est porté par deux interprètes remarquables. Il a retenu notre attention en raison de sa qualité de suspense psychologique provocateur et racé". Pour lui, cela ne fait aucun doute : "David Slade se présente comme un important nouveau talent grâce à ce premier long métrage marquant.". Déclaration à laquelle Slade a répondu : "Ce film est le fruit de l'excellent scénario de Brian Nelson ainsi que de tout le travail et la passion de la distribution, de l'équipe technique et de tous les producteurs du film, y compris Michael Caldwell et Richard Hutton à Vulcan Productions ainsi que David Higgins et Hans Ritter. Lions Gate nous a approchés avec le même dévouement et enthousiasme que nous avons mis à produire ce film." Bonne nouvelle : après Hard Candy, le réalisateur, qui vient du clip (il en a réalisé notamment pour Aphex Twin) devrait mettre en scène 30 Days of Night, adaptation d'une BD signée Ben Templesmith & Steve Niles. Des vampires profitent de l’absence de soleil lorsque l’Alaska est plongée en plein hiver. Ils décident de prendre d’assaut une petite ville paumée du coin. Produit par Sam Raimi et Rob Tapert, le prochain film de David Slade promet tant l'idée initiale (mixe réjouissant de Carpenter et de Romero) a été confié à un cinéaste déjà considéré comme un spécialiste de l'angoisse. L'attente est à son paroxysme. Normalement, il sera présenté à Cannes. Pour l'heure, sa sortie française est prévue pour le 27 septembre prochain."dimanche, avril 23, 2006
Hurra for chevalery.
R1D2.
samedi, avril 22, 2006
Tout passe, tout lasse...
L'arrivée de la télénovela Ruby sur M6 me fait regretter "Danse avec moi" et "coeur de diamant". Le live de Sonic Youth hier soir chez Durand me fait regretter la bonne vieille époque "Dirty". Hier j'ai croisé Momo en ville à Bordeaux, il ne m'a pas vu, j'ai pas eu envie d'aller le voir, c'est peut-être mieux comme ça. Comme quoi faudrait pas vieillir...
vendredi, avril 21, 2006
Le golgo 13 du jour.
Derniers achats.




Enfin une collection Giallo digne de ce nom (merci Neo publishing), une OP sur la collection cinéma de quartier à 10€ (au lieu de 24€) pour quelques films formidables : Elle s'appellait Scorpion (sa suite est éditée chez HK sous le nom la femme scorpion), l'ovni le couvent de la bête sacrée, le masque de Fu manchu), et bien sur l'indispensable the descent dans une édition relativement minimaliste mais à l'image impeccable...Tot(r)o chez Fidel Casto.
Dans son dernier bouquin Albert Algoud défend la théorie selon laquelle la Castafiore serait en fait un castra...pas con...Cast(r)afiore édité par Cast(r)erman... Je viens d'entendre l'interview de Dick à l'émission de Cauet "Dick, comment est née cette collaboration avec Mickey 3d ?" "Michael, m'adore et m'a appellé avec trois chansons" Mort de rire (voir post précédent). Je t'adore, Dick mais le rock n'est pas mort quand le king est parti à l'armée, tu n'as pas inventé la marie jane et tu devrais essayer parfois de fermer ta gueule...Moi aussi, bonsoir.
jeudi, avril 20, 2006
Yoann Penard from La morue noire collectif.
Damoon VS Kebous & Babylon.
Marion VS Young gods.
Damoon VS Vive la fête.
Damoon VS Hushpuppies & Young gods.
Damoon VS Art brut.
Damoon VS Kill the young.
Damoon VS Wattie Buchan (the Exploited).
Damoon VS K2R Riddim.
Damoon VS Michael (Mickey 3D).
Damoon VS Didier Wampas.
Damoon VS the Evils.
Damoon VS Aiwa & Mathias (Dionysos).
Damoon VS Motormark.
Damoon VS Dionysos.
Damoon VS Hurra Torpedo.
Damoon VS Têtes raides.
mercredi, avril 19, 2006
Bancalcity étage 18 (rayon on air)
Vendredi 16h00 : Conférence de presse Arthur H, j’arrive nous sommes trois radios, salut Arthur, Salut. Il a l’air claqué, et un peu tendu, je prépare mon matos, et pshittt plus rien la panne de MD, bon ben au revoir. Vendredi 20h20 : j’ouvre le direct avec le chanteur des Têtes raides, qui reste avec nous pendant une bonne demi-heure, il nous raconte son parcours sa rencontre avec Bertrand, son émission d’Ardisson enregistré la veille au soir. Dans le studio Jean Guerard bavarde avec les membres du groupe…La soirée se poursuit avec Kebous et les p'tits gars des Babylon circus, Kebous nous fait marrer en nous racontant comment il gagne un peu de thune en tant que chauffeur de salle pour l’émission de Fogiel le dimanche soir, le tout filmé par MCM qui prépare son 52 minutes sur le off du festival. Poursuite du direct avec les Ogres de Barback gentils mais musique à chier. Les dirty fonzy débarquent avec un pack de bière, sympas mais un peu lourds…F**V***** arrive avec Eric***, j’écoute le débat mené par Seb, puis c’est au tour du maire de rentrer dans le studio, les croquants entrent et Seb se charge de l’entretien, je pars pisser un coup…23H30 : je pose le micro, nous faisons un premier bilan. Aussitôt sorti du studio au pied de l’espace expo, je sors ma casquette d’animateur pour celle d’organisateur. Le concert se termine à 2h00 je me couche vers 4h00 Samedi je débarque sur le site encore naze de la veille et j’attaque avec Fabien le long déroulement des conf de presse et des interviews "à l’arrache" Fabien s’occupe de Hurra torpedo (une des deux grosses claques de la soirée avec Motormark) interview marrante, les roadies rient jaune après qu’ils aient pourri la scène entière mais tout le monde est sur le cul de la prestation scénique, et la reprise de total eclipse of the heart de Bonnie Tyler est formidable…nous poursuivons avec les petits gars des H-Kayne et des Hoba hoba spirit, sympas, Rico puis Mike des Dionysos débarquent en direct pour nous raconter la rencontre avec Steve Albini sur l’enregistrement de l’album. La soirée se poursuit, dans le studio il y a avec nous le directeur des nuits atypiques de Langon, Francis ***, le programmateur de Euskal Herria (ex St Martin d’Arossa), le gars d’A gauche de la lune. Ca parle prog, ça chambre, ça picole pas mal…Changement de plateau, arrive Aiwa purement formidable est hallucinant de références et d’humour l’interview est terrible, Mathias des Dionysos, vient boire un coup avec nous et reste une partie de la soirée, à parler foot avec les deux frères d’Aiwa. Mathias parle de son bisou à John Spencer et des victoires de la musique de l’année dernière où il était parti en couilles…il se marre, nous aussi…Je croise les Remains mais ils me font pitié, j’ai l’impression de travailler tellement ils sont voûtés et fripés… Les Shaolins temple defenders avec qui nous parlons de la Shaw Brothers. Dehors les murs tremblent à la prestation de Cuisinier feat orgasmic (le dj de TTC) Missill, la jolie, est en loge et flippe de passer après ça. Nous terminons la soirée avec la Mjc clandestine (qui hurlent "en loge c’est pourri de **** !") scandale, sens de la provoc de futurs grands….et Akro et Wizzla en freestyle. Dimanche, la journée commence avec l’interview du chanteur de the Evils qui joue très fort, du putain de rock n roll, il tombe les bières en racontant ses concerts et ses galères au CBGB et autres Viper, ses soirées avec Lemmy et Dee Dee Ramone passées à chercher de la coke… J’enchaîne avec The Craftmen club, des vrai cons qui se la pêtent à mort…Fab se démerde avec Motormark qui déchirera tout sur scène un peu plus tard…Didier Wampas arrive en studio, c’est sa quatrième interview, il se fait chier, et répond en 1 seconde à chacune de mes questions, je préfère qu’il se barre, je suis déçu…pas le temps de pleurer, j’ai Michael de Mickey 3D qui arrive, je stressait à l’idée de l’interviewer mais finalement ce mec est une perle et un modèle de simplicité, gros fan de Cure, il se marre quand on lui dit que l’émission s’appelle Lullaby et raconte sa rencontre avec Robert Smith à qui il file un T-shirt de Sainte Etienne, pour le remercier, Robert le serre dans ses bras et lui fait un gros calin. En loge Calogero et -M- sont super jaloux. Nous parlons de Nicolas Sirkis, je me fous de sa coupe de cheveux, Michael refuse de dire du mal de lui, c’est un pote. Il me dit qu’il reprendra « j’ai demandé à la lune » en rock ce soir. Il souhaiterai écrire pour Lorie, je crois qu’il déconne mais lui la trouve touchante, il nous raconte comment Dick Rivers est connu pour harceler les artistes à base de "je t’appelle tous les jours sur ton portable" pour lui écrire une chanson, "la première fois que je l’ai eu au téléphone "il m’a dit allô Mickey ? c’est Dick non tu ne rêve pas, c’est lui, le vrai.. " Mort de rire…Nous parlons de sa victoire de la musique, il me dit que Raphaël qui ne l’avait pas eu cette année là lui avait confié qu’il était super déçu alors que lui n’en avait rien à foutre…En partant, je lui dis que je suis un peu déçu par Didier Wampas qui nous a un peu envoyés chier…5 mn plus tard, Mickey nous le ramène en disant "maintenant tu vas faire une vrai interview", ils sont tous les deux en face de moi nous parlons de Manu Chao, de la Mano, de l’époque des Hot pants, des Carayos, le p'tit gars desK2r Riddim hallucine par un Didier plus cool, qui est une bible du rock français…ça déconne, ça chambre pendant 1 heure, le tout filmé par l’équipe de COUAC chargée de sortir le DVD, ils partent, je réalise que j’avais promis un autographe de Mickey 3d à une petite fille de 12 ans je cours après Michael, qui à la main sur la porte des chiottes pas de problèmes, il signe sans sourciller et part couler un bronze... Je lui souhaite bonne continuation ben ouais…Je retourne au studio qui jouxte la salle expo, c’est parti pour le direct avec Wattie Buchan, le chanteur de the Exploited, ça me fait super bizarre de l’avoir en face de moi, et surtout de savoir que ma nana a mangé à sa table, il est super gentil mais parle un anglais avec des fèves dans la bouche, je pense à Chick et lui demande une dédicace pour lui "For Chick punks not dead in 2006. Wattie" nous poursuivons toujours avec des programmateurs qui défilent dans le local radio, je rate Marc Zermati et Mano solo, venu en potes pour voir la prog, je suis dégoûté. Poursuite du direct avec Art brut, très fins et classes, ils ramènent les petits jeunes qui tombent les nanas, les Kill the young, avec qui on déconne pendant une heure, comme tous les groupes ils prennent leur défi de dire Lullaby sur scène très au sérieux…Sympa… J’ai *** qui prends des photos superbes mais le gars est un vrai *** Je suis scotché par Birdy nam nam et Dj Pone, les Hushpuppies (les Strokes français) foutent le dawa dans le studio je déconne sur Pierre Mathieu (canal +) qui est super fan d’eux, bonne ambiance, je fais une interview couplée avec les Young gods (tellement d’anecdotes à raconter). Je termine ces neuf heures de direct avec l’ex Deus Danny Mommens de Vive la fête, nous parlons de Karl Lagerfeld, je retourne en loge avec eux et voit l’envers du show biz, ce qu’il faudrait ne jamais voir, des *** par milliers… Je fini au champ’ en VIP avec Dj Zebra jusqu’à 5h00 du mat. Je rentre chez moi, j’arrive pas à dormir, je commence les peaux transparentes que Daniel Darc m’a fait envoyer. La classe…Je raconte tout ça à mon père, il ne me le dira pas mais je pense qu’il est assez fier de moi…Next Tool on earth : 05-06.
D.D alias charisman.
mardi, avril 18, 2006
Tambor.
Je vote contre Marie parce qu'elle pleure tout le temps, qu'elle à quand même volé 700€, qu'elle bouffe tous les crabes et qu'elle m'a marché sur la gueule lors de l'épreuve d'immunité...jeudi, avril 13, 2006
4, 3, 2, 1, 0.
J-4 Lundi journée détente à Bordeaux et point avec Fabien sur l’émission en direct . J-3 Mardi je bois un verre en terrasse, deux crétins locaux à côté de moi parlent forts, "paraît qu’ils ont 50000 réservations pour le Garorock (ouais 100000 même duconlajoie !) je réalise que l’on raconte tout et n’importe quoi sur ce putain de festival. 15h00 c’est fou comme dès que tu file un pass à quelqu’un : Instantanément il prend un petit air supérieur et commence à se la raconter grave. 18H00 essais radio dans le studio sur le site, rien ne marche l’émetteur ne capte pas, il faudra passer par ligne téléphonique, c'est la merde, je dors très mal la nuit de Mardi à Mercredi. J-2 Mercredi La journée à courir de responsables en responsables, à batailler une ligne supplémentaire avec le gars de France télécom (merci JC et merci Frank). 15h00 : je dis au revoir à Pierre Saint Upery. 18h00 Je parviens à faire tirer une ligne jusqu’au studio hier soir juste avant ma prépa physique de 19h30 avec Jean Louis 2000 et Mistà "Pompes Shaolin claquées" Skora. Je suis naze et dans un état de fatigue considérable. J-1 c’est à dire aujourd’hui, j’apprends que nous sommes complets demain soir. Je reçois mon planning d’interviews, pas mal du tout... J'ai un "brief" à 14h30 et un "debrief" à 15h30 ça n'arrête pas de "checker" : " Tu peut me checker le curfew ?" c'est un vaste n'importe quoi de "j'melapête" Restez simples gamins...
mardi, avril 11, 2006
Consumérisme, mon ami (Part 2).
lundi, avril 10, 2006
Trop vite.
Pierre St Upery est mort. Ce soir, je pense à Thomas et à Caroline.
samedi, avril 08, 2006
Ego trip 5.0 (à base de lapin dans les phares).
Bancal city étage 17bis (rayon see U soon).
Ils ne savent plus quoi chanter aux enfoirés, ils reprennent "la tacatacatique du gendarme", vivement l’année prochaine qu’ils reprennent "la digue du cul" et "le curé de Camaray"…. Au milieu de cette mascarade matuvu et de bons sentiments mielleux : Maurane et Karen Mulder toujours impeccables…Malgré l’autre connasse d’Amel Bent, il n’y a effectivement rien de plus beau qu’un poing levé… Je viens d’apprendre que je vais interviewer Michal à la foire expo de Marmande (il est tombé bien bas ce pauvre voleur d’orange). Plus j’écoute l’album de Mansfield Tya et plus je le trouve formidable, elles seront au prochain abracadabra'sons du mois de juin, avec une pré-prog très intéressante et peut-être un direct depuis le site (magnifique), à voir…Le nouvel album de Dick est terrible (notamment les titres de Mickey 3d et de –M-). En écoute le titre "la nuit" extrait du dernier et un morceau plus ancien "Le montana" tout aussi intéressant…Et puis deux compositions de Luis Francisco Arena qui rendent mieux ici qu’en concert. Je vais essayer durant ces deux petites semaines de trouver du temps pour moi à base de prépa physique (mercredi), d’argile, de Star Trek (the original series) saison 1 , d’intégrale Street Fighter et deux semaines pour tenter de définir une programmation à venir…Rendez vous le 26 avril 2006 ou pas…
vendredi, avril 07, 2006
Trés intéressant.
Intéressant.
Bancal city étage 17 (Rayon to spit I spit, spit)
Des bloqueurs, des anti bloqueurs, des parents d’élèves qui se foutent sur la gueule, des étudiants en manque de reconnaissance (génération sans amour et sans identité) qui scandent "On veut des câlins et des bisous" pendant que le mythe de l’enfant sauvage frappe le journalisme droit dans la tête… Et des politiques (eux aussi en manque d’amour) complètement out. Arnaud Viviant dans "ça n’engage que moi" ce matin sur C+, décrivait le climat de guerre civile qui est en train de s’installer dans ce pays, l’année dernière c’était le oui ou le non à la constitution européenne qui déchirait le pays en deux (et les repas de famille) maintenant on a franchi une étape on en est venu aux mains…Des étudiants et leurs opérations "coups de poing" (tiens !) assiègent les gares et squattent les artères des villes, le doute s’installe, c’est le printemps… Hier, je suis retourné dans mon ancien établissement scolaire afin de présenter le Garorock aux jeunes locaux, nous nous sommes retrouvé dans un amphi qui sentait le poney, car il faut bien le reconnaître, le Lycéen n’a aucun goût vestimentaire, se coiffe très mal, prononce avec une voix ridicule, des mots qui n’existent pas et surtout sent extrêmement fort (voir texte de Desproges dans un ancien post) cependant, mea culpa, moi-même, dans ma fabuleuse période grunge…je ne sentais pas la rose mais plutôt les pieds et les aisselles…Je me retrouvais donc hier au soir dans mon ancien lycée en compagnie d’un groupe obscur (Mr le Directeur) à vanter les mérites de notre association…En quelques minutes, des hordes de petits crétins s’arrachent les affiches de Louise attaque et de Mickey 3d délaissant celles de kill the young et des Young gods (c’était prévisible), ce qui l’était moins c’est que je n’avais strictement rien à leur dire, et que même ma présence parmi eux me cassait profondément les couilles…Je décide de ne pas faire long feu attrape Pea.k et tchao…Je cale des interviews post-festival : Deus (le 1er mai) et Jad Wio en suivant. Ce soir je suis en vacances pour deux semaines (une semaine pour me préparer et une semaine pour me remettre), je vais donc mettre ce blog entre parenthèses pendant toute la durée des opérations. Je préfère ne pas parler de chiffres…Je suis fatigué et mon seul échappatoire est ce satané préparateur physique qui pendant une heure (de torture) me fait tout oublier. Je cours, je boxe, je frappe de toutes mes forces dans un sac, sans arrêt, sans relâche, jusqu’au bout, jusqu’à la limite, jusqu'à l’asphyxie. J’attends que mon cerveau sécrète ces putains d’endorphines pour enfin m’écrouler sur le sol et oublier jusqu’à mon prénom, je crois qu’il est là le vrai bonheur, par terre, dégoulinant de transpiration, les poumons en feu et des lames de couteaux plantées dans les biceps… J’ai mal, j’existe, je suis bien…
L'humeur du jour.
Il guido Michelino.



Petit Guide du Western Spaghetti selon dvdrama.com. Avec plus de 500 films tournés en à peine plus de 10 ans, le western européen fût un genre prolifique. Et avec l’explosion du DVD et la reconnaissance grandissante du cinéma « bis », le western spaghetti retrouve une visibilité toute neuve. Malheureusement, plutôt que de ressortir uniquement les fleurons du genre, les éditeurs semblent sortir ce qu’ils trouvent au petit bonheur la chance.Les indispensables :
Il était une fois dans l’Ouest Sergio Leone (1969)
Si vous ne deviez voir qu’un film dans votre vie, ce serait peut-être celui-là. Je dis peut-être, parce que comme prétendant, Il Etait une fois en Amérique en impose un peu aussi. Bref, réduire Il était une fois dans l’Ouest à un western spaghetti, c’est comme assimiler Les Misérables à un roman d’aventures, c’est un peu court jeune homme. Il était une fois dans l’Ouest va bien au-delà d’une simple histoire de cowboys qui se battent autour d’un chemin de fer. Ici on atteint le sublime, le non-dit, le mystère qui enveloppe les êtres, un grand quelque chose d’indicible, rien que ça. Les protagonistes de ce ballet de mort imposent le respect, on devine qu’ils sont dans une dimension humaine plus élevée que la notre. Chaque geste d’Harmonica est empreint de cette pesanteur propre aux être immatériels, chaque regard d’Henri Fonda est chargé du même message. Et si Claudia Cardinale se regarde dans un miroir pendant un quart d’heure, c’est parce qu’une femme impliquée dans une telle tragédie ne saurait se regarder bêtement dans un miroir comme une femme normale. Emportez donc ce film sur votre île déserte, et ne lisez pas la suite de cet article, rien en matière de western ne saurait dépasser la perfection d’Il Etait une fois dans l’Ouest.
Le Bon la Brute et le Truand Sergio Leone (1966)
Chef d’oeuvre : Tuco grimace, Tuco tire, Tuco grogne, Tuco fulmine, et surtout Tuco vole la vedette à Blondin. Pas étonnant que Clint Eastwood ait voulu passer à autre chose après ce film, il est finalement assez absent, même si avec peu de mots et peu d’expressions il parvient comme d’habitude à laisser sa marque sur le film tout entier. Choc absolu lorsque j’ai découvert ce chef d’œuvre à 9 ans, je suis depuis à la recherche d’un film qui me fournirait le même subtil mélange d’Aventure, d’humour, de violence et de beauté formelle. Jusqu’ici je n’ai pas trouvé. Le Bon la Brute et le Truand est un film moins « adulte » qu’Il Etait une Fois dans l’Ouest, avec plus d’action et moins d’empathie, mais dans son genre, il est tout aussi inégalé. Quasiment toutes les scènes sont cultes, du revolver dans le bain à la corde coupée au fusil en passant par la traversée de désert. Et mention spéciale pour la course de Tuco entre les tombes sous une musique inoubliable, mention spéciale pour la mort du soldat réconforté par Eastwood, mention spéciale pour le Colonel alcoolique, finalement très touchant, mention spéciale pour le gros plan sur le doigt coupé de Lee Van Cleef, mention spéciale pour tout en fait.
Il était une Fois la Révolution Sergio Leone (1972) Film de commande grandiose :
Même pour un film de commande, Sergio Leone ne peut s’empêcher de se réapproprier ses films. A l’origine, Il était une Fois la Révolution aurait du être tourné par Sam Peckinpah. Quand finalement Sergio Leone a été plus ou moins forcé de reprendre le projet, il a complètement réécris le scénario. Histoire d’une amitié improbable entre un révolutionnaire de l’IRA et un peon père de nombreux enfants, Il était une fois la Révolution est riche en péripéties en tout genre, en idées de scénarios excellentes (la nitroglycérine, l’attaque de la banque, l’embuscade du pont), en passages émotionnels forts (le massacre dans la grotte, la trahison du docteur Villega) et en lecture nihiliste sous-jacente de la révolution (la révolution ne sert à rien, les pauvres meurent où restent pauvres). Spectacle grandiose, Il était une Fois la Révolution est aussi une excellente comédie souvent très drôle, qui n’oublie aucune des marques de fabrique de Leone : flashbacks, ralentis, gros plans, des milliers de morts et la superbe musique d’Ennio Morricone.
Et Pour Quelques Dollars de Plus Sergio Leone (1965)
Le premier qui voit un cheval ! Dans beaucoup de westerns « classiques » la première scène montre le héros qui arrive au loin sur son cheval… L’ouverture d’Et Pour Quelques Dollars de Plus est similaire, sauf que le type sur son cheval se fait descendre pronto, et on ne saura rien de plus sur ce pauvre malheureux. Pour beaucoup, cette violence purement gratuite est ce qui rend le western spaghetti proprement insupportable. Mais pour ceux qui en avaient marre des héros qui arrivent en sifflotant en début de film, c’est une libération, une superbe entrée en matière, un choc salutaire, le plus gros tremblement de terre qui aie secoué le monde du cinéma, où quelque chose dans ce genre. Après cette entrée en matière fracassante, on a Lee Van Cleef qui arrête un train selon son bon plaisir, Clint Eastwood qui n’utilise sa main droite que pour tirer et Gian Maria Volonte qui rit comme un dément après avoir massacré toute une prison… Le plus beau dans le film reste la petite musique de la montre, et l’idée même du duel à la montre. Les flashbacks de Volonte le camé, au son de la petite musique mécanique de la montre, introduisent une mélancolie poignante propre à toucher même le plus rustre des habitants d’Agua Caliente.
Le Dernier Face à Face Sergio Sollima (1967) Un western intellectuel
Un professeur d’Université (Gian Maria Volonte) part au Texas pour raison de santé. Le prologue assez long montre que l’on a affaire à un « perdant », quelqu’un qui n’est pas allé au bout de ses rêves. Au Texas il sera pris en otage par Beauregard (Tomas Milian), un bandit sans foi ni loi. Petit à petit, au contact du bandit, le professeur va découvrir que son intelligence pourrait faire de lui un grand desperado. Beauregard lui, devant la froideur du prof, va découvrir le sens de la justice innée qui est en lui. Réflexion sur le pouvoir et le totalitarisme, Le Dernier Face à face est un western qui tente de faire travailler les neurones sans renoncer à être efficace sur le plan de l’action. L’inversion de caractère des deux stars est bien menée et sait prendre son temps. On retrouve comme dans beaucoup de westerns spaghetti, un certain attachement aux marginaux de toute sorte, ici une communauté de desperado qui vivent en autarcie. C’est quand le western italien cherche à offrir quelque chose de différents des westerns de Leone qu’il devient le plus intéressant. La musique de Morricone est efficace sans être inoubliable.
Le Grand Silence Sergio Corbucci (1968) Noir de chez Noir
Corbucci pousse son concept entamé avec Django jusqu’au bout du nihilisme. Inutile de prévenir des spoilers ici, tout le monde sait que dans ce film le héros meurt à la fin, et même en le sachant, le film est d’autant plus noir, comme une tragédie ou le destin de chacun est fixé à l’avance. Klaus Kinski est tout simplement effrayant en chasseur de prime abject et cupide, Trintignant dans son rôle muet inspire la pitié, mais aussi la défiance, car finalement son mode opératoire pour tuer (provoquer l’adversaire jusqu’à être en droit de l’abattre en état de légitime défense) en fait un être ambigu peu éloigné des être immondes qu’il pourchasse. La musique poisseuse et lancinante de Morricone colle aux basques comme la poudreuse aux pieds des chevaux. La neige et la rigueur de l’hiver accentuent le désespoir affreux qui domine l’ensemble du film ; le côté comique du shérif, loin d’apporter un peu d’humanité et de chaleur à ce monde glacial, renforce au contraire le désenchantement ambiant. Les faibles sont faibles et restent faibles, les forts sont bien les plus forts, et ils vont jusqu’au bout. Inutile de faire remarquer les défauts de doublage ou quelques détails un peu bâclés, Le Grand Silence est parfait dans son genre, tout à fait différent d’un Sergio Leone. Le Grand Silence est si réussi dans sa démonstration pessimiste de la noirceur humaine que personnellement j’ai du mal à vraiment l’aimer, à l’aimer comme un film que l’on aime revoir souvent. Non, Le Grand Silence est si réussi qu’on préfèrerait presque oublier l’avoir vu.
Mon Nom est Personne Tonino Valerii (1973) Comédie désenchantée
Passons tout de suite sur les défauts du film. D’abord il est extrêmement bavard, ce qui est étonnant de la part d’une production Leone. Ensuite, certains passages comiques sont un peu lourdingues : la scène des baffes et la scène de la pissotière qui ancrent le film dans le style « Trinita ». Mais ce dernier défaut permet de savourer le film de 7 à 77 ans, car le comique « Trinita » est immédiatement accessible dès le plus jeune age, et il permet également la confrontation Western Américain/Western Italien qui est un des thèmes du film. Tout le reste est parfait, du scénario à la musique de Morricone, en passant par la relation maître/élève et cette idée prodigieuse de Horde Sauvage de 150 « fils de pute » qui chevauchent sur fond de Walkyries, telle une armée mythique insaisissable. Si le désenchantement de Henri Fonda inscrit également le film dans le registre crépusculaire, la désinvolture de Terence Hill en fait une ode à la liberté et à une certaine forme de marginalité, il n’essaie pas de se trouver une situation, il n’est pas intéressé par la vengeance, il veut juste vivre heureux à pêcher des poissons au gourdin. De nombreux niveaux de lectures, donc, pour un film généralement sous-estimé. On peut toujours ergoter pour savoir qui a fait quoi de Leone ou Valerii, leur collaboration a donné une œuvre unique qui se bonifie ave le temps.
Où le voir :
Django/4 de l’Apocalypse : Django Sergio Corbucci (1966)
Au fond, beaucoup plus qu’à Sergio Leone, c’est à Sergio Corbucci que le western italien doit tout. En un seul film, tous les poncifs ont été crées ou sublimés : le poncif des conditions météo (ici la boue), le poncif du héros taciturne (Franco Nero, ténébreux), le poncif du héros réduit à une misère de loque humaine, mais qui gagne quand même à la fin, le poncif de la classe sociale martyrisée (ici les peones), le poncif de la cruauté sadique (l’oreille coupée), le poncif du chef de bande qui terrorise une ville de lâches corrompus, le poncif des éléments religieux détournés de leur fonction christique (le cercueil, le cimetière). Oui tout est là. Tout et c’est même peut-être un peu trop. Quelle vision de l’humanité ce film offre-t-elle ? Comment sortir indemne de tant de noirceur, de tant d’inhumanité ? Attention donc, âmes sensibles...
4 de l’Apocalypse Lucio Fulci (1975)
On a tout lu et entendu sur ce film : un navet sans nom, une merde sans nom, une daube sans nom, une chiure sans nom et j’en passe. Oui et bien moi je l’adore ce film, certains aiment 6e Sens, moi non. Bref je m’égare, la force du film, déjà, c’est de s’attacher à des anti-héros (un ivrogne, un joueur de carte, un neuneu, une prostituée enceinte) et de suivre leur lente descente aux enfers, comme dans Délivrance (il faut bien que je cite des vrais bons films pour essayer de vous convaincre…). Hé ouais, pour une fois, pas de trésor, pas de vengeance qui se mange froide, pas de héros au regard sombre qui tire super vite. Après le pogrom puritain initial, les coups de feu se comptent sur les doigts de la main. Ces anti-héros rencontrent le mal en personne : Chaco, joué par Tomas Milian évidemment, qui d’autre ? Chaco torture un shérif, humilie nos marginaux de façon ignoble et laisse tout le monde pour mort. Le joueur de carte et la prostituée se retrouvent dans un village de mineur, et là l’enfant naît, et on a droit à une très très longue séquence où les mineurs sont tout sourires et tous mielleux comme dans un mauvais Walt Disney. Ainsi Fulci montre les deux facettes de l’homme : la violence la plus atroce envers les êtres, et l’attendrissement le plus niais devant la vie qui commence. Mais ce qui est le plus frappant dans cette histoire, c’est la mélancolie qui baigne tout le film, cette lenteur qui épouse le cheminement des protagonistes. La musique est belle, les personnages gardent leur part de mystère, et la scène finale est atroce.
El Chuncho/Keoma El Chuncho Damiano Damiani (1966)
Western politique, El Chuncho évoque de façon détournée les agissements de la CIA en Amérique Latine. Le film commence très fort avec un officier de l’armée mexicaine attaché en croix sur la voie ferrée. Gian Maria Volonte tient ici son meilleur rôle de western, mélange de cabotinage drôle et d’ambiguité menaçante. Klaus Kinski en prêtre adepte de la grenade vaut également le détour, ainsi que Lou Castel, en Gringo froid et énigmatique. La musique de Bacalov, assez semblable, voire identique, à celle de Django, est intéressante et s’éloigne des sentiers battus par Morricone.
Keoma Enzo G Castellari (1976)
Chant du cygne, dernière cartouche, ode au genre en fin de course, enterrement de toute beauté, Keoma est considéré comme le dernier grand western italien. Tous les poncifs sont présents, Franco Nero est en grande forme, le scénario est fouillé, en particulier dans les rapports familiaux frères/demi-frères avec leur père, et la musique, dont les chansons accompagnent l’intrigue, est tout simplement sublime. Sans oublier les personnages symboliques (la mort) et le désenchantement poignant de l’ensemble.
Tire Encore Si Tu Peux Giulio Questi (1967) Un ovni…
Dans la forme, ce film est un western : des indiens, des peones, des bandits… Mais on apprend dans les bonus que le réalisateur a fait un western parce que c’était plutôt la mode du western à ce moment là. Du reste, si ça avait été encore l’époque du péplum, il aurait fait un péplum et ça aurait donné exactement le même film. Soit une œuvre complètement inclassable, imprévisible et presque surréaliste. Le film est émaillé de moments « chocs » nullement gratuits mais bien évidemment devenus cultes de part leur aspect parfois gore, parfois suggéré, toujours inattendu. Certains de ces effets fonctionnent toujours très bien, d’autres ont malheureusement mal vieillis. Un film dérangeant donc, avec une atmosphère fantastique malsaine, qui réussit avec peu de moyens à dépeindre la cruauté humaine. Tomas Milian traverse le film comme un fantôme, hagard et loin des clichés du héros fier et ténébreux (mais Tomas Milian est presque un cliché à lui tout seul). Les deux notables crapuleux qui se disputent l’or forment une incarnation effroyable de la cupidité humaine. Déconseillé aux âmes sensibles.
Pour une Poignée de Dollars Sergio Leone (1964) L’origine
Alors oui en 1964 ce film a dû créer un choc assez intéressant dans la tête des gens. Enfin un western où on arrête de papoter avec les dames pour en venir directement à ce qui est intéressant dans le western : les coups de révolver. Pourtant si on se souvient encore de ce film plus de quarante ans après, c’est que le concept va plus loin. Il y a le bruit des coups de révolver, différent selon chaque type d’arme avec un écho amplifié, il y a Clint Eastwood et son poncho qu’il soulève avant les duels, il y a son cigare machouillé de gauche à droite et sa barbe de trois jours, il y a la musique pompée sur Rio Bravo, il y a le gros plan sur les bottes de Gian Maria Volonte, il y a son rire démoniaque, il y a le passage à tabac bien plus graphique que par le passé et les sales gueules des Rodos qui se marrent pendant le massacre des Baxters, il y a les répliques laconiques et le duel « revolver contre winchester », il y a Ramon qui hurle « Juvio ! » pour que son homme de main lui passe sa fameuse winchester, il y a la cuirasse métallique, il y a l’homme sans nom qui apparaît derrière un nuage de poussière, le siffleur qui emmène la musique vers des territoires inédits, l’utilisation des morts à des fins lucratives, la mitrailleuse qui crépite, le gros qui se fait écraser par un tonneau, et cette scène poignante ou Marian Koch retrouve son fils au beau milieu d’un échange d’otages. Bref la classe. Personnellement c’est le western de Sergio Leone que j’ai découvert en dernier, alors la déception a quand même été forte car il est loin d’être aussi abouti que les suivants. Mais si on le replace dans la genèse du genre, c’est le film qui a changé l’histoire du cinéma (carrément) alors chapeau !
Colorado Sergio Sollima (1967) L’art de la fuite
Cours Cuchillo, cours… Le peon a tout compris de la justice des blancs, il sait que ce n’est pas la peine de tenter de s’expliquer quand on l’accuse du viol et du meurtre d’une fillette de 12 ans. Il s’enfuit illico. Le peon est un être qui passe sa vie à fuir. Mais ici, le peon est plus intelligent qu’il n’y paraît. Colorado est le premier western, très réputé, de Sergio Sollima, avec Lee Van Cleef et Tomas Milian. Lee Van Cleef interprète un Chasseur de prime « juste » qui pourchasse Cuchillo (Tomas Milian). Le film se présente un peu comme un film à sketches, où chaque sketch raconterait une arrestation manquée de Cuchillo par Lee Van Cleef. A chaque nouvel épisode, le chasseur de prime en apprend un peu plus sur Cuchillo et se rend compte qu’il n’est peut être pas le meurtrier qu’on lui a dépeint, et que lui-même a peut être été manipulé. Souvent encensé pour ses aspects politiques, Colorado séduit également par son héros Cuchillo, héros éternellement en haillons, sale, sans arme ou presque, mais roublard, rusé et extrêmement sympathique malgré tout. Où le voir ? Disponible en zone 2 en Allemagne (Italo Western Box) et en Italie, mais bien sûr sans sous-titres français. En outre la version européenne est incomplète. Une histoire abracadabrantesque court à ce sujet : il paraît que la personne qui détient les droits de la version complète en Italie refuse obstinément que cette version complète soit visible hors d’Italie. Donc chers lecteurs, si vous voulez découvrir ce fleuron dans son intégralité, vous devez le voir en italien.
Le Temps du Massacre Lucio Fulci (1966) Un très bon classique :
Franco Nero revient chez lui, et ce qu’il trouve ne lui plaît pas du tout : la région est sous la coupe du clan Scott et son frère est devenu alcoolique. Scénario archi-classique, mais très bonne réalisation. La relation entre Nero et son frère alcoolique est très bien mise en relief, de même que les rapports entre le patriarche Scott et son fils psychopathe et maniaque du fouet. Le Temps du Massacre est le parfait exemple du western spaghetti réussi, avec tous les poncifs du genre (ville sous la coupe d’une fratrie, héros meurtri, massacre à la fin…) avec en plus une musique plaisante et une séquence au fouet particulièrement traumatisante. Ce film est généralement considéré comme bien supérieur aux Quatre de L’Apocalypse du même Fulci. Il est vrai que le rythme est plus énergique et que le film est plus proche de l’idée que l’on se fait généralement du western spaghetti, mais les Quatre de l’Apocalypse m’a plus surpris au niveau de l’originalité du scénario. Où le voir : En VHS (Atlantic Video 1987) ou DVD zone 1 version anglaise sans sous-titres (Massacre Time, éditeur DWN). DVD italien Le colt cantarono la morte e fu tempo di massacro, italien sous titré italien. A priori, version complète dans les trois cas (85 min)
La Mort était au Rendez Vous Guilio Petroni (1967) Un des meilleurs ?
Tout est bon dans ce film : le début poisseux avec ces hommes en long manteaux sous la pluie, la façon dont le jeune enfant se rappellera de chaque signe distinctif des meurtriers de sa famille, la musique oppressante de Morricone, la relation père/fils entre Lee Van Cleef et John Philip Law, le final dans la tempête de poussière, la séquence ou les habitants du village mexicain sortent tous de leurs maisons... La mise en scène est à la hauteur, la musique est bien employée, la mort est une notion grave et importante même chez les méchants, contrairement à de si nombreux westerns spaghetti où les morts sont oubliés sitôt tués.
Les films intéressants pour aller plus loin :
Un Homme, un Cheval un Fusil Antonio Margheriti (1969)
Klaus Kinski joue un forçat tout juste libéré et bien décidé à se venger de ceux qui l’ont fait injustement condamner. Pendant une heure, peu de coups de feux, la tension monte lentement, puis la violence prend son envol. Toute l’action est concentrée en une seule nuit, pendant une tempête déchaînée, avec la cloche de l’église qui sonne interminablement. Une belle atmosphère fantastique, un Klaus Kinski sobre et crédible, une bande son oppressante ; ce film, connu également sous le titre Et le Vent Apporta la Violence, est une des réussites du western italien.
Compañeros Sergio Corbucci (1970) Une bonne comédie Zapatta
Du Moriconne, un type avec un écouteur à la place de l’oreille, de l’action et du rire, Compañeros est une excellente comédie Zapatta signée Corbucci. Avec Tomas Milian et Franco Nero le pingouin qui cabotinent chacun dans leur genre. Et puis Terence Stamp et son faucon sont vraiment drôles. Loin, très loin de Django ou du Grand Silence, Corbucci montre ici une autre facette de son talent.
Saludos Hombre Sergio Sollima (1968)
C’est le troisième western du troisième Sergio. C’est aussi son western le moins réputé, encore que depuis que Tarantino cite ce film parmi ses influences, on a droit à un T noir dans Télérama. Tomas Milian reprend le rôle de Cuchillo, un peone qui cache des couteaux partout sur lui et qui sait s’en servir. Cuchillo se retrouve malgré lui à la recherche d’un trésor destiné à la révolution mexicaine (trésor + révolution mexicaine, l’équation magique du western spaghetti…), avec toute une clique de gens patibulaires à ses trousses. Hop. Au fur et à mesure que Cuchillo se ballade en poncho, en haillons, voire presque à poil dans le Mexique espagnol, sa conscience politique se réveille et il prend conscience des enjeux de la révolution. Oui enfin, ça c’est ce qu’on veut bien voir quand on est de bonne humeur, car le message sous-jacent est vraiment très très sous-jacent, voire six pieds sous jacent (cherchez pas). Il reste que le coté sur-jacent est lui assez réussi. Des duels à tours de bras, dont un duel plutôt original entre Cuchillo et son couteau et un méchant Français et son revolver, une scène nocturne plutôt bien menée, et Tomas Milian, toujours aussi génial, toujours aussi charismatique. Et puis un Western qui présente un (anti)héros mexicain qui n’utilise pas de revolver ne peut pas être mauvais.
Blindman le justicier aveugle Ferdinando Baldi (1971) Déconseillé aux âmes sans humour :
Blindman est un film qui n’a peur de rien, et surtout pas du ridicule. Et pas de l’excès non plus ! Consacrer un aussi gros budget sur un scénario aussi délirant, les producteurs devaient être eux-mêmes aveugles. Pourtant, bien leur en a pris ! C’est l’histoire d’un pistolero aveugle, qui se ballade sur son cheval d’aveugle avec une Winchester à baïonnette en guise de canne blanche. Il a un contrat pour retrouver un convoi de 50 femmes enlevées par un chef desperado (et son frère joué par Ringo Starr). Ledit chef desperado commande une petite armée d’hommes de main au look Mad Max parfaitement assumé. Les femmes sont destinées à un général (mexicain comme il se doit), prétexte à montrer plein de femmes nues se faisant asperger d’eau d’abord, puis plein de femmes habillées martyrisées par les officiers mexicains ensuite. Mais finalement, tout cela n’aura servi à rien puisque le chef desperado décide de massacrer tous les destinataires. De toute façon, à quoi ça sert une armée mexicaine, à part se faire décimer à la mitrailleuse? Le pistolero aveugle lui pendant ce temps là, réajuste ses haillons et son chapeau plat et descend frénétiquement quatre hommes de Ringo Starr. Car il est aveugle, mais il tire juste le bougre ! Et tout ça n’est que le début ! Ici, c’est au spectateur de décider. Soit c’est un nanar grandiose, soit c’est le plus grand western de tous les temps ! Et ça peut aussi être les deux à la fois ! Le plus fort, c’est que le film fonctionne parfaitement, la mise en scène de Baldi est très fluide, le scénario se tient malgré tout, et Tony Anthony parvient à émouvoir dans son rôle d’aveugle qui poursuit son but obstiné malgré son handicap ! Même Ringo Starr, en bad guy amoureux est touchant. A ne pas manquer, mais veillez à être dans de bonnes conditions d’humeur et d’entourage (ie, pas avec votre grand-mère…), sinon vous aurez raté votre rendez vous avec Blindman.
Un pistolet pour Ringo Duccio Tessari (1965)
Ringo saute, sourit de ses belles dents blanches, tire vite et juste, et ne se prend pas au sérieux. Ringo c’est Giuliano Gemma, véritable star au Japon (juste derrière Alain Delon), nous apprend sa fille dans les bonus. Le visage propre, l’œil pétillant, Ringo est très loin de l’archétype du tireur mystérieux à la Clint Eastwood. Qu’est ce qu’on a ici ? Un shérif et ses aides, une bande de bandits mexicains qui tient un ranch en otage, et Ringo au beau milieu qui cherche uniquement son intérêt. Le film est drôle, rythmé, et ne se prend pas au sérieux. C’est déjà pas mal.
Le retour de Ringo Duccio Tessari (1965)
Ah que j’aime ce type d’histoire ! Ringo revient chez lui et découvre que des bandits mexicains ont pris le pouvoir par la force dans sa petite bourgade. Ils ont aussi investi sa maison, et le chef s’est octroyé sa femme. Sa petite fille de 4 ans qu’il n’avait jamais vue sert d’otage. Pendant une heure de film, Ringo, déguisé et méconnaissable se lamente sur son sort, se fait molester par les bandits, ne sait plus réagir et devient presque une loque humaine. Finalement, il se réveille et là ça barde ! Il est aidé par quelques acolytes dont Myosotis, petit gringalet qui s’évertue à faire pousser des fleurs dans le désert. Tout ça est agréablement fait et la détresse de Ringo au début est poignante. Ce film est très différent du premier Ringo, il y a peu d’humour, plus de fantastique, et on retrouve avec plaisir l’ensemble de la figuration du premier opus.
Le dernier jour de la colère Tonino Valerii (1967)
Film de Tonino Valerii, le dernier jour de la colère n’atteint pas le lyrisme désenchanté ni la beauté formelle de Mon Nom est Personne. Preuve que Leone a bel et bien imposé sa marque sur ce dernier. Malgré tout, le scénario recycle très intelligemment le thème classique du rapport père/fils entre un jeune tireur et son mentor. Lee Van Cleef change un peu de registre et dépeint un personnage ambigu et égoïste. Vous aurez également droit à un duel tout à fait original, à cheval, et avec une vieille pétoire à un coup. La musique est belle mais ne dispose pas de suffisamment d’ampleur pour prendre la place qu’elle mérite. Dans l’ensemble, un très bon western.
Pas de pitié pour les salopards Giorgo Stegani (1968)
Trois malfrats marginaux, genre Pieds Nickelés, commettent des vols sans violence ni armes. Ce trio assez sympa, refusant de travailler normalement, vole la paie des mineurs, et là, les choses commencent à se gâter. Avec Lee Van Cleef qui cette fois change complètement de registre en délaissant son habituel rôle de pistolero infaillible, Bud Spencer en banquier sans barbe et Gordon Mitchell en tueur cruel et implacable, ce film est une bonne surprise, par son ton légèrement décalé, sans pour autant être inoubliable.
Tepepa Giulio Petroni (1968)
Un western avec Tomas Milian et Orson Welles, c’est une offre qu’on ne peut pas refuser. Un jeune docteur anglais (John Steiner) cherche à se venger de Tepepa (Tomas Milian), chef révolutionnaire qui a violé sa fiancée. Il rate son coup et découvre petit à petit la vraie nature charismatique du héros Tepepa. Le docteur va-t-il mener sa vengeance à bien ? Qu’est ce qui est le plus important, demande Tepepa, une fille où la révolution? Réponse en fin de film. Western Zapatta plus profond qu’il n’y paraît, Tepepa manque cependant un peu de rythme et de passion, même pendant l’habituelle scène où les militaires mexicains se font décimer. Orson Welles joue le méchant colonel de l’armée régulière mexicaine. Son rôle est moins caricatural et plus déterminant pour le déroulement de l’intrigue que d’habitude dans le genre révolutionnaire. Musique d’Ennio Morricone.
On l’Appelle Trinita/On Continue à l’Appeler Trinita Enzo Barboni (1970 / 1971)
Responsables du déclin du western à l’italienne, On l’Appelle Trinita et sa suite On Continue à l’Appeler Trinita sont deux films très drôles pourvu que l’on soit bon public et que l’on aime bien les rots, les pets, les fayots et les baffes. Tous les clichés du western italiens sont tournés en ridicule, la saleté et la crasse dominent, et la violence sérieuse n’existe plus. Les baffes ne font plus mal en vrai, la victime est juste un peu sonnée. Les coups de feu ne servent plus à tuer, et quelque part c’est agréable de voir tous ces protagonistes s’agiter dans un Ouest de cours de récréation.
Le Grand Duel Giancarlo Santi (1972) Un bon moment
Lee Van Cleef joue un shérif déchu qui protège mystérieusement un jeune pistolero recherché pour meurtre, et poursuivi par une bande de chasseurs de primes givrés que l’on croirait sorti de La Horde Sauvage. A part le look « Bee Gees » du jeune pistolero, l’ensemble du film est une très bonne surprise au ton assez décontracté. La scène inaugurale où Lee Van Cleef indique indirectement au Bee Gee la cachette des chasseurs de prime est un régal. Une fois arrivé en ville, on retrouve les thèmes favoris du western italien : la ville corrompue sous la coupe de trois frères qui tiennent les postes clés du pouvoir. Mais le portrait des trois frères en question est assez recherché, pas exagérément manichéen, ni caricatural (à part peut être celui de l’homosexuel frustré). Petit à petit, l’intrigue se dévoile et on comprend pourquoi Lee Van Cleef cherche à protéger le Bee Gee, et pourquoi il n’a plus le droit de porter l’insigne de shérif. Le tout dans une superbe musique de Bakalov (reprise dans Kill Bill). Bref, le film parfait pour un dimanche soir. Ne téléchargez pas ce film chez vous, c’est illégal. Téléchargez le chez vos amis.
Qu’est ce que je viens foutre Au milieu de cette Révolution ? Sergio Corbucci (1972)
Un acteur italien (Vittorio Gassman) et un prêtre italien se retrouvent pris dans la tourmente de la révolution mexicaine. Tous les deux anti-héros trouillards, ils se retrouveront dans de nombreuses péripéties à base de déguisements multiples, de cabotinage hystérique, de véhicules divers (voiture, avion…) et de rencontres pittoresques. Derrière la farce, Corbucci montre une révolution de pacotille dont les peones et les indiens sont les éternelles victimes. Il distille aussi une réflexion sur le métier d’acteur qui culmine au moment où l’acteur italien doit interpréter, sous la menace, un Zapatta reniant ses convictions. Alors titre un peu nul d’accord, mais le film n’est pas nul du tout, même si le cataclysme permanent des deux acteurs peut finir par taper sur les nerfs.
El Magnifico Enzo Barboni (1972)
Terence Hill joue un pied tendre qui débarque dans l’Ouest. On imagine tout de suite les dégâts. Le film est un peu plus sobre et travaillé que les Trinita du même réalisateur. Moins de fayots et moins de crasse, le met est plus fin, et la comédie un poil plus subtile. Pas mal de casse quand même…
Pour les gros mordus seulement :
Avec Django la mort est là Antonio Margheriti (1968)
Le prologue est fulgurant, une mise à mort horrible qui justifie le titre anglais du film : Vengeance. Avec Django la Mort Est là est un film curieusement adoré par la critique à cause de l’atmosphère à la limite du fantastique qui baigne l’ensemble du film, et surtout pour la fin dans les grottes. Pourtant cet aspect fantastique est beaucoup moins présent que dans des films comme Tire Encore si tu peux, Un homme un cheval un fusil (du même réal) où même Keoma. Harrison a beau crisper la mâchoire comme Clint Eastwood, le frère de Gian Maria Volonte a beau jouer au dingue comme son frère, le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un « vrai » western fantastique.
Soleil Rouge Terence Young (1971)
Bon western au casting international (Charles Bronson, Toshiro Mifune, Alain Delon, Ursula Andress).Toshiro Mifune joue un samouraï qui doit retrouver un sabre et qui prend Charles Bronson en otage. Vous apprendrez comment se débarrasser d’un moustique qui vous importune, vous serez sans doute amusé par la dégaine d’Alain Delon qui ressemble plus à mon petit neveu dans sa panoplie de cowboy qu’à un homme de l’Ouest, et vous passerez un moment finalement assez agréable. J’ai toujours du mal à adhérer au fait qu’un homme avec un sabre puisse se jouer d’un type avec une arme à feu (fût il Alain Delon), mais il ne faut pas que cela vous gâche votre plaisir !
Sabata Frank Kramer (1969)
Lee Van Cleef habillé tout de noir apparaît tel un héros qui n’a pas d’histoire, pas d’ambition à part l’argent, pas de vengeance à réaliser, pas d’intérêt pour les femmes mais beaucoup de ruse. Il utilise un pistolet bizarre à 4 canons et un fusil très longue portée. Banjo lui, dissimule une Winchester dans son Banjo, on a pas mal d’acrobates qui font des sauts périlleux à la moindre occasion, des politiciens véreux que Sabata va faire chanter, et surtout, beaucoup, beaucoup de morts. Importants moyens pour un film sympathique, auto-parodique et sans prétentions, dénué de tout sérieux et qui se laisse regarder sans déplaisir. Il y a une suite, Le Retour de Sabata, du même Frank Kramer
Adios Sabata Frank Kramer (1970)
Malgré le titre, il ne s’agit pas d’un Sabata, mais ça y ressemble beaucoup. Yul Bryner est habillé tout de noir, son arme est un fusil à chargeur horizontal dont la dernière balle est un cigare, histoire de se détendre après avoir descendu six où sept malheureux soldats. Un de ses complices fait un saut périlleux à chaque fois qu’il doit monter à cheval, un autre lance des billes de plombs avec ses pieds d’une distance et d’une précision incroyables. Le général autrichien lui, comme d’habitude, tire les peones comme des lapins. Comme par hasard, tout ce beau monde est attiré par un gros tas d’or et de ce fait les cadavres se comptent par centaines. La mort n’a pas beaucoup d’importance ici, on meurt comme on attrape une mauvaise grippe et il n’y a rien d’anormal à ce que trois ou quatre individus viennent à bout d’une armée entière, tant qu’on a la manière et la nitroglycérine. Comme pour Sabata du même réalisateur, ce film dispose d’un gros budget pour un gros n’importe quoi qui enchaîne les scènes d’action sans trop se soucier de raconter une vraie histoire. On ne peut pas dire que ce soit complètement déplaisant, mais on ne peut pas dire que ce soit le Bon la brute et le truand non plus… Bonne musique de Bruno Nicolaï qui se démarque de Morricone.
Le Dernier des Salauds Ferdinando Baldi (1969)
Isabel, son frère Sebastian et leur ami Rafael ont échappé de peu à un massacre quand ils étaient petits. Devenus grands, Sebastian et Rafael vont chercher à se venger. Pas inoubliable, Le Dernier des Salauds contient quand même quelques personnages et thèmes intéressants : Rafael a été émasculé par les baddies et aime Isabel d’un amour impossible. Isabel a été mariée de force à un pauvre commerçant. Celui-ci aime Isabel de tout son cœur, tout en étant conscient qu’elle ne l’aimera jamais. C’est ce genre de petits personnages secondaires bien interprétés qui sauvent un film de la banalité. Belle musique.
Mon nom est Shangaï Joe Mario Caiano (1973)
Un chinois karatéka se retrouve dans l’Ouest espagnol. Il se trouve confronté au racisme des cowboys, à des trafiquants d’esclave, à Klaus Kinski chauve et à un autre chinois karatéka qui est passé du côté obscur (il utilise un pistolet!). Du coup ça frite, ça tatane, ça rétame tant que ça peut face à des gens pourtant bien armés. Bon, c’est bien réalisé, le choc des cultures est drôle et on passe un bon moment. Je n’ai jamais été convaincu par les westerns kung fu, mais pour ceux qui aiment… Le DVD Seven 7 Version intégrale, y compris les trucs un peu gore pour les amateurs. An niveau des bonus, un doc entier sur Klaus Kinski qui apparaît seulement cinq minutes dans le film, ça fait un peu remplissage. D’autant que les seules images d’archives venant illustrer le propos sont uniquement tirées du film même, alors on tourne vite en rond. Mais à ce prix là, c’est déjà pas mal.
Arizona Colt Michele Lupo (1966)
Tentative semi-réussie de retrouver la bonne humeur d’Un pistolet pour Ringo. Arizona Colt joué par Guiliano Gemma est tout sourire et decontracté, comme l’ensemble du film, mais bon, à tout prendre, Un pistolet pour Ringo est plus drôle et plus réussi.
Le Jour du Jugement Mario Gariazzo (1971)
Ty Hardin veut se venger de la mort de sa femme. A chaque fois qu’il provoque l’un des meurtriers en duel, il enclenche un petit jouet mécanique qu’il a retrouvé dans les cendres de sa maison. Lorsque le jouet a fini de bouger, les deux opposants dégainent. Entre chaque duel, notre héros se déguise en ce qui l’arrange et joue au croque-mort prédicateur. La symbolique des cercueils est bien utilisée. Ceci dit, la mise en scène n’est pas à la hauteur et on s’ennuie ferme. Le truc du jouet n’est qu’un repompage sans âme de la montre de Gian Maria volonte, et le tout s’oublie bien vite.
5 Gâchettes d’Or Tonino Cervi (1968)
Bud Spencer sur un cheval est toujours aussi drôle à voir, on dirait qu’il monte un poney… Mais cinq gâchettes d’Or n’est pas un western comique. Histoire archi-classique de vengeance, le film vaut par le rôle du méchant, sorte de samouraï mexicain (mais joué par un japonais) armé d’une machette. Le final dans les bois brumeux est assez prenant et les décors tranchent avec l’habituel désert d’Alméria. Pour le reste, c’est du classique, sans passion et sans éclat.
La Colline des Bottes Giuseppe Colizzi (1969)
Abusivement re-titré Trinita va tout casser, ce film avec Bud Spencer et Terence Hill n’est pas du tout une comédie. C’est un western sympathique qui fait dans l’original en inscrivant l’action dans le monde du spectacle (dans un cirque ambulant). Sympathique sans plus.
Gentleman Killer Giorgio Stegani (1968)
Une région à la frontière du Mexique est dans l’expectative, on ne sait pas encore si elle sera sous contrôle mexicain ou si elle restera américaine. Une bande de bandits mexicains en profite pour prendre le pouvoir et supprimer le représentant de l’armée américaine encore en place. Arrive un joueur de carte qui sait jouer à autre chose qu’au poker et qui va tenter de rétablir l’ordre. Bien fait, sans prétention, j’ai aimé le final assez inattendu où c’est l’armée mexicaine régulière qui prête main forte au héros.
Les nanars sympas :
T’as le bonjour de Trinita Ferdinando Baldi (1967)
Quand on voit le DVD (éditeur Evidis), et le titre, on s’attend au pire. Rita del West, jeune femme qui tire juste et frappe fort est complice avec un chef indien (Gordon Mitchel) qui se trimballe avec un club de golf. Ils cherchent à amasser le plus d’or possible pour le détruire, car l’or avilit l’homme. Sur sa route, Rita devra se mesurer à Ringo sous son poncho et à Django, qui tire toujours son cercueil avec ses mains bousillées. Puis elle trouvera l’amour en la personne de Trinita, bien que ce film soit antérieur à la série des Trinita. Difficile de ne pas au moins sourire devant cette caricature en règle de tous les poncifs du Western Italien : le shérif cherche vainement à empêcher Ringo d’aller abattre un ancien complice, puis découragé il lance « c’est bon c’est bon, je vais chercher les cercueils ! », Django réclame une mort « à l’américaine », la scène des pieds de Et pour quelques dollars de plus est parodiée, les personnages lancent des citations du genre « Confucius disait toujours : rends moi mon or ducon » ou encore « Trotsky disait toujours : quand faut y aller, faut y aller… ». Impossible de faire la part entre les gags réellement présents dans le film d’origine et les gags rajoutés au petit bonheur la chance par l’équipe de doublage. Le DVD précise que la bande son est en stéréo, ce qui laisserait supposer que les dialogues ont été entièrement retravaillés comme pourrait le faire penser une allusion à Cap Canaveral avant l’explosion des grottes. Remix où non, le film en devient très drôle. La jaquette annonce 90 min alors que le film en fait 80. Il s’agit donc de la version française où toutes les chansons ont été enlevées.
AcquaSanta Joe Mario Gariazo (1971)
Un chef de bande (Ty Hardin) vole un canon pour attaquer une banque. Pas de chance, dans cette banque il y a 50000 dollars appartenant à Acquasanta Joe (Richard Harrisson). Celui-ci va tout faire pour le récupérer. Film fauché, Acquasanta Joe est quand même sympathique : une musique joyeuse, des comédiens qui s’amusent, un ton parfois décalé (en pleine poursuite, Ty Hadin cueille des mûres). Le final est un grand n’importe quoi, les comédiens courent dans tous les sens dans ce qui ressemble à une carrière d’argile et tirent à tout va en se ratant sans arrêt. Et si vous tenez jusqu’au bout, vous aurez droit à une sorte de duel entre un homme armé d’un canon, face à Acquasanta Joe armé d’un arc! Allez, ne nous mentons pas, c’est complètement nul, mais ça fait bien plaisir quand même.
7 Winchester Pour un Massacre Enzo Girolami (1967)
Après la fin de la guerre de sécession, un aventurier s’introduit dans une bande de renégats sudistes à la recherche d’un trésor. Pas grand-chose à sauver de ce petit film de série B. Le héros manque de charisme, mais comme bonus, certaines scènes sont involontairement comiques. Une fois de plus, le final se passe dans des grottes, ce qui réveille un peu le spectateur, mais on a déjà vu ça en mieux ailleurs. Seul le twist final sur la nature du trésor est assez rigolo : spoilers : le trésor est en ancienne monnaie sudiste qui n’a plus cours valable !
Deux Associés, un Génie, une Cloche Damiano Damiani (1975)
Dans l’absolu, il est difficile de prétendre que Deux Associés, un Génie, une Cloche est plus mauvais que On l’Appelle Trinita par exemple. Sauf que le film arrive cinq ans après la série des Trinita et n’apporte rien au genre auto-parodique alors très à la mode. Contrairement à Mon Nom Est Personne, produit par le même Leone, Deux Associés, un Génie, une Cloche ne parvient pas à offrir autre chose que la parodie. Reste le plaisir de voir Miou Miou, Robert Charlebois, Terence Hill et Klaus Kinski. Si, comme moi, vous avez vu ce film étant jeune et qu’il vous avait fait mourir de rire, alors il garde peut être une petite place dans votre cœur.
On a tout lu et entendu sur ce film : un navet sans nom, une merde sans nom, une daube sans nom, une chiure sans nom et j’en passe. Oui et bien moi je l’adore ce film, certains aiment 6e Sens, moi non. Bref je m’égare, la force du film, déjà, c’est de s’attacher à des anti-héros (un ivrogne, un joueur de carte, un neuneu, une prostituée enceinte) et de suivre leur lente descente aux enfers, comme dans Délivrance (il faut bien que je cite des vrais bons films pour essayer de vous convaincre…). Hé ouais, pour une fois, pas de trésor, pas de vengeance qui se mange froide, pas de héros au regard sombre qui tire super vite. Après le pogrom puritain initial, les coups de feu se comptent sur les doigts de la main. Ces anti-héros rencontrent le mal en personne : Chaco, joué par Tomas Milian évidemment, qui d’autre ? Chaco torture un shérif, humilie nos marginaux de façon ignoble et laisse tout le monde pour mort. Le joueur de carte et la prostituée se retrouvent dans un village de mineur, et là l’enfant naît, et on a droit à une très très longue séquence où les mineurs sont tout sourires et tous mielleux comme dans un mauvais Walt Disney. Ainsi Fulci montre les deux facettes de l’homme : la violence la plus atroce envers les êtres, et l’attendrissement le plus niais devant la vie qui commence. Mais ce qui est le plus frappant dans cette histoire, c’est la mélancolie qui baigne tout le film, cette lenteur qui épouse le cheminement des protagonistes. La musique est belle, les personnages gardent leur part de mystère, et la scène finale est atroce.
El Chuncho/Keoma El Chuncho Damiano Damiani (1966)
Western politique, El Chuncho évoque de façon détournée les agissements de la CIA en Amérique Latine. Le film commence très fort avec un officier de l’armée mexicaine attaché en croix sur la voie ferrée. Gian Maria Volonte tient ici son meilleur rôle de western, mélange de cabotinage drôle et d’ambiguité menaçante. Klaus Kinski en prêtre adepte de la grenade vaut également le détour, ainsi que Lou Castel, en Gringo froid et énigmatique. La musique de Bacalov, assez semblable, voire identique, à celle de Django, est intéressante et s’éloigne des sentiers battus par Morricone.
Keoma Enzo G Castellari (1976)
Chant du cygne, dernière cartouche, ode au genre en fin de course, enterrement de toute beauté, Keoma est considéré comme le dernier grand western italien. Tous les poncifs sont présents, Franco Nero est en grande forme, le scénario est fouillé, en particulier dans les rapports familiaux frères/demi-frères avec leur père, et la musique, dont les chansons accompagnent l’intrigue, est tout simplement sublime. Sans oublier les personnages symboliques (la mort) et le désenchantement poignant de l’ensemble.
Tire Encore Si Tu Peux Giulio Questi (1967) Un ovni…
Dans la forme, ce film est un western : des indiens, des peones, des bandits… Mais on apprend dans les bonus que le réalisateur a fait un western parce que c’était plutôt la mode du western à ce moment là. Du reste, si ça avait été encore l’époque du péplum, il aurait fait un péplum et ça aurait donné exactement le même film. Soit une œuvre complètement inclassable, imprévisible et presque surréaliste. Le film est émaillé de moments « chocs » nullement gratuits mais bien évidemment devenus cultes de part leur aspect parfois gore, parfois suggéré, toujours inattendu. Certains de ces effets fonctionnent toujours très bien, d’autres ont malheureusement mal vieillis. Un film dérangeant donc, avec une atmosphère fantastique malsaine, qui réussit avec peu de moyens à dépeindre la cruauté humaine. Tomas Milian traverse le film comme un fantôme, hagard et loin des clichés du héros fier et ténébreux (mais Tomas Milian est presque un cliché à lui tout seul). Les deux notables crapuleux qui se disputent l’or forment une incarnation effroyable de la cupidité humaine. Déconseillé aux âmes sensibles.
Pour une Poignée de Dollars Sergio Leone (1964) L’origine
Alors oui en 1964 ce film a dû créer un choc assez intéressant dans la tête des gens. Enfin un western où on arrête de papoter avec les dames pour en venir directement à ce qui est intéressant dans le western : les coups de révolver. Pourtant si on se souvient encore de ce film plus de quarante ans après, c’est que le concept va plus loin. Il y a le bruit des coups de révolver, différent selon chaque type d’arme avec un écho amplifié, il y a Clint Eastwood et son poncho qu’il soulève avant les duels, il y a son cigare machouillé de gauche à droite et sa barbe de trois jours, il y a la musique pompée sur Rio Bravo, il y a le gros plan sur les bottes de Gian Maria Volonte, il y a son rire démoniaque, il y a le passage à tabac bien plus graphique que par le passé et les sales gueules des Rodos qui se marrent pendant le massacre des Baxters, il y a les répliques laconiques et le duel « revolver contre winchester », il y a Ramon qui hurle « Juvio ! » pour que son homme de main lui passe sa fameuse winchester, il y a la cuirasse métallique, il y a l’homme sans nom qui apparaît derrière un nuage de poussière, le siffleur qui emmène la musique vers des territoires inédits, l’utilisation des morts à des fins lucratives, la mitrailleuse qui crépite, le gros qui se fait écraser par un tonneau, et cette scène poignante ou Marian Koch retrouve son fils au beau milieu d’un échange d’otages. Bref la classe. Personnellement c’est le western de Sergio Leone que j’ai découvert en dernier, alors la déception a quand même été forte car il est loin d’être aussi abouti que les suivants. Mais si on le replace dans la genèse du genre, c’est le film qui a changé l’histoire du cinéma (carrément) alors chapeau !
Colorado Sergio Sollima (1967) L’art de la fuite
Cours Cuchillo, cours… Le peon a tout compris de la justice des blancs, il sait que ce n’est pas la peine de tenter de s’expliquer quand on l’accuse du viol et du meurtre d’une fillette de 12 ans. Il s’enfuit illico. Le peon est un être qui passe sa vie à fuir. Mais ici, le peon est plus intelligent qu’il n’y paraît. Colorado est le premier western, très réputé, de Sergio Sollima, avec Lee Van Cleef et Tomas Milian. Lee Van Cleef interprète un Chasseur de prime « juste » qui pourchasse Cuchillo (Tomas Milian). Le film se présente un peu comme un film à sketches, où chaque sketch raconterait une arrestation manquée de Cuchillo par Lee Van Cleef. A chaque nouvel épisode, le chasseur de prime en apprend un peu plus sur Cuchillo et se rend compte qu’il n’est peut être pas le meurtrier qu’on lui a dépeint, et que lui-même a peut être été manipulé. Souvent encensé pour ses aspects politiques, Colorado séduit également par son héros Cuchillo, héros éternellement en haillons, sale, sans arme ou presque, mais roublard, rusé et extrêmement sympathique malgré tout. Où le voir ? Disponible en zone 2 en Allemagne (Italo Western Box) et en Italie, mais bien sûr sans sous-titres français. En outre la version européenne est incomplète. Une histoire abracadabrantesque court à ce sujet : il paraît que la personne qui détient les droits de la version complète en Italie refuse obstinément que cette version complète soit visible hors d’Italie. Donc chers lecteurs, si vous voulez découvrir ce fleuron dans son intégralité, vous devez le voir en italien.
Le Temps du Massacre Lucio Fulci (1966) Un très bon classique :
Franco Nero revient chez lui, et ce qu’il trouve ne lui plaît pas du tout : la région est sous la coupe du clan Scott et son frère est devenu alcoolique. Scénario archi-classique, mais très bonne réalisation. La relation entre Nero et son frère alcoolique est très bien mise en relief, de même que les rapports entre le patriarche Scott et son fils psychopathe et maniaque du fouet. Le Temps du Massacre est le parfait exemple du western spaghetti réussi, avec tous les poncifs du genre (ville sous la coupe d’une fratrie, héros meurtri, massacre à la fin…) avec en plus une musique plaisante et une séquence au fouet particulièrement traumatisante. Ce film est généralement considéré comme bien supérieur aux Quatre de L’Apocalypse du même Fulci. Il est vrai que le rythme est plus énergique et que le film est plus proche de l’idée que l’on se fait généralement du western spaghetti, mais les Quatre de l’Apocalypse m’a plus surpris au niveau de l’originalité du scénario. Où le voir : En VHS (Atlantic Video 1987) ou DVD zone 1 version anglaise sans sous-titres (Massacre Time, éditeur DWN). DVD italien Le colt cantarono la morte e fu tempo di massacro, italien sous titré italien. A priori, version complète dans les trois cas (85 min)
La Mort était au Rendez Vous Guilio Petroni (1967) Un des meilleurs ?
Tout est bon dans ce film : le début poisseux avec ces hommes en long manteaux sous la pluie, la façon dont le jeune enfant se rappellera de chaque signe distinctif des meurtriers de sa famille, la musique oppressante de Morricone, la relation père/fils entre Lee Van Cleef et John Philip Law, le final dans la tempête de poussière, la séquence ou les habitants du village mexicain sortent tous de leurs maisons... La mise en scène est à la hauteur, la musique est bien employée, la mort est une notion grave et importante même chez les méchants, contrairement à de si nombreux westerns spaghetti où les morts sont oubliés sitôt tués.
Les films intéressants pour aller plus loin :
Un Homme, un Cheval un Fusil Antonio Margheriti (1969)
Klaus Kinski joue un forçat tout juste libéré et bien décidé à se venger de ceux qui l’ont fait injustement condamner. Pendant une heure, peu de coups de feux, la tension monte lentement, puis la violence prend son envol. Toute l’action est concentrée en une seule nuit, pendant une tempête déchaînée, avec la cloche de l’église qui sonne interminablement. Une belle atmosphère fantastique, un Klaus Kinski sobre et crédible, une bande son oppressante ; ce film, connu également sous le titre Et le Vent Apporta la Violence, est une des réussites du western italien.
Compañeros Sergio Corbucci (1970) Une bonne comédie Zapatta
Du Moriconne, un type avec un écouteur à la place de l’oreille, de l’action et du rire, Compañeros est une excellente comédie Zapatta signée Corbucci. Avec Tomas Milian et Franco Nero le pingouin qui cabotinent chacun dans leur genre. Et puis Terence Stamp et son faucon sont vraiment drôles. Loin, très loin de Django ou du Grand Silence, Corbucci montre ici une autre facette de son talent.
Saludos Hombre Sergio Sollima (1968)
C’est le troisième western du troisième Sergio. C’est aussi son western le moins réputé, encore que depuis que Tarantino cite ce film parmi ses influences, on a droit à un T noir dans Télérama. Tomas Milian reprend le rôle de Cuchillo, un peone qui cache des couteaux partout sur lui et qui sait s’en servir. Cuchillo se retrouve malgré lui à la recherche d’un trésor destiné à la révolution mexicaine (trésor + révolution mexicaine, l’équation magique du western spaghetti…), avec toute une clique de gens patibulaires à ses trousses. Hop. Au fur et à mesure que Cuchillo se ballade en poncho, en haillons, voire presque à poil dans le Mexique espagnol, sa conscience politique se réveille et il prend conscience des enjeux de la révolution. Oui enfin, ça c’est ce qu’on veut bien voir quand on est de bonne humeur, car le message sous-jacent est vraiment très très sous-jacent, voire six pieds sous jacent (cherchez pas). Il reste que le coté sur-jacent est lui assez réussi. Des duels à tours de bras, dont un duel plutôt original entre Cuchillo et son couteau et un méchant Français et son revolver, une scène nocturne plutôt bien menée, et Tomas Milian, toujours aussi génial, toujours aussi charismatique. Et puis un Western qui présente un (anti)héros mexicain qui n’utilise pas de revolver ne peut pas être mauvais.
Blindman le justicier aveugle Ferdinando Baldi (1971) Déconseillé aux âmes sans humour :
Blindman est un film qui n’a peur de rien, et surtout pas du ridicule. Et pas de l’excès non plus ! Consacrer un aussi gros budget sur un scénario aussi délirant, les producteurs devaient être eux-mêmes aveugles. Pourtant, bien leur en a pris ! C’est l’histoire d’un pistolero aveugle, qui se ballade sur son cheval d’aveugle avec une Winchester à baïonnette en guise de canne blanche. Il a un contrat pour retrouver un convoi de 50 femmes enlevées par un chef desperado (et son frère joué par Ringo Starr). Ledit chef desperado commande une petite armée d’hommes de main au look Mad Max parfaitement assumé. Les femmes sont destinées à un général (mexicain comme il se doit), prétexte à montrer plein de femmes nues se faisant asperger d’eau d’abord, puis plein de femmes habillées martyrisées par les officiers mexicains ensuite. Mais finalement, tout cela n’aura servi à rien puisque le chef desperado décide de massacrer tous les destinataires. De toute façon, à quoi ça sert une armée mexicaine, à part se faire décimer à la mitrailleuse? Le pistolero aveugle lui pendant ce temps là, réajuste ses haillons et son chapeau plat et descend frénétiquement quatre hommes de Ringo Starr. Car il est aveugle, mais il tire juste le bougre ! Et tout ça n’est que le début ! Ici, c’est au spectateur de décider. Soit c’est un nanar grandiose, soit c’est le plus grand western de tous les temps ! Et ça peut aussi être les deux à la fois ! Le plus fort, c’est que le film fonctionne parfaitement, la mise en scène de Baldi est très fluide, le scénario se tient malgré tout, et Tony Anthony parvient à émouvoir dans son rôle d’aveugle qui poursuit son but obstiné malgré son handicap ! Même Ringo Starr, en bad guy amoureux est touchant. A ne pas manquer, mais veillez à être dans de bonnes conditions d’humeur et d’entourage (ie, pas avec votre grand-mère…), sinon vous aurez raté votre rendez vous avec Blindman.
Un pistolet pour Ringo Duccio Tessari (1965)
Ringo saute, sourit de ses belles dents blanches, tire vite et juste, et ne se prend pas au sérieux. Ringo c’est Giuliano Gemma, véritable star au Japon (juste derrière Alain Delon), nous apprend sa fille dans les bonus. Le visage propre, l’œil pétillant, Ringo est très loin de l’archétype du tireur mystérieux à la Clint Eastwood. Qu’est ce qu’on a ici ? Un shérif et ses aides, une bande de bandits mexicains qui tient un ranch en otage, et Ringo au beau milieu qui cherche uniquement son intérêt. Le film est drôle, rythmé, et ne se prend pas au sérieux. C’est déjà pas mal.
Le retour de Ringo Duccio Tessari (1965)
Ah que j’aime ce type d’histoire ! Ringo revient chez lui et découvre que des bandits mexicains ont pris le pouvoir par la force dans sa petite bourgade. Ils ont aussi investi sa maison, et le chef s’est octroyé sa femme. Sa petite fille de 4 ans qu’il n’avait jamais vue sert d’otage. Pendant une heure de film, Ringo, déguisé et méconnaissable se lamente sur son sort, se fait molester par les bandits, ne sait plus réagir et devient presque une loque humaine. Finalement, il se réveille et là ça barde ! Il est aidé par quelques acolytes dont Myosotis, petit gringalet qui s’évertue à faire pousser des fleurs dans le désert. Tout ça est agréablement fait et la détresse de Ringo au début est poignante. Ce film est très différent du premier Ringo, il y a peu d’humour, plus de fantastique, et on retrouve avec plaisir l’ensemble de la figuration du premier opus.
Le dernier jour de la colère Tonino Valerii (1967)
Film de Tonino Valerii, le dernier jour de la colère n’atteint pas le lyrisme désenchanté ni la beauté formelle de Mon Nom est Personne. Preuve que Leone a bel et bien imposé sa marque sur ce dernier. Malgré tout, le scénario recycle très intelligemment le thème classique du rapport père/fils entre un jeune tireur et son mentor. Lee Van Cleef change un peu de registre et dépeint un personnage ambigu et égoïste. Vous aurez également droit à un duel tout à fait original, à cheval, et avec une vieille pétoire à un coup. La musique est belle mais ne dispose pas de suffisamment d’ampleur pour prendre la place qu’elle mérite. Dans l’ensemble, un très bon western.
Pas de pitié pour les salopards Giorgo Stegani (1968)
Trois malfrats marginaux, genre Pieds Nickelés, commettent des vols sans violence ni armes. Ce trio assez sympa, refusant de travailler normalement, vole la paie des mineurs, et là, les choses commencent à se gâter. Avec Lee Van Cleef qui cette fois change complètement de registre en délaissant son habituel rôle de pistolero infaillible, Bud Spencer en banquier sans barbe et Gordon Mitchell en tueur cruel et implacable, ce film est une bonne surprise, par son ton légèrement décalé, sans pour autant être inoubliable.
Tepepa Giulio Petroni (1968)
Un western avec Tomas Milian et Orson Welles, c’est une offre qu’on ne peut pas refuser. Un jeune docteur anglais (John Steiner) cherche à se venger de Tepepa (Tomas Milian), chef révolutionnaire qui a violé sa fiancée. Il rate son coup et découvre petit à petit la vraie nature charismatique du héros Tepepa. Le docteur va-t-il mener sa vengeance à bien ? Qu’est ce qui est le plus important, demande Tepepa, une fille où la révolution? Réponse en fin de film. Western Zapatta plus profond qu’il n’y paraît, Tepepa manque cependant un peu de rythme et de passion, même pendant l’habituelle scène où les militaires mexicains se font décimer. Orson Welles joue le méchant colonel de l’armée régulière mexicaine. Son rôle est moins caricatural et plus déterminant pour le déroulement de l’intrigue que d’habitude dans le genre révolutionnaire. Musique d’Ennio Morricone.
On l’Appelle Trinita/On Continue à l’Appeler Trinita Enzo Barboni (1970 / 1971)
Responsables du déclin du western à l’italienne, On l’Appelle Trinita et sa suite On Continue à l’Appeler Trinita sont deux films très drôles pourvu que l’on soit bon public et que l’on aime bien les rots, les pets, les fayots et les baffes. Tous les clichés du western italiens sont tournés en ridicule, la saleté et la crasse dominent, et la violence sérieuse n’existe plus. Les baffes ne font plus mal en vrai, la victime est juste un peu sonnée. Les coups de feu ne servent plus à tuer, et quelque part c’est agréable de voir tous ces protagonistes s’agiter dans un Ouest de cours de récréation.
Le Grand Duel Giancarlo Santi (1972) Un bon moment
Lee Van Cleef joue un shérif déchu qui protège mystérieusement un jeune pistolero recherché pour meurtre, et poursuivi par une bande de chasseurs de primes givrés que l’on croirait sorti de La Horde Sauvage. A part le look « Bee Gees » du jeune pistolero, l’ensemble du film est une très bonne surprise au ton assez décontracté. La scène inaugurale où Lee Van Cleef indique indirectement au Bee Gee la cachette des chasseurs de prime est un régal. Une fois arrivé en ville, on retrouve les thèmes favoris du western italien : la ville corrompue sous la coupe de trois frères qui tiennent les postes clés du pouvoir. Mais le portrait des trois frères en question est assez recherché, pas exagérément manichéen, ni caricatural (à part peut être celui de l’homosexuel frustré). Petit à petit, l’intrigue se dévoile et on comprend pourquoi Lee Van Cleef cherche à protéger le Bee Gee, et pourquoi il n’a plus le droit de porter l’insigne de shérif. Le tout dans une superbe musique de Bakalov (reprise dans Kill Bill). Bref, le film parfait pour un dimanche soir. Ne téléchargez pas ce film chez vous, c’est illégal. Téléchargez le chez vos amis.
Qu’est ce que je viens foutre Au milieu de cette Révolution ? Sergio Corbucci (1972)
Un acteur italien (Vittorio Gassman) et un prêtre italien se retrouvent pris dans la tourmente de la révolution mexicaine. Tous les deux anti-héros trouillards, ils se retrouveront dans de nombreuses péripéties à base de déguisements multiples, de cabotinage hystérique, de véhicules divers (voiture, avion…) et de rencontres pittoresques. Derrière la farce, Corbucci montre une révolution de pacotille dont les peones et les indiens sont les éternelles victimes. Il distille aussi une réflexion sur le métier d’acteur qui culmine au moment où l’acteur italien doit interpréter, sous la menace, un Zapatta reniant ses convictions. Alors titre un peu nul d’accord, mais le film n’est pas nul du tout, même si le cataclysme permanent des deux acteurs peut finir par taper sur les nerfs.
El Magnifico Enzo Barboni (1972)
Terence Hill joue un pied tendre qui débarque dans l’Ouest. On imagine tout de suite les dégâts. Le film est un peu plus sobre et travaillé que les Trinita du même réalisateur. Moins de fayots et moins de crasse, le met est plus fin, et la comédie un poil plus subtile. Pas mal de casse quand même…
Pour les gros mordus seulement :
Avec Django la mort est là Antonio Margheriti (1968)
Le prologue est fulgurant, une mise à mort horrible qui justifie le titre anglais du film : Vengeance. Avec Django la Mort Est là est un film curieusement adoré par la critique à cause de l’atmosphère à la limite du fantastique qui baigne l’ensemble du film, et surtout pour la fin dans les grottes. Pourtant cet aspect fantastique est beaucoup moins présent que dans des films comme Tire Encore si tu peux, Un homme un cheval un fusil (du même réal) où même Keoma. Harrison a beau crisper la mâchoire comme Clint Eastwood, le frère de Gian Maria Volonte a beau jouer au dingue comme son frère, le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un « vrai » western fantastique.
Soleil Rouge Terence Young (1971)
Bon western au casting international (Charles Bronson, Toshiro Mifune, Alain Delon, Ursula Andress).Toshiro Mifune joue un samouraï qui doit retrouver un sabre et qui prend Charles Bronson en otage. Vous apprendrez comment se débarrasser d’un moustique qui vous importune, vous serez sans doute amusé par la dégaine d’Alain Delon qui ressemble plus à mon petit neveu dans sa panoplie de cowboy qu’à un homme de l’Ouest, et vous passerez un moment finalement assez agréable. J’ai toujours du mal à adhérer au fait qu’un homme avec un sabre puisse se jouer d’un type avec une arme à feu (fût il Alain Delon), mais il ne faut pas que cela vous gâche votre plaisir !
Sabata Frank Kramer (1969)
Lee Van Cleef habillé tout de noir apparaît tel un héros qui n’a pas d’histoire, pas d’ambition à part l’argent, pas de vengeance à réaliser, pas d’intérêt pour les femmes mais beaucoup de ruse. Il utilise un pistolet bizarre à 4 canons et un fusil très longue portée. Banjo lui, dissimule une Winchester dans son Banjo, on a pas mal d’acrobates qui font des sauts périlleux à la moindre occasion, des politiciens véreux que Sabata va faire chanter, et surtout, beaucoup, beaucoup de morts. Importants moyens pour un film sympathique, auto-parodique et sans prétentions, dénué de tout sérieux et qui se laisse regarder sans déplaisir. Il y a une suite, Le Retour de Sabata, du même Frank Kramer
Adios Sabata Frank Kramer (1970)
Malgré le titre, il ne s’agit pas d’un Sabata, mais ça y ressemble beaucoup. Yul Bryner est habillé tout de noir, son arme est un fusil à chargeur horizontal dont la dernière balle est un cigare, histoire de se détendre après avoir descendu six où sept malheureux soldats. Un de ses complices fait un saut périlleux à chaque fois qu’il doit monter à cheval, un autre lance des billes de plombs avec ses pieds d’une distance et d’une précision incroyables. Le général autrichien lui, comme d’habitude, tire les peones comme des lapins. Comme par hasard, tout ce beau monde est attiré par un gros tas d’or et de ce fait les cadavres se comptent par centaines. La mort n’a pas beaucoup d’importance ici, on meurt comme on attrape une mauvaise grippe et il n’y a rien d’anormal à ce que trois ou quatre individus viennent à bout d’une armée entière, tant qu’on a la manière et la nitroglycérine. Comme pour Sabata du même réalisateur, ce film dispose d’un gros budget pour un gros n’importe quoi qui enchaîne les scènes d’action sans trop se soucier de raconter une vraie histoire. On ne peut pas dire que ce soit complètement déplaisant, mais on ne peut pas dire que ce soit le Bon la brute et le truand non plus… Bonne musique de Bruno Nicolaï qui se démarque de Morricone.
Le Dernier des Salauds Ferdinando Baldi (1969)
Isabel, son frère Sebastian et leur ami Rafael ont échappé de peu à un massacre quand ils étaient petits. Devenus grands, Sebastian et Rafael vont chercher à se venger. Pas inoubliable, Le Dernier des Salauds contient quand même quelques personnages et thèmes intéressants : Rafael a été émasculé par les baddies et aime Isabel d’un amour impossible. Isabel a été mariée de force à un pauvre commerçant. Celui-ci aime Isabel de tout son cœur, tout en étant conscient qu’elle ne l’aimera jamais. C’est ce genre de petits personnages secondaires bien interprétés qui sauvent un film de la banalité. Belle musique.
Mon nom est Shangaï Joe Mario Caiano (1973)
Un chinois karatéka se retrouve dans l’Ouest espagnol. Il se trouve confronté au racisme des cowboys, à des trafiquants d’esclave, à Klaus Kinski chauve et à un autre chinois karatéka qui est passé du côté obscur (il utilise un pistolet!). Du coup ça frite, ça tatane, ça rétame tant que ça peut face à des gens pourtant bien armés. Bon, c’est bien réalisé, le choc des cultures est drôle et on passe un bon moment. Je n’ai jamais été convaincu par les westerns kung fu, mais pour ceux qui aiment… Le DVD Seven 7 Version intégrale, y compris les trucs un peu gore pour les amateurs. An niveau des bonus, un doc entier sur Klaus Kinski qui apparaît seulement cinq minutes dans le film, ça fait un peu remplissage. D’autant que les seules images d’archives venant illustrer le propos sont uniquement tirées du film même, alors on tourne vite en rond. Mais à ce prix là, c’est déjà pas mal.
Arizona Colt Michele Lupo (1966)
Tentative semi-réussie de retrouver la bonne humeur d’Un pistolet pour Ringo. Arizona Colt joué par Guiliano Gemma est tout sourire et decontracté, comme l’ensemble du film, mais bon, à tout prendre, Un pistolet pour Ringo est plus drôle et plus réussi.
Le Jour du Jugement Mario Gariazzo (1971)
Ty Hardin veut se venger de la mort de sa femme. A chaque fois qu’il provoque l’un des meurtriers en duel, il enclenche un petit jouet mécanique qu’il a retrouvé dans les cendres de sa maison. Lorsque le jouet a fini de bouger, les deux opposants dégainent. Entre chaque duel, notre héros se déguise en ce qui l’arrange et joue au croque-mort prédicateur. La symbolique des cercueils est bien utilisée. Ceci dit, la mise en scène n’est pas à la hauteur et on s’ennuie ferme. Le truc du jouet n’est qu’un repompage sans âme de la montre de Gian Maria volonte, et le tout s’oublie bien vite.
5 Gâchettes d’Or Tonino Cervi (1968)
Bud Spencer sur un cheval est toujours aussi drôle à voir, on dirait qu’il monte un poney… Mais cinq gâchettes d’Or n’est pas un western comique. Histoire archi-classique de vengeance, le film vaut par le rôle du méchant, sorte de samouraï mexicain (mais joué par un japonais) armé d’une machette. Le final dans les bois brumeux est assez prenant et les décors tranchent avec l’habituel désert d’Alméria. Pour le reste, c’est du classique, sans passion et sans éclat.
La Colline des Bottes Giuseppe Colizzi (1969)
Abusivement re-titré Trinita va tout casser, ce film avec Bud Spencer et Terence Hill n’est pas du tout une comédie. C’est un western sympathique qui fait dans l’original en inscrivant l’action dans le monde du spectacle (dans un cirque ambulant). Sympathique sans plus.
Gentleman Killer Giorgio Stegani (1968)
Une région à la frontière du Mexique est dans l’expectative, on ne sait pas encore si elle sera sous contrôle mexicain ou si elle restera américaine. Une bande de bandits mexicains en profite pour prendre le pouvoir et supprimer le représentant de l’armée américaine encore en place. Arrive un joueur de carte qui sait jouer à autre chose qu’au poker et qui va tenter de rétablir l’ordre. Bien fait, sans prétention, j’ai aimé le final assez inattendu où c’est l’armée mexicaine régulière qui prête main forte au héros.
Les nanars sympas :
T’as le bonjour de Trinita Ferdinando Baldi (1967)
Quand on voit le DVD (éditeur Evidis), et le titre, on s’attend au pire. Rita del West, jeune femme qui tire juste et frappe fort est complice avec un chef indien (Gordon Mitchel) qui se trimballe avec un club de golf. Ils cherchent à amasser le plus d’or possible pour le détruire, car l’or avilit l’homme. Sur sa route, Rita devra se mesurer à Ringo sous son poncho et à Django, qui tire toujours son cercueil avec ses mains bousillées. Puis elle trouvera l’amour en la personne de Trinita, bien que ce film soit antérieur à la série des Trinita. Difficile de ne pas au moins sourire devant cette caricature en règle de tous les poncifs du Western Italien : le shérif cherche vainement à empêcher Ringo d’aller abattre un ancien complice, puis découragé il lance « c’est bon c’est bon, je vais chercher les cercueils ! », Django réclame une mort « à l’américaine », la scène des pieds de Et pour quelques dollars de plus est parodiée, les personnages lancent des citations du genre « Confucius disait toujours : rends moi mon or ducon » ou encore « Trotsky disait toujours : quand faut y aller, faut y aller… ». Impossible de faire la part entre les gags réellement présents dans le film d’origine et les gags rajoutés au petit bonheur la chance par l’équipe de doublage. Le DVD précise que la bande son est en stéréo, ce qui laisserait supposer que les dialogues ont été entièrement retravaillés comme pourrait le faire penser une allusion à Cap Canaveral avant l’explosion des grottes. Remix où non, le film en devient très drôle. La jaquette annonce 90 min alors que le film en fait 80. Il s’agit donc de la version française où toutes les chansons ont été enlevées.
AcquaSanta Joe Mario Gariazo (1971)
Un chef de bande (Ty Hardin) vole un canon pour attaquer une banque. Pas de chance, dans cette banque il y a 50000 dollars appartenant à Acquasanta Joe (Richard Harrisson). Celui-ci va tout faire pour le récupérer. Film fauché, Acquasanta Joe est quand même sympathique : une musique joyeuse, des comédiens qui s’amusent, un ton parfois décalé (en pleine poursuite, Ty Hadin cueille des mûres). Le final est un grand n’importe quoi, les comédiens courent dans tous les sens dans ce qui ressemble à une carrière d’argile et tirent à tout va en se ratant sans arrêt. Et si vous tenez jusqu’au bout, vous aurez droit à une sorte de duel entre un homme armé d’un canon, face à Acquasanta Joe armé d’un arc! Allez, ne nous mentons pas, c’est complètement nul, mais ça fait bien plaisir quand même.
7 Winchester Pour un Massacre Enzo Girolami (1967)
Après la fin de la guerre de sécession, un aventurier s’introduit dans une bande de renégats sudistes à la recherche d’un trésor. Pas grand-chose à sauver de ce petit film de série B. Le héros manque de charisme, mais comme bonus, certaines scènes sont involontairement comiques. Une fois de plus, le final se passe dans des grottes, ce qui réveille un peu le spectateur, mais on a déjà vu ça en mieux ailleurs. Seul le twist final sur la nature du trésor est assez rigolo : spoilers : le trésor est en ancienne monnaie sudiste qui n’a plus cours valable !
Deux Associés, un Génie, une Cloche Damiano Damiani (1975)
Dans l’absolu, il est difficile de prétendre que Deux Associés, un Génie, une Cloche est plus mauvais que On l’Appelle Trinita par exemple. Sauf que le film arrive cinq ans après la série des Trinita et n’apporte rien au genre auto-parodique alors très à la mode. Contrairement à Mon Nom Est Personne, produit par le même Leone, Deux Associés, un Génie, une Cloche ne parvient pas à offrir autre chose que la parodie. Reste le plaisir de voir Miou Miou, Robert Charlebois, Terence Hill et Klaus Kinski. Si, comme moi, vous avez vu ce film étant jeune et qu’il vous avait fait mourir de rire, alors il garde peut être une petite place dans votre cœur.
jeudi, avril 06, 2006
L'humeur du jour.
The Shield.
"Au départ de The Shield, nous avons la rencontre entre un sale gosse (Shawn Ryan) et une petite chaîne câblée (FX) qui rêve de prendre la place de HBO (Soprano, Six Feet Under, Carnivale, Deadwood) dans le cœur du public. D’un côté Shawn Ryan, scénariste sur Angel, nourri à NYPD Blue, Homicide, et les polars de James Ellroy, et de l’autre FX qui cherche désespérément le projet ambitieux qui la propulsera au sommet. FX jette donc logiquement son dévolu sur Shawn Ryan, qui, après quelques années certainement traumatisantes dans l’univers de Whedon, décide de créer et écrire le pilote d’une série policière classique dans son univers, mais radicale, subversive et désespérée dans son traitement sans concession. Sur ce point il est important de souligner le courage de cette petite chaîne (à l’époque), qui malgré le boycott de plusieurs gros annonceurs puritains ne voulant être associés à la série, décida de maintenir sa production et sa diffusion, acte courageux dans le paysage audiovisuel incroyablement formaté par la publicité des années 2000. A ce titre le premier épisode est un modèle du genre et présente en 45 minutes l’immense potentiel de son background et de ses personnages. Nous suivons le quotidien d’un ripou, Vic Mc Kay et de sa Strike Team dans les rues de Farmington, quartier brûlant de Los Angeles. Dès les premières images, le choc visuel est immédiat grâce à l’utilisation presque exclusive de la caméra à l’épaule, de cadrage façon docudrama, en saturant les couleurs et en usant habilement d’un montage frénétique. Réalisé par Clark Johnson (SWAT, sic !), il réussit un travail remarquable et offre à The Shield une identité visuelle en parfaite adéquation avec l’univers crée par Ryan. Usant habilement de la dualité du scénario, il utilise la cité des anges comme acteur à part entière, cité désincarnée et tiraillée entre Hollywood et les ghettos ; il arrive à retrouver le lyrisme de cette ville mythique, notamment dans les scènes nocturnes, un peu comme Michael Mann (même si évidemment il ne travaille pas dans la même cour). Ainsi il contraste la brutalité des bas fonds de L.A pour poser les rapports humains dans le commissariat, ancienne église dans la série et la réalité, tout un symbole. Enfin, dernier coup de génie et incontestable pilier de toute la série, la profondeur et l’interprétation de tous les personnages principaux et secondaires, avec en tête d’affiche l’acteur Micheal Chiklis qui donne vie à l’inspecteur Vic Mc Kay, offrant sa carrure et surtout son charisme saisissant, nous permettant le plaisir coupable d’aimer à nouveau un enfoiré amoral. Usant d’une psychologie fouillée, fuyant constamment le manichéisme, il nous offre une galerie de personnages contrastés, éclectiques et surtout terriblement réalistes, laissant au téléspectateur le choix de les juger, de les aimer ou pas, mais n’oubliant jamais que ce sont des hommes pétris de doutes comme tout à chacun. On retrouve ici les séries qui l’ont influencé. Nous sommes donc à mille lieux de séries calibrées, certes avec un certain talent, que sont Les Experts (Csi), FBI porté disparu (Without Trace) et consorts, avec leurs personnages monolithiques et leur univers lisse. The Shield voit le jour en 2002 et remporte immédiatement un franc succès commercial et surtout critique. Shawn Ryan recevra un golden globe pour la meilleure série dramatique et Michael Chiklis en recevra un pour le meilleur acteur dans une série dramatique ainsi qu’un emmy awards, et nous n’en sommes qu’à la première saison. Tout commence avec le pilote de la série, véritable choc pour quiconque découvre innocemment ce qu'il croit être une simple série policière. Réalisé par le nerveux Clark Johnson (S.W.A.T.), The Shield contient dès les premières images les qualités esthétiques d'un film. Véritable plongée dans le quotidien bien dérangeant de la police de Los Angeles, filmé bien souvent caméra à l'épaule, on y fait connaissance avec les policiers d'une brigade située dans une des zones les plus "chaude" de LA. Aucun de ces héros n'est à première vue sympathique, chacun a ses défauts et même une morale douteuse, que ce soit dans ses investigations comme dans ses relations avec ses collègues. Torture, violence, tout est bon pour faire parler un suspect, au nom d'une justice qui se veut efficace mais également brutal. "Ce que veulent les citoyens ce sont des résultat" explique l'un des personnages, "quelque soit la méthode employée, ils sont prêt à fermer les yeux dessus.". Au milieu de ces personnages, l'un d'entre eux ressort en particulier : Vic Mackey. A la tête d'une brigade d'élite aux méthodes expéditives et souvent inavouables, Vic est corrompu, préférant entretenir quelques voyous pour en arrêter de plus gros. Véritable cible pour son capitaine qui fera tout pour le mettre sur la touche (à savoir l'envoyer passer le reste de ces jours en prison), Vic, personnage au faciès de grosse brute rappelant par quelques traits Bruce Willis, arrive à se faire haïr de nous spectateurs en moins d'un unique épisode au twist final renversant. A la fin de cet épisode pilote, on ne sait trop qui est le héros dans toute cette galerie de personnages peu sympathiques... La surprise n'en sera que plus grande lorsque durant les suivants, Vic s'imposera comme le personnage principal de l'histoire ! Fatigués des héros à la morale saine ? Mais le plus surprenant reste l'évolution de ces personnages. Sans pour autant excuser le moindre de leur acte répréhensible, bien au contraire, The Shield nous dépeint des policiers fragilisés par la violence démesurée du milieu dans lequel ils travaillent. Vic Mackey protège des enfants au péril de sa vie, supporte d'un amour presque paternel une prostituée l'aidant du mieux qu'il peut, sans jamais perdre se côté sombre qui l'habite, à la fois sa force et son fardeau. Chaque personnage de la série revêt donc une complexité développée d'épisode en épisode, devenant tous attachants. Rajoutons au crédit de la série un rythme infernal, de multiples rebondissements, des enquêtes hors-normes par rapport à ce que l'on a l'habitude de voir à la télévision (l'histoire du pédophile dans l'épisode pilote est presque traumatisante), et The Shield s'impose comme une série au ton révolutionnaire, aux effets addictifs et profondément attachante. La sortie en coffret DVD de la première saison est l'occasion rêvée d'enchaîner ses 13 épisodes les uns après les autres. En attendant frénétiquement la suite pour bientôt en DVD (Mai 2005)... C’est Michael Chiklis qui endosse le rôle délicat du ripou Vic Mackey. Plus habitué des rôles de second couteaux dans diverses productions, sa carrière décolle cependant en 1991 lorsqu’il décroche le rôle titre de la série The Commish (inédite en France). Cependant Michael Chiklis est avant tout un amoureux des planches, on le verra ainsi à Broadway tenir le rôle principal de Defending The Caveman. Acteur subtil sous la carrure d’un monsieur Propre, il incarne à la perfection ce flic ambigu, tiraillé dans sa conception radicale du monde. Pierre angulaire de The Shield, il offre au personnage de Mackay son charisme et une densité rare. Confronté épisode après épisode à la violence quotidienne des bas fond de L.A, et de l’Amérique en générale. Utilisant ses poings et son arme face à l’extérieur mais protecteur et d’une loyauté inébranlable envers sa famille et son équipe. Mackay campe un héros moderne, à l’image d’une Amérique apeuré par le monde qui l’entoure. Benito Martinez investi le rôle de l’anti-Mackay, David Aceveda, jeune chef du commissariat de Farmington. Rongé par l’ambition, tous ses actes ne servent que lui et sa carrière. Ennemi juré de Mackay dans la première saison, il veut le faire tomber pour s’offrir les faveurs du parti démocrate. Ils devront pourtant s’allier par la suite, lorsque les portes de la mairie s’ouvriront à lui. Rôle également ambigu, tour à tour détestable et intègre, il incarne la parfaite antithèse de Mackay. Interprète solide et même parfois très inspiré (saison 3), Benito Martinez ne semble jamais en décalage par rapport à Michael Chiklis. Connu pour son rôle dans le Mi Famila, il est également apparu au côté de Dustin Hoffman dans Outbreak , et plus récemment dans Million Dollar Baby de Clint Eastwood. Habitué des séries, il a fait des apparitions dans Firefly, NYPD Blue, X-files, Star Ttrek ou American Family. Intelligent, pertinent, psychologue et arrogant, l’inspecteur H.Dutch espère secrètement résoudre des affaires importantes de meurtre ou de tueur en série pour se faire un nom. Il est en équipe avec Claudette Wyms. Son perfectionnisme le pousse à se confronter régulièrement à la Strike Team et Vic en particulier, dont leurs rapports sont parfois tendu. C’est l’acteur Jay Karnes qui incarne l’inspecteur H.Ducth. Il est découvert par le producteur Joe Stern (Law & Order) lorsqu’il incarne Mercutio dans Roméo et Juliet au théâtre. Il apparaît par la suite dans de nombreuses séries TV telles que Ally Mc Beal, Judging Amy, Nash Bridges, The Pretender, Star Trek ou Frasier. La saison 2 de The Shield n’échappe pas à la règle de la surenchère, on craint alors que la violence assumée qui servait le script de la première saison devienne un élément commercial de la seconde. Mais ces craintes sont rapidement misent au placard tant le plaisir de retrouver la Strike Team est immense. On découvre également avec étonnement que Ryan ce joue des convenances marketing, pour nous servir une saison plus cohérente et encore plus fouillée. Chapeau l’artiste. La saison 2 démarre comme la première sur une double exposition. Une bande de mexicains qui en fond cramer d’autres d'un côté, et de l’autre la Strike Team transportant une cargaison de came pour le dealer Tio. Les problèmes commencent dès les premières secondes par l’arrestation de la Strike Team par une patrouille de policiers. Ryan ne perd donc pas de temps et décide d’oublier le rappel des enjeux pour les retardataires. Cependant une fracture de poids se profile. Aceveda couvre la Strike Team et Mackay lors de leur arrestation et lui propose une alliance contre nature, élément déjà esquissé dans le dernier épisode de la première saison. Aceveda est en bonne place pour devenir le prochain maire de L.A, mais pour cela il faut que Mackay continue à faire baisser la criminalité sans faire de vague, car l’arrivée d’un contrôleur civil au commissariat risque de révéler toutes les bavures de Vic et de sa Strike Team. Le pacte est scellé, même si l’on ne se fait aucune illusion quant à son issue. Ryan redistribue donc astucieusement les cartes tout en gardant la temporalité, jubilatoire. Enfin vers le milieu de la saison, nous verrons apparaître une sous- intrigue qui va devenir la principale, l’attaque du "Money Train". Les scénaristes décident également d’étoffer encore plus les seconds rôles, même si l’on peut une nouvelle fois reprocher la densité un peu extrême que cela crée. Ainsi Dutch et Wyms prennent plus de place et deviennent même petit à petit des personnages centraux. De même on voit l’apparition d’un vrai "badguymotherfucker", avec Armadillo, jeune sadique parrain de la mafia mexicaine. On sent ainsi rapidement que la saison 2 est plus cadrée, les arcs se mettent en place dès le début de la saison et la cohérence de l’ensemble est accrûe. On se rapproche ainsi plus d’une structure à la 24, où la saison est à prendre comme un bloc cohérent. Les scénaristes utilisent également plus l’imbrication de la vie personnelle des protagonistes avec leur quotidien de flic ; Vic se retrouve ainsi obligé de dépasser à nouveau les limites, non plus uniquement pour son boulot mais pour retrouver sa famille. Dutch s’assombrit également ; personnage quelque peu en décalage avec le reste du bercail dans la première saison, on le redécouvre ici dans une quête de compréhension des serial killer, et on le sent glisser peu à peu. Même Wyms et son indéboulonnable intégrité se laisse happer à son tour par son envie de prendre les rênes après le départ d’Aceveda. Enfin l’arrivée dans la Strike Team de Tavon, jeune black, est encore une fois une très bonne surprise, autant sur le point de l’acteur, impeccable, que sur son personnage qui s’intègre presque naturellement à l’équipe de choc et apporte une fraîcheur dont on n’avait pourtant pas l’impression d’avoir besoin. On se retrouve donc face à une saison 2, qui même si elle reste très proche de la saison 1 sur la forme, creuse d’autres thèmes. Ainsi Armadillo offre un vrai badguy à The Shield et un vrai challenge à Mackay, nous offrant à chacune de leur rencontre explosive de grands moments d’anthologie, notamment lorsque Vic lui crame littéralement la gueule. Bref The Shield continue sur les rails de l’excellence et c’est déjà assez rare pour le souligner. La saison 3 est pour beaucoup la meilleure car elle représente le tournant de cette série devenue culte. Après avoir laissé nos quatre flics de choc autour d’une table remplie d’une pyramide de billets verts, on les retrouve quelques semaines plus tard préparant leur plan pour faire profil bas. Dutch est chargé de l’enquête sur le braquage du Money Train, promettant encore une fois de jolies confrontations et sueurs froides pour nos héros. Mais les points majeurs de cette saison se situent ailleurs. D’un côté dans la gangrène qui se répand au sein de l’indestructible Strike Team et qui sera le fil rouge de la saison, et de l’autre la descente aux enfers d’Aceveda. Mais aussi la mise à pied de Dani, le mariage de Julian, les premiers pas de Wyms en chef de la Strike Team et enfin l’arrivée de l'équipe "Decoy Squad" qui va concurrencer l’équipe de choc. Cette troisième saison regroupe également le plus grand nombre de moments forts, émouvants, drôles ou dramatiques. Loin du côté surenchère, du toujours plus, Ryan se concentre plutôt sur la construction d’histoires complexes et sur le développement de ses personnages pour leur offrir une épaisseur presque inégalée dans une série policère. A ce titre la mise en abîme d’Aceveda est remarquable et terrifiante de sadisme, et comme il l’avait réussi dans la première saison pour Vic, le créateur de la série parvient à nous faire aimer ce personnage que l’on avait appris à détester. Une nouvelle fois, Ryan se joue des convenances et des codes, et redistribue les cartes brillamment. Cette troisième saison voit aussi le retour de Margos face à Vic. Le chef de la mafia arménienne, est sur les talons de la Strike Team et cherche à récupérer son argent. Badguy moins original qu’Armadillo dans son traitement mais beaucoup plus violent, l’homme est adepte de l’amputation. La confrontation est également inversée à la première, là où Armadillo et Vic s’étaient lancés dans une guerre ouverte, ici l’ombre de l’arménien plane sur la Strike Team sans qu’il apparaisse réellement et le tout se termine dans une confrontation astucieusement sobre et rapide. Parce que finalement ce n’est pas la confrontation directe entre le badguy et Vic qui est intéressante. The Shield saison 3 s’approche donc de la perfection dans son genre et il devient presque impossible de lui trouver quelques défauts. On retiendra ainsi la confrontation musclée entre Shane et Tavon qui touche son paroxysme dans un cliffhanger scotchant, les sévices subis par Aceveda qui vont remettre en cause toute sa vie, la rencontre entre Vic et son mentor qui nous offre la vision de ce que pourrait être Vic dans dix ans, Dutch tuant un chat (dit comme ça, ça ne ressemble à rien, mais la scène est l'une des plus traumatisante de la série), ou encore le passage à tabac de Julien. Sans oublier évidemment l’explosion de la Strike Team dans les derniers instants de la saison au travers d’une scène sobre ou chacun s’entredéchire. On reste là, spectateur de leur autodestruction, et l’on ne peut s’empêcher de se dire que tout cela était écrit dès le début. The Shield referme un premier livre avec ce final, et entame une petite révolution : la Strike Team n’est plus. Incontestablement la plus faible, la quatrième saison est un échec, la révolution amorcée en fin de saison 3 déstabilise complètement l’univers mis en place, et ce qui s’annonçait comme une bonne idée sur le papier retombe rapidement lorsque l’on voit le résultat. Aceveda est devenu conseiller municipal et Wyms qui devait reprendre le poste a été évincé et remplacé par Monica Rawling. De son côté Vic est presque rangé dans un placard et ne se contente que d’une affaire de surveillance avec Ronnie seul rescapé de l’explosion de la Strike Team. Shane est aux stups avec un nouvel équipier et Lem est parti aux mœurs. Après un démarrage un peu laborieux on découvre donc l’attraction de cette nouvelle saison en la personne de Glenn Close. Elle représente le nouveau chef de la police de Farmington à la place d’Aceveda. Malgré une interprétation solide et un rôle plutôt bien écrit, à côté la mayonnaise ne prend pourtant pas. Vic est devenu un bon flic qui suit les règles et tout un pan du potentiel du personnage s’écroule. Le nouveau badguy, Anthony Anderson, n’a rien de terrifiant et fait même parfois peine à voir. On commence donc à se remémorer les moments forts des saisons précédentes : rien dans cette quatrième saison ne fait le poids par rapport aux trois premières et l’on commence à se dire que Ryan a pris le melon et qu’il a cru pouvoir tout faire. Déjà réussir à nous faire aimer une crapule tueur de flics en la personne de Vic était un tour de force, mais vouloir que l’on continue en le transformant en une photocopie des autres flics de cop show transparent, c’est un peu tirer sur la corde. Bref, pas grand-chose à sauver et beaucoup de frustrations à la vision de cette saison. Mais que l'on se rassure : une mauvaise saison de The Shield renferme tout de même un grand nombre de qualités : la tension est bien présente, le scénario connaît de multiples rebondissements bien prenants, et la relation entre le personnage de Glenn Close et Vic Mackay évolue étrangement sans que l'on sache jusqu'au dernier épisode à quoi elle va aboutir. Mais la vraie jouissance reste le final, laissant présager un retour aux sources pour la saison 5. Peut-être Shawn Ryan avait-il tout simplement besoin d'une saison pour remettre l'intrigue à plat et mieux rebondir par la suite ?"mercredi, avril 05, 2006
Consumérisme, mon ami (Part 1).
Grindhouse.
Avant la "prélogie" Terminator peut-être filmée par Cameron, lu ça dans Dvdrama.com "Et bien, que la future collaboration entre Robert Rodriguez et Quentin Tarantino se porte plutôt pas mal et qu’une ébauche de casting commence à voir le jour. Ah mais attention hein, si on vous raconte des salades dans tous les autres papiers, ici c’est du sérieux, de l’actu concrète, bien sévère. Si je vous dis que Will Ferrell est retenu pour le rôle du méchant, Stuntman Mike…Qu’est ce qui se passe ? Vous hurlez comme des diables au poisson d’avril en cerbères du bon goût que vous êtes. Et vous avez bien raison d’avoir tort. Passons donc l’humour et attaquons-nous au grave de l’histoire. Grindhouse c’est un peu (beaucoup quand on connaît Tarantino) un retour aux sources du slasher-movie des années 70. Bien crade, bien dégoulinant, avec beaucoup de pieux en bois, de ciseaux, de pioches, de hallebardes et de filles qui crient 20 secondes sans bouger avant de se faire empaler sur une gazinière pointue. Grindhouse c’est un projet excitant car il réunit deux bons morceaux de talents: Tarantino et Rodriguez. Grindhouse c’est un film découpé en deux parties, une pour chaque réalisateur (Project Terror et Death Proof), avec un entracte pour souffler au milieu (en fait orné de pubs bidons, sales capitalistes). Au milieu de ta vie, j’ai vu ton âme, un soupir à la main, écartant quelques larmes. Un procédé original, c’est rare les gens qui jouent sur le format de nos jours…Grindhouse c’est un vrai film de potes avec les deux compères plus peut être même Eli Roth, le troisième de la bande à Paulo, pressenti pour réaliser quelques-unes des fausses pubs du milieu du film de l’amour du monde. Question passion, question casting ; deux gros noms se rattachent au projet ; le premier part chez Rodriguez (Project Terror) et c’est Sir Michael Biehn qu’on ne voit plus beaucoup depuis quelques temps. La news reste à confirmer (rien n’est moins sûr à vrai dire...) mais ne cachons pas notre enthousiasme. Et là soudain, le cheval blanc teinté de lune se dressa à ma joue pour livrer « je t’aime » à mon cœur, ton cœur, notre émoi. Le second poids lourd rentre dans les écuries Tarantino et c’est Mickey Rourke pour Death Proof. Ca fait plus sérieux, plus solide, plus sortable. Troisième et dernier blasé en renfort : Will Ferrell qui (sans blague…) est pressenti, et même quasiment confirmé, pour jouer le méchant dans le même Death Proof. Après, il va falloir de la bidoche à accrocher aux murs et des raclures de boudins à déverser dans les bassines. Là c’est Marley Shelton, Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Josh Brolin, Tom Savini et Danny Trejo qui s’y collent, ce qui grosso modo donne dans les 430kg de pièces de boucher à dépecer, pas mal pour un début, mais pas au top. Après évidemment il faut voir de plus près ces calculs, car si Tom Savini et Freddy Rodriguez, meurent carbonisés dans une voiture, l’accident ne nous laisse plus que 280kg de viande à l’écran à partager entre les protagonistes restants. Donc un rapport poids/film trop léger pour une production convenable. Les deux réalisateurs sont donc sur le fil du rasoir et doivent trouver un moyen à la fois convenable artistiquement et respectable humainement de faire mourir leurs proies sans griller toutes leurs cartouches d’un seul coup. Les théories les plus fumeuses ont été écrites à ce sujet mais l’équation d’Harkhal semble l’outil le plus ostensiblement pertinent dans ce cas de figure. En effet, sur un apport journalier de carnes de boeuf d’environ 250gr par tête, enrichi avec des féculents gratinés en quantités honnêtes mais non obscènes, on peut faire évoluer le ratio acteur/volume utile à +0.2. C’est à dire que chaque interprète prendra +0.2% de masse sur un jour de tournage. En utilisant ce procédé, on augmente la densité globale du contingent de comédiens d’environ 60kg (la juste limite entre l’excès utile et l’erreur de raccord) sur un mois de tournage ce qui laisse donc la place à une oblitération barbare du tronc de Marley Shelton (environ 35kg) plus une sortie de reins et un déroulement manuel de tripes pour Josh Brolin (5kg). Reste 20kg à disséminer en doigts, yeux, avant-bras et tibias sur l’ensemble de la division figurative, ce que communément les professionnels appellent du surplus de masses concrètes praticables (S.M.C.P). A ne pas confondre avec le surplus de longueurs copieusement palpables (S.L.C.P) couramment utilisé dans l’industrie pornographique. On arrive donc au résultat d’un film trash bien pensé qui voit le jour sur les écrans à la fin de l’année 2006."mardi, avril 04, 2006
Troy Bruno Von Balthazar.
Plutot que la copie, préférez l'original. J'ai rencontré Troy Bruno, plusieurs fois et à chaque fois ce mec me sidère par sa classe, son talent, sa discrétion, son charisme, son originalité et sa beaugossité... "Personnage incontournable et attachant d'un rock indé qui n'aime rien tant que de repeindre notre morne quotidien à grands coups de lancinantes déflagrations, troy von balthazar, chanteur habité de CHOKEBORE, est surtout l'une des figures les plus passionnantes de l’underground américain. L'écriture et la musique, qui font intrusion dans sa vie à l'âge de 6 ans après une chute du haut d'un escalier, seront donc le passeport privilégié d'un artiste qui, aux confins du Pacifique, a su très tôt développer une musique unique, singulière tout autant qu'envoûtante, convoquant le bruit des vagues (à l'âme) s'écrasant sur la grève et les bouillonnements du cœur. Délaissant temporairement les mélodies génialement torturées et les prestations rageuses de CHOKEBORE pour des compositions mélancoliques où guitares sèches et piano se taillent la part du lion, Sir Von Balthazar nous dévoile aujourd'hui une facette plus apaisée de sa personnalité. Capable de sculpter la pesanteur comme s’il s’agissait du plus commun des matériaux, troy von balthazar érige disque après disque, concert après concert, une statue à la léthargie faite reine. Quelques accords elliptiques, une voix possédée, et c’est tout un monde délicieusement patraque, toujours en apesanteur malgré une tension omniprésente, qui apparaît sous nos yeux ébahis. Nous n’irons pas au paradis des idylles ingénues, nous dit-il en somme ? A vrai dire, on s’en fout un peu. Car les Enfers où nous convie avec fougue ce fol allié semblent des plus attrayants. Troy, ou l’art et la manière de jouer des marches funèbres en chemise à fleurs."Luis Francesco Arena.
Rencontre ce week end avec un ptit gars qui aimerait être Troy Balthazar "Avec ce nom qui incite à l'évasion, le projet solo de Pierre-Louis, d'abord signé sur Another Record inaugure la nouvelle division rock on fiat lux d'un label qui ne s'était pas encore aventuré hors des limites de l'electro. Déjà à la tête d'une discographie impressionnante avec son groupe noisy pop "Headcases", il délaisse le temps d'un album l'énergie électrique de la scène rock dont il est issu pour nous présenter son petit monde, son arène, qui dévoile un cirque intime proche du cinéma fantastique de Tod Browning, peuplé de dragons, de nains, d'un garçon cendrier et d'un lion de mer, entre autres créatures. Songwriter à l'inspiration singulière, il signe un premier album folk qui exhale la mélancolie et la rage et multiplie les contrastes sous des allures de simplicité, entre une voix qui touche, tantôt franche, tantôt fragile, une musique profonde et légère dans la même phrase et une puissance expressive et émotionnelle retrouvée. Si l'album baigne dans l'ombre de Nick Drake, et évoque Tim Buckley, l'inspiration singulière de Pierre-Louis lui dessine une voie plus personnelle. Fruit d'un travail de 2 ans, qui s'est d'abord construit autour de textes qui semblent venir d'outre rêves, l'album est une mosaïque de 10 morceaux qui se veulent autant d'histoires. Artiste accompli, Pierre-Louis a déployé tous ses talents d'arrangeur et de mélodiste pour imaginer une instrumentation inventive qui donne au disque les teintes d'un folk intemporel. Il l'a enregistré avec le concours d'Eric Buelly, en assurant lui-même presque toute l'instrumentation, entouré de Simon au violon, de Laurent Paradot, son complice bassiste des Headcases, qui se partage les parties au violoncelle avec Nathanael et joue d'un instrument mystère sur "ordinary flying horse". Sur scène, fort d'une longue expérience, Pierre-Louis se révèle un interprète remarquable qui défend brillamment la beauté acoustique de ses compositions et entraîne son auditoire dans d'intrigantes profondeurs. Accompagné de Laurent et Simon dont les cordes enluminent sa voix, il nous arrache des frissons aussi précieux que des larmes et sait nous rendre le sourire avec une note d'humour parfois insolite. Instinctive et réfléchie, la musique de Pierre-Louis incite dès les premiers instants à une écoute active et attentive. Mode d'emploi: Insérer le cd et presser "play". Aussitôt sa verve talentueuse et son phrasé excitant vous harponnent l'attention. Et c'est Luis Francesco Arena qui vous conduit au-delà des frontières. "Once upon the time in the west.

A chaque fois que je regarde ce film je découvre un truc et puis ça me rappelle tellement le bureau... "Une prostituée de la Nouvelle-Orléans, Jill (Claudia Cardinale), se rend dans l’ouest pour retrouver l’homme qu’elle vient d’épouser, Peter McBain. Mais quand elle arrive, c’est pour l’enterrer lui et ses enfants. En effet, la famille McBain a été assassinée par des tueurs engagés par Morton, le propriétaire de la compagnie ferroviaire, pour éliminer les "obstacles"à la progression du chemin de fer. Jill sera aidée face à ces crapules par deux hommes : un bandit injustement accusé du massacre, le Cheyenne (Jason Robards), et un mystérieux joueur d’harmonica (Charles Bronson) dont les motivations s’éclairciront au fil de l’histoire… En 1967, après le succès mondial de son dernier film, Le bon, la brute et le truand, Sergio Leone pense en avoir fini avec le western. Il vient de lire The Hoods de Harry Grey et veut adapter ce livre sur les gangsters des années 30. Il prend des contacts avec des studios américains mais tous sont effrayés par l’envergure titanesque de ce nouveau projet (et pour cause, ce film, ce sera Il était une fois en Amérique qui ne sortira qu’en 1984). Les producteurs veulent d’abord un nouveau western. Finalement, le réalisateur donne son accord à Paramount qui lui laisse carte blanche. Sergio Leone compte alors réaliser son dernier western, mais également l’ultime film du genre. C’est pourquoi cette œuvre sera différente de la trilogie des dollars. Après quelques tables rondes avec Dario Argento et Bernardo Bertolucci, le sujet du film est ébauché. Le scénario est ensuite écrit avec Sergio Donati. Ce sera une histoire complexe, mêlant notamment vengeance, rédemption féminine et arrivée du chemin de fer dans le Far West. Leone, dans son livre d’entretiens avec Noël Simsolo, explique l’idée de son film ainsi : "Je voulais faire un ballet de morts en prenant comme matériau tous les mythes ordinaires du western traditionnel : le vengeur, le bandit romantique, le riche propriétaire, le criminel homme d’affaires, la putain… A partir de ces cinq symboles, je comptais montrer la naissance d’une nation". Les personnages de ce film n’ont donc plus grand-chose à voir avec l’homme sans nom ou les chasseurs de primes de la trilogie des dollars. Leone avait d’ailleurs pensé à faire jouer les trois personnages de la scène d’ouverture, tués par l’homme à l’harmonica, par Lee Van Cleef, Eli Wallach et Clint Eastwood (la brute, le truand et le bon) pour marquer la rupture avec ses films précédents. Mais Eastwood, devenu une star refusera de se faire tuer dès les premières pages du script… Les héros sont donc en quelque sorte ici des archétypes classiques. Il était une fois dans l’Ouest est ainsi un hommage au western. Le réalisateur italien a bourré son film de références aux films hollywoodiens. Le héros musicien sorti de nulle part évoque Johnny Guitar, la première scène pastiche Le train sifflera trois fois, le plus jeune des fils McBain fait penser au petit garçon de Shane, des scènes ont été tournées à Monument Valley pour rendre hommage à John Ford, plusieurs acteurs du western américain comme Jack Elam, Keenan Wynn ou Woody Strode tiennent des seconds rôles, tel plan fait penser à La Prisonnière du désert, tel autre à 3h10 pour Yuma… Ainsi, avec Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone s’est fait un énorme plaisir, tournant un film-somme de tout ce qui l’avait touché dans le western durant sa jeunesse. Ce n’est pas pour rien que Tarantino, l’auteur du fourre-tout Kill Bill le revendique comme influence numéro un…Cependant, le projet de Leone ne se limite pas à un simple hommage au genre. Ainsi, l’inventeur virtuose du western all’italiana, continue avec ce film son entreprise de destruction de la mythologie américaine. C’est pourquoi, il a demandé à Henry Fonda de tenir le rôle de l’assassin Frank. Henry Fonda, l’interprète d’Abraham Lincoln, de Wyatt Earp, qui a incarné pendant trente ans la droiture et la justice pour des millions d’Américains, joue ici un tueur d’enfants. Pour l’anecdote, la star américaine avait d’abord refusé le film. C’est son ami Eli Wallach qui l’a convaincue de travailler avec l’Italien. Au final, l’icône du western américain sera ravie de sa collaboration avec Sergio Leone et rejouera quelques années plus tard dans un autre western produit par ce dernier : Mon nom est Personne. Il était une fois dans l’Ouest est un film-somme inscrit dans un projet d’auteur : celui de montrer la naissance de l’Amérique en détournant sa propre mythologie. Ce projet sera poursuivi dans les deux opus suivants : Il était une fois la révolution et Il était une fois en Amérique. Il était une fois dans l’Ouest enterre le genre. C’est la fin de l’ouest sauvage et le début de l’ère moderne symbolisée par le chemin de fer. Sergio Leone ne se montre ni ironique ni cynique dans ce film, contrairement à ce qu’a pu affirmer une certaine partie de la critique. Certes, il est pessimiste, comme toujours. Les cow-boys, libres et fiers sont voués à la disparition dans un monde désormais capitaliste. La fin, avec les héros Harmonica et Cheyenne perdus au milieu des ouvriers le montre très bien. Cependant, ce pessimisme est un pessimisme profondément romantique. Le Cheyenne et Harmonica, qui n’ont plus de raison de vivre, vont accomplir une ultime bonne action en aidant Jill. Un acte totalement désintéressé qui prouve qu’ils ont toujours foi en certains idéaux. C’est du romantisme désespéré. La scène dans laquelle Bronson arrache les dentelles de la robe noire de Claudia Cardinale est magnifique. Le spectateur, choqué par une telle brutalité, croit d’abord à une tentative de viol. Mais il n’en est rien. A travers une telle action, Harmonica débarrasse Jill de ses ultimes attributs de prostituée, de fille superficielle, ne lui laissant plus que sa robe noire de l’enterrement de son époux. Il lui demande ensuite d’aller chercher l’eau du puits. Il l’aide à accomplir sa rédemption morale. Après la mort de son mari, elle comptait retourner dans son bordel de la Nouvelle-Orléans. Or Harmonica la force à assumer le deuil de son mari et à s’occuper de ce qui aurait dû être son foyer. Elle qui n’a jamais tenu une maison. Elle qui, n’ayant jamais eu à se préoccuper d’une personne autre que la sienne, est plutôt égoïste. Ainsi, les héros ne sont plus des cyniques motivés uniquement par la vengeance ou l’appât du gain. Contrairement à ce qui a été écrit sur ce personnage, l’homme à l’harmonica n’est donc pas un héros totalement monolithique qui ne vivrait que pour sa confrontation avec Frank. Il aide Jill. Peut-être parce qu’il pressent qu’une fois que les héros comme lui auront disparu, l’Amérique entrera dans une ère nouvelle dans laquelle les femmes auront beaucoup d’importance. Claudia Cardinale joue ici l’un des plus beaux rôles féminins de l’histoire du cinéma : Jill McBain qui passe en un film de sublime putain à matrice de l’Amérique. En effet, elle va poursuivre le rêve avorté de son mari. SPOILER : McBain comptait faire de sa ferme une station pour le futur train. Bien qu’il ait été tué pour son rêve, son épouse va, après bien des péripéties, reprendre le flambeau. Ainsi, le rêve de McBain se réalisera grâce à l’obstination de sa femme, elle-même poussée par des héros en bout de course. Il était une fois dans l’Ouest s’achève avec la naissance d’une ville-champignon sur les terres de McBain. Une ville qui symbolise l’ensemble des villes de l’Ouest américain. Une ville dans laquelle, on s’en doute, la femme, l’ancienne prostituée Jill, jouera un rôle central SPOILER. Ainsi, ce film peut aussi être vu comme un plaidoyer pour l’ambition individuelle, la persévérance dans les idéaux personnels malgré les obstacles du monde qui nous entourent. Il était une fois dans l’Ouest n’est donc ni cynique ni nihiliste. Simplement nostalgique d’une époque mythique, l’époque du cow-boy fier et libre. Cependant, Il était une fois dans l’Ouest ne serait pas régulièrement cité parmi les dix meilleurs westerns de tous les temps s’il n’avait d’autre qualité que celle d’offrir des possibilités d’interprétation sans fin sur son contexte et ses personnages, signe de richesse thématique mais pas toujours de génie cinématographique. Il était une fois dans l’Ouest est avant tout un film qui se ressent. Sergio Leone est un cinéaste de l’émotion. A la première vision, à moins d’être totalement rebuté par son style, on ne peut qu’être terrassé par cette symphonie émotionnelle incroyable, cette beauté de tous les instants, sans prendre garde aux motivations profondes des personnages et à leur évolution dans un contexte transitoire. En effet, Leone, artiste génial, a cependant toujours eu comme préoccupation première dans son travail le plaisir du spectateur. C’est avant tout un conteur très talentueux (ce n’est pas pour rien que ses trois derniers films commencent par "Il était une fois…"). Il était une fois dans l’Ouest, c’est l’exemple parfait du caractère magique du cinéma. Ce film nous fait frissonner, nous touche en plein cœur sans que l’on sache réellement pourquoi. Comment expliquer rationnellement l’exaltation que procure la scène du duel ? A travers une telle séquence, Sergio Leone, nous fait retomber en enfance. Il ne faut plus penser, juste se laisser porter par les images d’une force inouïe et la musique fabuleuse d’Ennio Morricone. Certes, il y a bien quelques bribes d’explication à cette beauté magique. D’abord ce style. Un style baroque où tout est amplifié, tout est distordu à l’extrême. Des scènes qui n’auraient duré que quelques secondes avec un cinéaste classique, sont longues de plusieurs minutes avec Sergio Leone. Mais cela n’est jamais gratuit comme l’ont souvent affirmé ses détracteurs. Cette dilatation temporelle est là pour installer une ambiance unique, pour happer le spectateur dans le film. Ces longues séquences, portées par la sublime musique de Morricone ne sont jamais ennuyeuses, à moins que l’on soit totalement allergique au style léonien. Ce n’est pas pour rien qu’Il était une fois dans l’Ouest est le deuxième film le plus vu par les Français après La vache et le prisonnier (selon une enquête du ministère de la culture). Malgré sa profondeur insondable, il n’y a besoin d’aucune culture préalable pour goûter à ce chef d’œuvre, pour être frappé par l’incommensurable beauté de chaque séquence. Que serait Il était une fois dans l’Ouest sans la beauté de Claudia Cardinale, sans le charisme d’Henry Fonda, sans le visage impassible de Charles Bronson, sans les yeux pleins de mélancolie de Jason Robards ? Chacun de ces acteurs livre une de leurs performances les plus mémorables. Ces personnages-icônes ne sont pas le moindre atout du film. Tous sont magnifiés par la caméra, même ceux qui jouent des rôles de salaud. Il n’y a qu’à voir la manière dont est filmé Henry Fonda, la manière dont sa démarche si gracieuse est sublimée. Cet état de fait tord le cou aux accusations de certains critiques qui affirmaient que Leone méprisait ses personnages ! Enfin, l’une des grandes forces du film est la musique d’Ennio Morricone. Sa place très importante rappelle que le cinéma de Leone a toujours été proche de l’opéra. Chaque personnage a son thème. Comment oublier la scène de l’arrivée de Jill à Flagstone ? La caméra suit Claudia Cardinale avant de s’élever au-dessus de la ville grouillante au moyen d’une grue. La musique, sublime, colle à chaque mouvement de caméra, elle suit à la seconde près ! Elle donne tout son sens à cette séquence dans laquelle les talents de Sergio Leone et d’Ennio Morricone sont parfaitement conjugués pour magnifier Claudia Cardinale et cette ville naissante du Far West. Il était une fois dans l’Ouest est donc un régal permanent pour les sens, tel que l’a voulu son réalisateur. Un de ces films rarissimes que l’on ne se lasse pas de revoir régulièrement pour le plaisir mystérieux qu’ils nous apportent. Il était une fois dans l’Ouest agit un peu comme une drogue sur certaines personnes (j’en suis). Mais c’est également un film d’auteur d’une profondeur incroyable. Et c’est aussi de là que ce film unique tire sa force car chaque nouvelle vision apporte un nouvel éclairage sur cette œuvre complexe. Sergio Leone, à travers les archétypes les plus classiques du western, a montré la transition entre deux époques, le passage à une ère nouvelle, l’arrivée de la civilisation et par-là même de la "massification", et finalement la naissance d'une nation, cinquante ans après le père du cinéma américain et donc du western : Griffith. La boucle est bouclée. Certes, la suite et Clint Eastwood ont prouvé qu’Il était une fois dans l’Ouest n’était pas le western ultime mais c’est en tout cas la fresque qui offre les plus belles funérailles à un genre qui ne méritait pas moins que ce chef d’œuvre. Etant donné qu’Il était une fois dans l’Ouest est l’un des rares films à regarder en V.F (il n’existe pas de V.O : aucune prise de son n’était effectuée sur le tournage, les dialogues étaient post-synchronisés dans toutes les langues) L'humeur du jour.
lundi, avril 03, 2006
Initials D.D & Viviane Vog.
Il est 17h00 et nous arrivons devant le centre culturel de Saint Barthélemy d’Agenais, la première personne que je rencontre c’est Fred Poletto qui me précise que l’artiste n’est pas encore arrivé, qu’il doit balancer et se reposer avant que je lui saute dessus…Pas grave, l’endroit est bucolique, Will et moi en profitons pour revoir quelques détails de conventions entre Première pression et Mr Power. Un petit gars bizarrement vêtu et ressemblant étrangement à un mix entre un Bob Dylan jeune et Troy Bruno Von Balthazar vient nous saluer, je découvre qu’il y a une première partie et qu’elle s’appelle Luis Francesco Aréna, nous décidons d’aller les voir plus tard. "Damien, tu veux un café ?" "Why not ?" Arrive l’artiste avec son manager Doudou la joncaille, "Salut : Daniel" "Salut : Damien" "C’est vous la radio ?" "Ouais" "C’est comment votre émission ?" "Lullaby, comme la chanson de Cure" "je suis trop vieux pour avoir ce style de références, c’est quoi ton badge ?" "Garorock" "J’aime bien le dessin" (un crâne avec un casque) je l’enlève de mon blouson et lui donne "tenez cadeau c’est pour vous" "merci, mais tutoies moi, sinon ça fait encore plus vieux con…" Je cale mon MD et j’attaque. Off, il me précise que s’il ne souhaite pas répondre à mes questions il me fera un signe de la main "je te fais confiance" "Daniel Darc, bonjour comment vas-tu ?" (j’aurais jamais pensé dire cette phrase un jour…) L’entretien dure 45 mn où il me raconte ses projets, sa collaboration avec Cali, ses compositions pour Marc Lavoine et d’autres dont on a pas le droit de parler… Il me parle de Mirwais, de la création de Taxi girl et de ce fameux soir où il s’est ouvert les veines sur scène parce que c’était "juste fun" et pissant le sang avait fait tourner de l’œil le pompier de service. Quand je lui demande comment il a vécu les années 1980 ? il me répond qu’il était trop défoncé pour s’en souvenir…Gilles Verlant écrit de lui "Vous avez lu l'histoire de Jesse James ? Et celle de Johnny Tonnerre et de Kurt C. ? Ça vous a plu, hein ? Vous en demandez encore… Eh bien écoutez l'histoire de Daniel Darc, même si elle vous crève le cœur…Ou plutôt non, ne l'écoutez pas. Parce qu'il y en a marre de rendre romantique les parcours sordides des junks repentis et des alcoolos post-désintox. Ça titille, ça excite le voyeurisme, mais les spirales infernales ne fascinent que ceux qui n'y ont jamais mis les pieds. On efface tout et on repart de zéro : l'ex-Taxi Girl Daniel Darc a choisi le parti des vivants parce qu'il en avait marre d'être inscrit au fichier des zombies absents. Il nous revient avec un disque élégant et racé. La main sur le cœur, pas les tripes sur la table. Juste de belles chansons – relisez ça : JUSTE DE BELLES CHANSONS, c'est tellement rare. Des textes désespérés mais vivants, déposés dans des écrins finement ouvragés par Frédéric Lo. Histoires de crucifixion et de rédemption, d'amis et d'amours, de regrets et de soupirs. Daniel Darc est de retour. Ni inutile ni hors d'usage, comme l'insinue le titre d'une chanson, il n'est pas venu les mains vides. D'un côté, sa bible beat. De l'autre, un bouquet de chansons comme autant de rouges roses aux parfums entêtants. Humez-les à vos risques et périls. Il est en effet dangereux de se pencher au-dedans. Noirceur des textes, sur des détournements d'accords majeurs. L'incubation fut longue et délicate. Faut être fou pour signer Daniel Darc en 2003. Fou ou hyper-lucide : les ans l'ont attaqué, lui qui était beau comme un prince, mais il s'est défendu comme un samouraï. Aujourd'hui, il a l'inimitable beauté du survivant, du mec qui a vécu à la marge, limite clochard (céleste). Une attirance qui ne date pas d'hier : même au temps de "Cherchez le garçon", lorsqu'on le croyait blindé de dollars, il avait sa place réservée par ses potes clodos, à la station Havre-Caumartin. Sauvé in extremis. Un best-of Daniel Darc, à l’été 2003. Une reprise inattendue de "Cherchez le garçon" par la Starac (les voies de Dieu sont décidément impénétrables). Et surtout une rencontre, toute bête, sur un trottoir du 11ème arrondissement, entre voisins. Tout a commencé lorsque Frédéric Lo, déjà auteur de deux albums chez Mercury, lui a demandé d'écrire un texte pour le nouvel album de Dani ("Rouge rose" sur l'album "Tout dépend du contexte"). Darc hésite puis écoute la maquette. Trouve ça très beau : « Je me suis dit ce mec-là a du talent, je ne vais pas le lâcher. Jean-Luc Godard confiait "Ce que je préfère, c'est le tennis parce qu'au moins là il y a quelqu'un pour me renvoyer la balle". C'est exactement ce que je ressens avec Frédéric. » Magie du home-studio. Toutes les chansons ont été réalisées à la maison, chez Lo, sans intervention extérieure, un titre à la fois. Une semaine, deux semaines, un mois sur une chanson, un arrangement, un texte. Retrouver les fulgurances, contourner les références, bannir les racolages. Se contenter d'indices, façon jeu de piste. Un clavecin clin d'œil à John Barry par-ci, un emprunt à Miles Davis citant le "Concerto de Aranjuez" par-là, ailleurs le souffle samplé de Patti S. Robins de Bois et voyeurs de première, Lo et Darc en crevaient de ne pas entendre la musique qu'ils aiment, alors ils l'ont créée. Côté textes, Darc est un tueur. Option talk-over, dans le souffle et près de l'os. Voix désincarnée ("Un peu c'est tout", pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés), au bord du grand saut ("Psaume 23", enregistré à la veille d'une hospitalisation ; Daniel entre la vie et la mort : comment dupliquer cette vérité-là ?). Retrouvailles élégiaques : loin des ravins de la mort, Darc sourit à la vie, sans amertume, même si ses potes l'ont laissé tomber ("Mes amis (tour à tour)"), même si la femme adorée s'est éloignée ("Si tu vas là-bas"). Trop de regrets pour une seule vie, mais assez d'espoirs pour réussir sa résurrection. Sacré Gilles Verlant…
Rentrée 1976 Lycée Balzac, Daniel "Darc" Rozoum découvre "Anarchy In The U.K." des Sex Pistols. Il fonde bientôt Taxi Girl avec Mirwais "Stass" Amadzaï (guitares), Laurent "Sinclair" Biehler (claviers), Pierre Wolfsohn (batterie) et Stéphane Érard (basse). 1979 Managé par Alexis, précédé par une réputation sulfureuse (premières parties de Père Ubu au Bataclan, de Siouxsie & The Banshees au Palace, résidence au Rose-Bonbon), le groupe publie "Mannekin", premier single en forme de jackpot. 1980 Taxi Girl crée l'événement avec un mini-album contenant "Cherchez le garçon", hit synthétique qui squatte le sommet des charts. Mars 1981 Daniel s'ouvre les veines sur scène en première partie des Talking Heads. Les filles s’évanouissent. Le concert est interrompu. Juillet 1981 Pierre Wolfsohn meurt d'une overdose 1982 Sortie de l'album Seppuku (suicide rituel des samouraïs). "On voulait glisser une lame de rasoir dans la pochette, explique Daniel. Mais les syndicats nous l'ont refusé". Produit par Jean-Jacques Burnel, bassiste des Stranglers, Seppuku est vendu scellé des quatre côtés : c'est armé d'une lame qu'on en libère tout le fiel mortifère…Il contient des classiques comme "Les Armées de la nuit", "la Femme écarlate", "Viviane Vog" ou "Musée Tong". Printemps 1982 Taxi Girl tourne en France avec Indochine en première partie. 1983 Un an plus tard, la tension est trop forte (trop d'excès, trop de violence, trop de seringues, trop de parano) et Laurent Sinclair quitte la galère. En tandem, Mirwais et Daniel sortent un mini-album contenant les tubesques "Quelqu'un comme toi" et "Cette fille est une erreur". Juin 1984 Maxi "Dites-le fort (nous sommes jeunes, nous sommes fiers)" Fin 1985 Taxi Girl adapte "Stephanie Says" ("Je rêve encore de toi") sur l'album tribute "Les Enfants du Velvet". Hiver 1986 Ultime maxi, "Aussi belle qu'une balle" / "Je suis déjà parti". 1987 Premier album solo de Daniel Darc, Sous influence divine, produit par Jacno. Contient une reprise de "Comment te dire adieu" de Françoise Hardy et Serge Gainsbourg et des merveilles comme "Pars sans te retourner" et "Le Seul Garçon sur terre". Quelques mois plus tard, sortie du single "La Ville", produit cette fois par Étienne Daho. 1992 Daniel reprend "Les Champs-Elysées" de Joe Dassin sur l'album tribute "L'Équipe à Jojo", accompagné par Bertrand Burgalat. 1994 Sortie de Nijinski, album déchiré, enregistré avec les Weird Sins et arrangé par Georges Betzounis 2003 Sortie du best of Daniel Darc 24 février 2004 Sortie de Crèvecœur .
Retour à nous : On parle de tout et de rien, de la beat génération, de sa rencontre avec Allen Ginsberg ou d’une baston avec Sid Vicious, du palace de la grande époque, de sa bande, de Ardisson un junk comme les autres, de Gainsbourg, du roman "Les Peaux transparentes" de Marc Dufaud inspiré de sa vie, de ce groupe japonais Guitar wolf que je dois selon lui impérativement écouter, de ce blog, de la star academy qui lui a permis avec cette reprise de "cherchez le garçon" de lui acheter un appart et ça le fait marrer, de son goût pour la provoc et des concerts qui ont fait couler beaucoup d’encre et les ont catalogués fafs (des photos de Hitler avec les moustaches de Dali, des costumes noirs et rouges) de son amour pour Ian Curtis, des armées de la nuit, et puis on se montre nos tatouages comme si on comparait nos bites, il me demande qui en est l’auteur et la signification je répond que c’est un gars du coin et que le sens je le gardais pour moi, il me dit que c’est tintin qui lui a fait les siens, le temps passe j’ai tellement de questions à lui poser J’ai en mémoire la dernière fois que j’ai eu fil au téléphone "Daniel Darc ? vas y, tu vas voir il est cool, parles lui des Who il est fan de won’t get fooled again…" Il me demande la prog de garorock et hallucine sur les Remains Il me demande si c’est ceux de son époque je réponds que oui il aimerait les voir à nouveau, il me dis que le reste c’est de la merde, je rigole…Nous parlons de certaines choses dont j’ai pas envie de parler ici, mais j’espère avoir des nouvelles de Patrick Eudeline…Il prend mes flyers trouve que le visuel de Lullaby est marrant j’y écrit l’adresse de ce blog au cas où…"Merci à vous les p’tits gars bonne interview…" "Salut Daniel" (j’aurais jamais cru dire ça un jour…) Nous nous donnons rendez vous dans un heure pour assister au concert, je passe au groupe Luis Francesco Aréna où je pose des questions à la con, ils ne mordent pas, je m’emmerde…ma meuf appelle, je laisse tourner, le chanteur fait un monologue, nous partons… Concert une poignée d’heures plus tard. Première partie prévisible et entendue 1000 fois du sous Chokebore pète couilles… mais il faut reconnaître que le chanteur à un certain charisme pour ne pas dire un charisme certain….Concert de Daniel Darc impeccable, pas mal de morceaux de Nijinski, quelques titres de Crèvecœur, et "aussi belle qu’une balle" je le regarde descendre de scène épaulé par Doudou la joncaille, le crâne du garorock épinglé à son blouson…Une pièce de plus à cet improbable puzzle qu’est le rock français…




































































